Syndrome post-finastéride (PFS) Des effets secondaires du finastéride qui persistent après l’arrêt du traitement
Chez certaines personnes, les effets secondaires du finastéride persistent après l’arrêt du traitement. Les notices britannique et américaine indiquent que des troubles sexuels peuvent durer, mais personne n’a mesuré à quelle fréquence cela arrive, et il n’existe aucun traitement autorisé.
Selon les critères diagnostiques de 2022 (en anglais), le PFS désigne des troubles sexuels qui persistent après l’arrêt du finastéride ou d’un médicament apparenté. Beaucoup de personnes décrivent aussi des changements touchant l’humeur, la pensée et le corps.
Au Royaume-Uni comme aux États-Unis (en anglais), les informations officielles sur le médicament mentionnent des troubles sexuels qui ont continué après l’arrêt du finastéride.
Il n’existe aucun test, et votre médecin ne connaît peut-être pas ce syndrome. En 2024, l’agence britannique du médicament a constaté que ces effets secondaires étaient « mal connus des prescripteurs et des patients » (en anglais).
Personne n’a mesuré la fréquence du PFS. Le RCP britannique, la fiche officielle du médicament, indique que sa fréquence « ne peut être déterminée » (en anglais).
Il n’existe aucun traitement autorisé. Le PFS « peut persister des mois, des années ou indéfiniment » (en anglais), et le nombre de personnes qui se rétablissent n’a jamais été correctement étudié.
Qu’est-ce que le syndrome post-finastéride ?
Le syndrome post-finastéride (PFS) désigne des effets secondaires du finastéride qui persistent après l’arrêt du médicament. Les symptômes centraux sont d’ordre sexuel. Beaucoup de personnes décrivent aussi des changements touchant l’humeur, la pensée et le corps.
Le finastéride quitte vite l’organisme : la moitié a disparu du sang en 5 à 6 heures (en anglais). Pourtant, chez certaines personnes, les effets secondaires ne s’arrêtent pas avec le médicament. Personne ne sait encore pourquoi.
Les critères de 2022, en termes simples
Il n’existe ni analyse de sang ni examen d’imagerie pour diagnostiquer le PFS. En 2022, 37 médecins et chercheurs de dix pays (en anglais) se sont accordés sur des critères diagnostiques.
- Obligatoire : vous avez pris du finastéride ou un médicament apparenté, comme le dutastéride.
- Obligatoire : des troubles sexuels ont persisté après l’arrêt.
- Éléments en faveur : une perte durable du désir sexuel, une dysfonction érectile, ou une sensibilité diminuée des organes génitaux et lors de l’orgasme, et des troubles qui durent depuis 3 mois ou plus.
- Critères d’exclusion : les mêmes troubles avant le médicament, ou une autre maladie, un autre médicament ou une consommation de substances qui les explique. Les critères demandent aussi de ne pas avoir pris auparavant d’isotrétinoïne ni d’antidépresseur de type ISRS (inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine).
Selon les critères, des troubles sexuels sous finastéride qui disparaissent après l’arrêt ne sont pas un PFS. Un diagnostic psychiatrique en cours ne l’exclut pas.
Ces critères sont un consensus d’experts, pas une recommandation officielle. Ils ont été établis à partir de cas signalés à RxISK.org, un site sur la sécurité des médicaments auquel trois des auteurs sont liés.
Ses noms, ses codes et les médicaments en cause
- Nom utilisé par les patients
- Syndrome post-finastéride (PFS)
- Terme MedDRA
- Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome, code 10082430 ; dans la version française de MedDRA, « Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase ». MedDRA est le dictionnaire que les agences du médicament utilisent pour enregistrer les signalements d’effets indésirables.
- Orphanet (base de données des maladies rares)
- Post 5-alpha-reductase inhibitors treatment syndrome (en anglais), ORPHA:686468
- Code CIM
- Aucun code propre (les codes CIM sont ceux que les médecins utilisent dans les dossiers médicaux). Orphanet le rattache provisoirement à F52.8, un code large pour les dysfonctions sexuelles « non dues à un trouble ou à une maladie organique ».
- Médicaments en cause
- Le finastéride 1 mg (Propecia et génériques) et les sprays de finastéride, contre la chute de cheveux. Le finastéride 5 mg (Proscar) et le dutastéride (Avodart), contre l’augmentation du volume de la prostate.
- Mode d’action
- Ils bloquent une enzyme, la 5-alpha-réductase, qui transforme la testostérone en DHT, une autre hormone masculine. La baisse de la DHT ralentit la chute de cheveux et réduit le volume de la prostate.
Symptômes du syndrome post-finastéride
Seuls les symptômes sexuels sont nécessaires au diagnostic. La dépression, les troubles de la pensée et les idées suicidaires peuvent les accompagner ou apparaître seuls (en anglais), selon les critères.
