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Isotrétinoïne et anxiété : peut-elle durer ?

La notice britannique de l’isotrétinoïne cite l’anxiété et dit que l’arrêt peut ne pas suffire. Des personnes atteintes de PAS disent qu’elle est restée.

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Par Morten SkovPublié le Mis à jour le
Isotrétinoïne et anxiété : peut-elle durer ?

L’isotrétinoïne (Accutane, ou Roaccutane au Royaume-Uni ; en France, Contracné, Curacné ou Procuta) peut provoquer de l’anxiété, selon sa notice britannique. Celle-ci prévient que l’arrêt du traitement « peut ne pas suffire à faire cesser les effets ». Une anxiété qui reste après la cure fait partie des problèmes durables que décrivent les personnes atteintes du syndrome post-Accutane, ou PAS.

Le syndrome post-Accutane ne se résume pas à un problème sexuel. En 2022, des médecins et des chercheurs ont rédigé une liste de critères pour les problèmes qui durent après l’isotrétinoïne et deux autres types de médicaments. Selon eux, le nom PAS semble être employé tout aussi souvent pour des troubles de la concentration et de la mémoire, sans aucun trouble sexuel. Ils citent aussi la dépression et des changements de la peau, des articulations et de l’intestin.

La page du NHS, le service de santé britannique, sur l’isotrétinoïne ne mentionne pas du tout l’anxiété. Pourtant, des médecins la constatent. En 2023, un rapport d’experts britanniques sur le médicament s’est appuyé sur ce que racontent des médecins et sur des rapports publiés. Les deux disent que l’anxiété se voit plus souvent en consultation que la dépression.

L’essentiel en 3 lignes

  1. La notice britannique cite l’anxiété parmi les signes de dépression et de troubles apparentés que l’isotrétinoïne peut provoquer.
  2. Si ces problèmes apparaissent, prévient-elle, l’arrêt du traitement « peut ne pas suffire à faire cesser les effets ».
  3. Personne n’a mesuré à quelle fréquence l’anxiété persiste après la cure. Les personnes touchées parlent de PAS.

Presse : contact@sidefxhub.com

Joseph avait 13 ans quand il a pris de l’isotrétinoïne contre une acné grave. Cinq mois de capsules lui ont donné les lèvres sèches et, dit-il, « mentalement tout allait bien ». Puis, six ou sept mois après la cure, les crises de panique ont commencé : quatre soirs de suite, pendant des vacances au ski avec ses parents.

Extrait de l’entretien de Joseph avec Moral Medicine, novembre 2025, en français. Les mots de Joseph cités sur cette page sont bien les siens, relevés dans les sous-titres automatiques de la vidéo. L’extrait va de 1:23 à 3:52. Les opinions exprimées sont les siennes. Plus loin dans le film complet, il évoque des pensées suicidaires. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

Avant le médicament, dit-il, il était « plutôt calme et réservé mais pas spécialement d’angoissé ». Ensuite, au moindre stress, c’était « comme si j’avais une explosion » à l’intérieur.

L’isotrétinoïne peut-elle provoquer de l’anxiété ?

Oui, d’après ses notices. La notice britannique cite l’anxiété parmi les signes d’une « dépression ou de troubles apparentés ». La notice américaine, destinée aux médecins, cite l’anxiété, la nervosité et les troubles du sommeil parmi les effets secondaires dont des personnes ont fait état.

Quand des études mesurent l’anxiété avec des questionnaires, les scores baissent souvent pendant la cure, tandis que la peau s’améliore. Dans une étude réalisée en Turquie en 2026, les scores d’anxiété ont augmenté le premier mois, puis ont baissé au troisième mois. Une moyenne comme celle-là peut quand même cacher les personnes dont l’état s’est aggravé.

Regardez la demi-minute ci-dessous pour entendre ce qu’une clinique de dermatologie du NHS à Newcastle dit aux personnes qui commencent une cure : un lien n’est pas prouvé, mais les signalements d’anxiété et de baisse de moral sont pris au sérieux.

L’équipe de dermatologie des Newcastle Hospitals sur l’isotrétinoïne et l’humeur. Extrait du film destiné aux patients de cet établissement, novembre 2024 : il va de 3:57 à 4:25, en anglais.

