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Finastéride (Propecia) et anxiété : un lien négligé

Le finastéride (Propecia) peut déclencher de l’anxiété et d’autres troubles psychiques. Les études, les mises en garde, ce qu’il faut savoir.

ParMorten SkovPublié leMis à jour le

Introduction

Le finastéride, commercialisé sous le nom de Propecia, est un traitement répandu contre la calvitie masculine. Il agit en inhibant la 5-alpha-réductase pour abaisser les taux de dihydrotestostérone (DHT). Le Propecia peut être efficace pour enrayer la chute de cheveux, mais ses effets sur la santé psychique, dont l’anxiété, sont un risque souvent minimisé. Beaucoup de personnes font état d’une anxiété accrue et d’autres effets psychiques, ce qui pose la question de savoir si ces effets secondaires sont pris au sérieux.

Cet article explore le lien entre finastéride et anxiété, examine les études disponibles et souligne l’importance de peser ces risques avant de commencer un traitement.

Comment le finastéride peut contribuer à l’anxiété

En bloquant la DHT, le Propecia n’agit pas seulement sur la pousse des cheveux : il influence aussi la production de neurostéroïdes dans le cerveau. Les neurostéroïdes participent à la régulation de l’humeur et de la réponse au stress, si bien que perturber leur équilibre peut provoquer des symptômes comme l’anxiété et la dépression. Chez certaines personnes, ces effets persistent même après l’arrêt du médicament : c’est ce que l’on appelle le syndrome post-finastéride (PFS).

Avec l’augmentation des signalements d’anxiété chez les personnes qui prennent du Propecia, il devient plus important de comprendre l’ensemble des effets du médicament sur la santé psychique. L’action du finastéride sur les neurostéroïdes, et donc sur la régulation de l’humeur, est considérée comme un facteur important de ces effets secondaires.

Les effets psychiques les plus souvent signalés

La dysfonction sexuelle et les symptômes physiques sont plus souvent évoqués, mais l’anxiété et les autres effets psychiques sont de plus en plus reconnus comme des problèmes importants chez les personnes qui prennent du finastéride. Les symptômes psychiques les plus souvent signalés sont les suivants.

  • Anxiété : d’une anxiété légère à des crises d’angoisse intenses, les personnes qui prennent du Propecia décrivent souvent un niveau de stress accru.
  • Dépression : l’anxiété s’accompagne fréquemment de symptômes dépressifs, qui dégradent l’équilibre psychique général.
  • Troubles cognitifs : brouillard mental, troubles de la mémoire et difficultés de concentration nourrissent à la fois la frustration et l’anxiété.

L’anxiété est-elle fréquente sous finastéride ?

Les taux exacts varient, mais les travaux suggèrent que l’anxiété et les autres effets psychiques sont plus fréquents chez les personnes qui prennent du finastéride qu’on ne le pensait au départ. Des études ont d’ailleurs montré que le finastéride peut modifier la chimie du cerveau d’une façon qui accroît la vulnérabilité à l’anxiété.

Les principales études sur finastéride, anxiété et santé psychique

Plusieurs travaux ont documenté l’effet du finastéride sur la santé psychique et éclairent les raisons possibles de l’apparition d’une anxiété. Voici les principales études sur ce lien.

  • Diviccaro et al. (2019) (en anglais) : cette étude a montré qu’un traitement par finastéride chez des rats mâles induisait des comportements de type anxieux et une neuro-inflammation, ce qui suggère que les effets du médicament sur le cerveau pourraient contribuer à une anxiété persistante.
  • Melcangi et al. (2013) (en anglais) : publiée dans le Journal of Sexual Medicine, cette étude a observé des modifications des taux de stéroïdes neuroactifs chez des patients post-finastéride présentant anxiété et dépression, ce qui laisse entrevoir un lien possible entre finastéride et troubles de l’humeur.
  • Garcia-Argibay et al. (2022) (en anglais) : cette étude de cohorte publiée dans JAMA Network Open a relié les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase comme le finastéride à des risques plus élevés de dépression, d’anxiété et d’idées suicidaires, et appelle à approfondir ces effets psychiques graves.

Mises en garde des agences britannique et française

Les risques psychiques associés au Propecia n’ont pas échappé aux agences du médicament. Au Royaume-Uni, l’agence britannique du médicament (MHRA) a mis en garde contre des effets secondaires psychiatriques et sexuels persistants. Pour informer le public, elle a introduit une carte d’alerte patient soulignant que « le finastéride a été associé à la dépression, à des idées suicidaires et à une dysfonction sexuelle », certains symptômes persistant même après l’arrêt du médicament.

De même, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a publié en octobre 2023 une mise en garde recommandant d’arrêter le finastéride en cas de modification de l’humeur, en particulier de dépression ou d’idées suicidaires. L’ANSM a insisté sur la nécessité d’une information complète sur ces dangers possibles, en notant que certains symptômes peuvent persister après le traitement. Des campagnes de santé publique en France soulignent également ces risques, afin d’informer prescripteurs et patients.

Propecia, dépression et suicide : un sujet grave

Le lien entre finastéride et risques psychiques a conduit des agences sanitaires du monde entier à publier des mises en garde. La MHRA et l’ANSM soulignent l’importance de surveiller l’apparition de symptômes psychiques. Pour en savoir davantage sur le lien entre Propecia, dépression et suicidalité, lisez Propecia, dépression et suicide.

Anxiété persistante et syndrome post-finastéride (PFS)

Dans certains cas, l’anxiété et d’autres symptômes persistent longtemps après l’arrêt du finastéride. Cet état prolongé, appelé syndrome post-finastéride (PFS), comprend une anxiété chronique, une dépression et des troubles cognitifs qui pèsent lourdement sur la qualité de vie. Le PFS fait encore l’objet de travaux, mais il est reconnu par des associations de patients et par certains professionnels de santé comme un risque possible du finastéride.

Si une anxiété persiste après l’arrêt du finastéride, il est essentiel de chercher du soutien et de consulter un professionnel de santé qui connaît le PFS, afin d’explorer les prises en charge possibles.

Signaler les effets secondaires

Compte tenu des risques psychiques associés au finastéride, il est essentiel de signaler tout effet secondaire que vous ressentez. Les signalements permettent aux professionnels de santé et aux chercheurs d’y voir plus clair sur l’effet du finastéride sur la santé psychique, d’autant que ces symptômes sont souvent sous-déclarés. Pour savoir comment faire, consultez Signaler des effets secondaires.

Conclusion

Le lien possible entre le finastéride (Propecia) et l’anxiété soulève une inquiétude sérieuse pour les personnes qui cherchent un traitement contre la chute de cheveux. Le Propecia peut ralentir la perte de cheveux, mais les risques pour la santé psychique, dont l’anxiété, la dépression et les idées suicidaires, peuvent l’emporter sur ses bénéfices pour certaines personnes. Avant de commencer, parlez de ces effets secondaires possibles avec un professionnel de santé, pour décider en connaissance de cause et donner la priorité à votre équilibre psychique.

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