Sexuels
5- Perte du désir sexuel (libido)
- Dysfonction érectile (difficulté à obtenir ou à maintenir une érection)
- Baisse de la sensibilité des organes génitaux
- Orgasmes plus faibles ou moins agréables
- Troubles de l’éjaculation, dont un volume de sperme réduit
Psychisme et humeur
5- Dépression (un moral bas qui ne remonte pas)
- Anxiété
- Brouillard mental (difficulté à se concentrer et à penser clairement)
- Difficultés à dormir (insomnie)
- Idées suicidaires
Corps
5- Gonflement ou sensibilité des seins (gynécomastie)
- Crampes, contractions involontaires ou faiblesse des muscles
- Fatigue qui ne passe pas (fatigue chronique)
- Peau sèche ou amincie
- Douleurs articulaires
Si vous avez des pensées suicidaires, vous pouvez appeler dès maintenant le 3114, numéro national de prévention du suicide : gratuit, 24 h/24 et 7 j/7. SOS Amitié répond aussi au 09 72 39 40 50.
Les symptômes sexuels viennent des critères de 2022, et le RCP britannique (en anglais) mentionne la dépression, l’anxiété et les idées suicidaires. Les autres viennent surtout de témoignages de patients, rassemblés dans la fiche d’Orphanet (en anglais) et dans une enquête auprès de 131 hommes (en anglais) présentant des symptômes.
Les symptômes peuvent commencer pendant la prise du médicament. Chez certaines personnes, ils apparaissent pour la première fois, ou s’aggravent (en anglais), après l’arrêt. À lire aussi : Arrêt du finastéride : cheveux et effets secondaires.
Effets secondaires durables du finastéride : qui est touché
La plupart des cas publiés concernent des hommes jeunes qui ont pris du finastéride 1 mg contre la chute de cheveux. Au-delà, on sait peu de chose sur les personnes à risque.
- Âge. La dose de 1 mg est autorisée chez les hommes de 18 à 41 ans. Dans les signalements reçus par l’agence américaine du médicament (FDA) (en anglais), les hommes ayant des troubles durables après Propecia étaient plus jeunes que ceux qui avaient pris Proscar, la dose destinée à la prostate.
- Dose. Des troubles durables ont été signalés après le 1 mg comme après le 5 mg. Au Royaume-Uni, les signalements concernent plus souvent le 1 mg, alors que le 5 mg est davantage prescrit. La MHRA, l’agence britannique du médicament, précise que cela « ne signifie pas nécessairement un niveau de risque différent » (en anglais).
- Durée du traitement. Dans une enquête du PFS Network auprès de ses propres membres, un peu plus de la moitié des 427 répondants (en anglais) avaient pris du finastéride pendant 200 jours ou moins. Pourtant, dans une étude américaine sur dossiers médicaux (en anglais), les hommes jeunes traités plus de 205 jours avaient davantage de dysfonction érectile durable que ceux traités moins longtemps.
- Sexe. Le finastéride n’est pas autorisé chez les femmes au Royaume-Uni. Parmi les signalements britanniques d’effets secondaires sexuels recensés par la MHRA en 2023 (en anglais), tous ceux qui précisaient le sexe venaient d’hommes. Nous n’avons trouvé aucune étude sur des effets secondaires durables chez les femmes.
- Antécédents psychiatriques. Certaines études (en anglais) ont observé des effets secondaires plus fréquents chez les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de troubles psychiques, mais la MHRA note que beaucoup étaient de petite taille et reposaient sur les souvenirs des participants.
Personne ne sait pourquoi certaines personnes sont touchées et d’autres non, et aucun test ne permet de prévoir qui le sera.
Le PFS est-il fréquent ? Personne ne l’a mesuré
Personne ne sait à quel point le PFS est fréquent. Les agences du médicament disposent de centaines de signalements, mais personne n’a mesuré de taux.
Pendant la prise de finastéride, le RCP britannique classe la baisse de la libido et la dépression comme « peu fréquentes » (en anglais), soit de 1 personne sur 1 000 à 1 sur 100. Pour les troubles après l’arrêt, il ne donne aucun chiffre.
Ce qui est signalé
- Une analyse publiée en 2025 (en anglais) a compté, dans la base de signalements de la FDA, 11 557 signalements entre 2004 et avril 2024 citant le finastéride comme principal médicament suspecté. Ils couvrent tous les types d’effets indésirables, pas seulement les effets sexuels.
- En avril 2024, la MHRA avait reçu 426 signalements de troubles sexuels sous finastéride (en anglais) par le dispositif Yellow Card, le système britannique de signalement. Dans près de la moitié, l’évolution était notée « non rétabli » ou « non résolu ».
Pourquoi il n’existe pas de taux
Un taux suppose deux chiffres : combien de personnes ont un PFS, et combien ont pris du finastéride. Aucun des deux n’est connu ; la MHRA parle d’une « absence de dénominateur » (en anglais). Le finastéride 1 mg n’est pas prescrit dans le cadre du NHS, le service public de santé britannique, si bien que « les chiffres exacts de prescription ne sont pas disponibles » (en anglais).