Que ressent-on avec l’anxiété liée à l’isotrétinoïne ?

Au pire, dit Joseph, c’était « une angoisse en permanence extrêmement intense qui ne partait pas ». Ce n’était pas une dépression au sens de « je suis nul », dit-il. C’était comme si « tout le système nerveux » réagissait beaucoup trop fort à de petites choses.

Il décrit aussi un sentiment d’irréalité, comme s’il était dans « une autre dimension », coupé du monde qui l’entoure. Par moments, dit-il, il s’est dit : « Je suis en train de devenir fou. »

Les mots de la notice britannique sont plus vagues : « humeur triste ou altérée, anxiété, sensation de mal-être émotionnel ». Si votre anxiété s’est accompagnée d’un sentiment d’être à plat ou dans le brouillard, lisez ce que l’on ressent avec un syndrome post-Accutane. Des personnes qui ont pris du finastéride, un médicament contre la chute de cheveux, décrivent aussi une anxiété qui est restée.

L’anxiété peut-elle commencer ou durer après l’arrêt de l’isotrétinoïne ?

Chez certaines personnes, il semble que oui. Et les médecins peuvent en douter quand c’est le cas.

Le médicament lui-même a quitté l’organisme dans le mois qui suit la dernière prise, disent les documents britanniques. Une anxiété qui commence ou qui dure des mois plus tard ne vient donc pas d’un reste de médicament. Joseph dit que n’importe quel médecin que l’on consulte à ce sujet répondra que c’est impossible, car « le médicament n’est plus en vous ».

Dans le rapport d’experts britanniques de 2023, l’anxiété arrive en troisième position des problèmes psychiques dans les signalements d’effets secondaires adressés à l’agence britannique du médicament. Une personne qui avait écrit aux auteurs du rapport disait que ses problèmes avaient « commencé par l’anxiété », puis conduit à des TOC (troubles obsessionnels compulsifs) et à une dépression grave. Sa demande : que les patients soient informés des « effets à long terme au-delà du traitement ».

L’anxiété de Joseph, après la dernière capsule

À 13 ans
Cinq mois d’isotrétinoïneLèvres sèches.
Un mois plus tard
Le médicament a quitté l’organismeC’est ce qu’indiquent les documents britanniques destinés aux médecins.
Six ou sept mois plus tard
Les crises de panique commencentPendant des vacances au ski.
Plus de dix ans après
Toujours làLe lycée et les études supérieures ont été très durs, dit-il.
Le récit d’une seule personne. Sources : entretien de Joseph avec Moral Medicine, novembre 2025 ; informations britanniques du Roaccutane destinées aux médecins.

Chez certaines personnes, cela dure depuis des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela finira par s’atténuer.

Que puis-je faire ?

Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider.

Pendant une cure, la notice britannique dit de contacter votre médecin tout de suite si vous remarquez des signes de troubles psychiques. Elle précise aussi : « vous pourriez avoir besoin d’une aide supplémentaire, et votre médecin peut l’organiser. » Dites à vos proches que vous prenez ce médicament, demande la notice : ils peuvent remarquer des changements avant vous.

Votre médecin voudra écarter d’autres causes, et les dates aident. Notez quand l’anxiété a commencé : avant, pendant ou après la cure. Ajoutez comment vous étiez avant. Par exemple : « Isotrétinoïne 20 mg par jour à partir de janvier 2024, dernière capsule en juin 2024. Crises de panique depuis décembre 2024. Aucune avant. »

Trois questions à poser à votre médecin

  1. Cette anxiété pourrait-elle être liée à ma cure d’isotrétinoïne ?
  2. Que faut-il écarter d’autre ?
  3. Quel soutien pouvez-vous organiser pendant que nous cherchons ?

Vous pourriez commencer par : « La notice de l’isotrétinoïne cite l’anxiété et dit que l’arrêt peut ne pas suffire. Chez moi, elle a commencé après ma cure et n’est pas partie. »

Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Apportez la phrase de la notice. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin. Je pense avoir un syndrome post-Accutane vous guide jusqu’au rendez-vous.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
  • Employez les bons mots. Il n’existe pas encore de terme médical pour le syndrome post-Accutane. Citez le symptôme, par exemple l’anxiété ou des crises de panique, et précisez qu’il a persisté après l’arrêt.

