Syndrome post-Accutane

Ils ont arrêté les comprimés contre l’acné. Pas les effets secondaires.

  • Des effets secondaires qui durent des années, après un traitement contre l’acné.
  • Des milliers de personnes. La plupart étaient adolescentes au moment du traitement.
  • La notice signale le risque. Elle ne dit pas qu’il peut durer des années.
Ce que l’on sait peu

Les risques psychiques figurent sur la notice. Leur durée, non.Notice de la FDA

2 146 signalements d’idées suicidaires, 531 tentatives de suicide, 264 décès par suicide.FDA FAERS, consulté en août 2026

Ce traitement est prescrit contre l’acné. On ne meurt pas d’acné.Indication

Le syndrome post-Accutane n’a pas de code diagnostique. Aucun système de santé ne compte donc ces patients.CIM

Qu’est-ce que le syndrome post-Accutane ?

Le syndrome post-Accutane, c’est quand les effets secondaires de l’isotrétinoïne ne disparaissent pas après l’arrêt. L’isotrétinoïne est un traitement puissant contre l’acné, vendu sous les noms d’Accutane et de Roaccutane.

La plupart des personnes concernées sont adolescentes ou jeunes adultes au moment du traitement.

  • Le médicament modifie le fonctionnement des gènes dans tout l’organisme.
  • Des études pointent les récepteurs aux androgènes, les interrupteurs qu’utilisent les hormones sexuelles.
  • Il perturbe aussi les neurostéroïdes, les hormones que le cerveau fabrique pour lui-même.
  • Certains changements épigénétiques (des changements dans la façon dont les gènes sont lus) ne s’inversent peut-être pas.
  • Le médicament est conçu pour continuer d’agir après la fin de la cure. Chez certaines personnes, les effets secondaires aussi.
Symptômes

Les symptômes qui restent après l’arrêt

Le syndrome post-Accutane peut toucher la sexualité, l’humeur et le corps. Beaucoup ont pris ce médicament à l’adolescence et ont encore des symptômes des décennies plus tard.

Sexualité

2
  • Dysfonction sexuelle (la sexualité ne fonctionne plus comme avant)
  • Libido très basse ou absente

Cerveau et humeur

4
  • Dépression
  • Brouillard mental et difficultés à penser
  • Émoussement émotionnel (les émotions s’aplatissent)
  • Idées suicidaires

Corps

5
  • Douleurs articulaires qui ne passent pas
  • Sécheresse oculaire (dysfonctionnement des glandes de Meibomius)
  • Troubles digestifs, dont le syndrome de l’intestin irritable
  • Fatigue qui ne cède pas
  • Peau fragile

Cette liste est une sélection. Elle montre ce que les patients rapportent le plus souvent.

Les chiffres

Le syndrome post-Accutane en chiffres

19 412Effets indésirables psychiques signalés à FAERS
2 146Signalements d’idées suicidairesFDA FAERS, toutes marques d’isotrétinoïne
531Tentatives de suicide signaléesFDA FAERS, toutes marques d’isotrétinoïne
264Décès par suicideFDA FAERS, toutes marques d’isotrétinoïne
7 000+Procès intentés contre Roche
Chronologie

34 ans de silence

1982

La FDA autorise l’Accutane

La FDA autorise l’isotrétinoïne pour l’acné kystique sévère. Roche la vend aux États-Unis sous le nom d’Accutane.

1983

Premier signalement de dysfonction sexuelle

Une personne signale une dysfonction sexuelle après l’isotrétinoïne. C’est un an après l’autorisation.

2009

Roche retire l’Accutane du marché américain

Roche retire la marque de son propre chef. Cela fait suite à plus de 7 000 procès et à des éléments montrant des atteintes graves au corps et à l’esprit. L’isotrétinoïne générique reste largement prescrite.

2017

Les effets sexuels arrivent sur la notice de la FDA

La notice américaine nomme enfin la dysfonction sexuelle, 34 ans après le premier signalement. Entre-temps, des millions de personnes avaient reçu ce médicament sans aucun avertissement.

2025

Toujours pas de code MedDRA. Aucune recherche financée par l’industrie.

Le syndrome post-Accutane n’a toujours pas de code MedDRA, la liste de référence des noms d’effets indésirables. Il n’existe pas de façon reconnue de le diagnostiquer. Aucun laboratoire n’a financé publiquement d’étude.

Recherche clé

La maladie la moins étudiée

Le syndrome post-Accutane est bien moins étudié que le PFS et la PSSD. Chaque étude a été payée par des patients et par des universitaires indépendants.

Il existe très peu de recherche

L’essentiel se résume à des cas cliniques publiés et à des décomptes de signalements. Presque personne n’a étudié comment ces atteintes surviennent.

Les laboratoires n’en ont financé aucune, après des décennies de signalements.

Des causes communes avec le PFS et la PSSD

Les premières données relient les trois maladies aux deux mêmes pistes.

Le changement épigénétique veut dire que la façon dont les gènes sont lus est modifiée. La perturbation des neurostéroïdes veut dire que les hormones fabriquées par le cerveau sont déréglées.

Étudier les trois ensemble pourrait accélérer les réponses et les traitements.

Je pense avoir un syndrome post-Accutane. Et maintenant ?

Si cela vous parle, voici 5 démarches possibles dès maintenant.

1

Vous n’imaginez rien

Le syndrome post-Accutane est moins reconnu que le PFS ou la PSSD. Il partage avec eux les mêmes pistes épigénétiques et neurostéroïdiennes. Vos symptômes sont réels, et des milliers de personnes vivent la même chose.

2

Entrez en lien avec d’autres

Rejoignez un groupe de soutien WhatsApp. Parlez avec des personnes qui savent ce que c’est.

3

Signalez vos effets secondaires

Signaler à l’agence du médicament de votre pays. Chaque signalement rend ces maladies plus difficiles à ignorer.

4

Lisez comment gérer les symptômes

Notre bibliothèque de soutien propose des guides pour tenir le coup, parler à votre médecin et gérer le quotidien.

5

Inscrivez-vous au registre

Décrivez ce que vous avez vécu de façon anonyme. Vos données servent la recherche et montrent l’ampleur réelle.

Registre de patients PAS

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