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

Est-ce que cela peut venir de mon acné, ou d’autre chose ? Peut-être. L’acné est elle-même liée à l’anxiété. Et la liste de critères de 2022 ne cite pas l’anxiété parmi les problèmes durables. Des troubles sexuels durables peuvent aussi l’entretenir : le rapport britannique les a qualifiés de « bouleversants et éprouvants » et a indiqué qu’ils pouvaient eux-mêmes provoquer de l’anxiété. Si votre moral a aussi baissé, lisez Isotrétinoïne et dépression après l’arrêt.

L’isotrétinoïne peut-elle provoquer des crises de panique ? La notice américaine destinée aux médecins les cite parmi les effets secondaires dont des personnes ont fait état. Un cas publié décrit un homme de 20 ans au Chili dont les crises de panique ont commencé après de l’isotrétinoïne contre l’acné. Un seul cas ne montre pas à quelle fréquence cela arrive.

L’anxiété liée à l’isotrétinoïne disparaît-elle ? Certaines personnes disent qu’elle s’est atténuée. Joseph dit que les symptômes sont toujours là, mais que « c’est quand même très atténué ». Le syndrome post-Accutane disparaît-il ? en dit plus, tout comme notre page sur le syndrome post-Accutane.

Joseph a mis plus de dix ans à relier ses crises de panique aux capsules prises à 13 ans. Si votre anxiété a commencé sous isotrétinoïne ou après, signalez-le : un signalement consigne vos dates.

Sources

  1. Roaccutane 10 mg, capsules molles (isotrétinoïne), notice, Electronic Medicines Compendium (EMC 100633), dernière révision en avril 2026. Rubrique 2, « Problèmes de santé mentale » : « il est très important de dire à vos amis et à votre famille que vous prenez ce médicament. Ils peuvent remarquer ces changements ». Rubrique 4, « Problèmes psychiques », fréquence indéterminée : « Dépression ou troubles apparentés. Les signes en sont une humeur triste ou altérée, de l’anxiété, une sensation de mal-être émotionnel ». « Contactez immédiatement votre médecin si vous présentez des signes de l’un de ces problèmes psychiques. Votre médecin peut vous dire d’arrêter Roaccutane. Cela peut ne pas suffire à faire cesser les effets : vous pourriez avoir besoin d’une aide supplémentaire, et votre médecin peut l’organiser. »
  2. Roaccutane 10 mg, capsules molles, résumé des caractéristiques du produit, EMC 100633, révisé le 27 avril 2026. Rubrique 4.4, troubles psychiatriques : l’anxiété figure parmi les réactions signalées ; « L’arrêt de l’isotrétinoïne peut être insuffisant pour atténuer les symptômes ; une évaluation psychiatrique ou psychologique complémentaire peut donc être nécessaire ». Rubrique 4.4, grossesse : le médicament est « complètement éliminé » dans le mois qui suit la fin du traitement. La rubrique 4.8 classe l’anxiété parmi les effets rares (jusqu’à 1 personne sur 1 000), d’après les données des essais et de l’après-commercialisation, pendant le traitement.
  3. Absorica et Absorica LD (isotrétinoïne), notice de la FDA et guide du médicament, révisés en août 2026. DailyMed, National Library of Medicine des États-Unis. Rubrique 6, réactions issues des essais cliniques ou des signalements après la mise sur le marché, psychiatriques : « insomnie, anxiété, dépression, irritabilité, attaque de panique », entre autres ; leur fréquence et leur cause ne peuvent pas toujours être établies. En octobre 2026, la liste des signes d’alerte du guide du médicament ne cite pas l’anxiété.
  4. NHS, Isotretinoin (Roaccutane), page révisée pour la dernière fois le 26 juin 2026. Les effets secondaires graves incluent des « problèmes de santé mentale, dont des hallucinations, une psychose ou des pensées suicidaires ou d’automutilation ». En octobre 2026, la page ne mentionne pas l’anxiété.
  5. Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin. Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés, adoptés par un groupe d’experts. Les effets de l’isotrétinoïne qui « peuvent survenir indépendamment de toute difficulté sexuelle » incluent les troubles cognitifs, des changements de la peau, des articulations et de l’intestin, la dépression et la suicidalité. Le nom PAS « semble tout aussi souvent inclure la suicidalité et d’autres effets cognitifs sans difficultés sexuelles ». L’anxiété ne figure pas sur la liste.
  6. Commission on Human Medicines, Report of the Isotretinoin Expert Working Group, 26 avril 2023, publié par la MHRA. Section 4.2 : l’anxiété est la troisième réaction psychiatrique la plus souvent signalée dans les déclarations Yellow Card britanniques (118 signalements ; 164 dans le groupe des troubles anxieux, au 20 mai 2021). Section 4.2.5.2 : des rapports publiés et des témoignages de professionnels de santé « ont souligné que l’apparition d’une anxiété est plus souvent observée en pratique clinique que la dépression ». Un commentaire reçu lors de l’appel à informations : « Cela a commencé par l’anxiété… ». Le rapport ajoute que les patients « devraient être informés ouvertement des risques et de la possibilité d’effets à long terme au-delà du traitement ». Section 5.3.6 : la dysfonction sexuelle « est bouleversante et éprouvante et pourrait elle-même provoquer de l’anxiété et de la dépression ». Les signalements volontaires montrent ce que les personnes décrivent, pas la fréquence des cas.
  7. Celik C, Celik MS. Evaluation of depression, anxiety, and sleep quality in patients with acne vulgaris receiving isotretinoin treatment. Hum Psychopharmacol 2026;41(2):e70036. 155 patients en Turquie, suivis pendant les trois premiers mois du traitement ; les personnes ayant des antécédents de troubles psychiatriques sont exclues. Résumé : « Une augmentation transitoire des symptômes dépressifs et anxieux a été observée durant le premier mois de traitement ». Elle a été « suivie d’une amélioration significative au troisième mois ». Lu uniquement à partir du résumé.
  8. Poblete AC, Herskovic MV, Eva CP. Panic attacks in a patient treated with isotretinoin for acne. Report of one case. Rev Med Chil 2006;134(12):1565-7. En espagnol ; lu uniquement à partir du résumé.
  9. Newcastle upon Tyne Hospitals, Newcastle dermatology: Isotretinoin, film destiné aux patients, 29 novembre 2024. Extrait de 3:57 à 4:25 : « il n’a pas encore été établi que l’isotrétinoïne cause à coup sûr des troubles de l’humeur, mais il est important que nous prenions cela au sérieux » ; expériences rapportées « notamment anxiété, baisse de moral, dépression ». À partir de 4:51, le film ajoute que les personnes qui ont de l’acné ont plus souvent de l’anxiété et de la dépression.
  10. Moral Medicine, French Patient Shares His Long-Term Struggle After Accutane (isotretinoin), entretien avec Joseph, 17 novembre 2025, en français. Les citations reprennent ses mots d’après les sous-titres automatiques français. Cinq mois à 20 mg, lèvres sèches, « mentalement tout allait bien » (1:09 à 1:31). Crises de panique « 6 7 mois après la fin du traitement », pendant des vacances au ski, quatre soirs de suite (1:37 à 1:56). « Calme et réservé mais pas spécialement d’angoissé » (2:13). « Comme si j’avais une explosion » (3:04). « Une autre dimension » (3:20). Les médecins « vont dire c’est impossible … Le médicament n’est plus en vous » (6:20 à 6:30). « Une angoisse en permanence extrêmement intense qui ne partait pas » (7:23). « Très atténué » (7:58). « C’est pas une dépression dans le sens je suis nul » (16:58). « Tout le système nerveux réagit extrêmement fort » (17:15). « Je suis en train de devenir fou » (18:17). « Plus de 10 ans à comprendre que ça venait du médicament » (18:29). Son témoignage sur notre site : Joseph : de l’isotrétinoïne à 13 ans.

Sources vérifiées le 27 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique. Toutes les citations ont été traduites de l’anglais, sauf celles de Joseph, qui reprennent ses propres mots en français.

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