Les essais cliniques « ne prévoient pas systématiquement de suivi » (en anglais) pour vérifier que les effets secondaires sexuels disparaissent, écrivent les auteurs des critères. En 2012, la FDA ne connaissait aucune étude contrôlée « permettant de déterminer leur cause ou leur durée » (en anglais).
Les études qui ont essayé
- Les essais. Pendant le traitement, 3,8 % des hommes sous finastéride (en anglais) ont signalé un effet secondaire sexuel, contre 2,1 % sous placebo (un comprimé sans principe actif). À partir de ces essais, la FDA indique que « seul un faible pourcentage d’hommes » est concerné.
- Dossiers médicaux. Une étude américaine de 2017 (en anglais) a porté sur 11 909 hommes ayant reçu du finastéride ou du dutastéride. Parmi eux, 167 (1,4 %) ont eu une dysfonction érectile qui a duré au moins 90 jours après l’arrêt. Chez les 4 284 hommes de 16 à 42 ans traités à la dose contre la chute de cheveux, ils étaient 34 (0,8 %).
- Ses limites. Un seul système de santé américain, uniquement les dysfonctions érectiles enregistrées et traitées par un médecin, et aucune preuve d’un lien de cause à effet. Ce n’est pas un taux de PFS.
La MHRA ajoute que l’attention des médias et l’effet « nocebo » (en anglais), c’est-à-dire des symptômes provoqués par la crainte d’un effet nocif, peuvent contribuer au nombre de signalements. Une étude avec un groupe de comparaison, qui suivrait les personnes après l’arrêt, permettrait de répondre à la question.
Alors, si l’on vous dit que le risque est infime, ou qu’il est énorme, demandez d’où vient le chiffre.
Ce qu’ont fait les agences du médicament : des mises en garde, pas une reconnaissance
Au Royaume-Uni et aux États-Unis, les agences du médicament préviennent que les effets secondaires sexuels du finastéride peuvent persister après l’arrêt. Aucune n’a reconnu le PFS comme une maladie. Quand des patients l’ont demandé, la MHRA a répondu que cela « ne relève pas des compétences de la MHRA » (en anglais).
Autorisé, avec des effets secondaires sexuels dans la notice
Les États-Unis autorisent le 5 mg en 1992 et le 1 mg en 1997 ; le Royaume-Uni autorise le 1 mg en 1999. Dans les essais, les effets secondaires sexuels mentionnés dans les notices « ont disparu chez les patients qui ont arrêté ».
Royaume-Uni : des troubles qui ont persisté après l’arrêt
Les informations officielles britanniques sur le médicament ajoutent des signalements de dysfonction érectile ayant persisté après l’arrêt (2010), puis de baisse de la libido et de troubles de l’éjaculation (2013).
États-Unis : des troubles qui ont continué après l’arrêt
Les notices américaines ajoutent une dysfonction érectile qui « a continué après l’arrêt du médicament » (2011), puis des troubles de la libido, de l’éjaculation et de l’orgasme (avril 2012). Sur 421 signalements examinés par la FDA, 59 ont duré 3 mois ou plus. La FDA souligne que des liens de causalité clairs « n’ont pas été établis ».
Royaume-Uni : dépression et idées suicidaires
La MHRA fait état de cas de dépression et, « dans de rares cas, d’idées suicidaires ». Il est demandé aux médecins de conseiller d’arrêter « immédiatement » la dose de 1 mg si une dépression apparaît.
États-Unis : dépression et idées suicidaires dans la notice
À la suite d’une décision de la FDA en mai 2022, la notice de Propecia mentionne « la dépression, les idées et comportements suicidaires » parmi les effets indésirables signalés depuis la mise sur le marché.
Royaume-Uni : une carte patient dans chaque boîte
Le réexamen de la MHRA constate que les effets secondaires figurent dans la notice, mais qu’ils sont « mal connus des prescripteurs et des patients ». Une carte glissée dans chaque boîte indique désormais qu’ils peuvent persister après l’arrêt.
UE : les idées suicidaires confirmées
Un réexamen européen, lancé à la demande de la France, confirme les idées suicidaires comme effet indésirable des comprimés de finastéride. Leur fréquence est « indéterminée ». Les boîtes de 1 mg reçoivent une carte patient.
États-Unis : une mise en garde sur les sprays préparés en pharmacie
La FDA fait état de 32 cas, de 2019 à 2024, avec des sprays de finastéride préparés en pharmacie. Dans la plupart, les troubles « ont continué à persister après l’arrêt du produit ».
Royaume-Uni : des mises en garde renforcées
La MHRA indique que le finastéride « est associé à la dépression, aux idées suicidaires et à une dysfonction sexuelle qui peut persister après l’arrêt du traitement ». Les informations officielles du 1 mg préviennent désormais que les troubles sexuels peuvent contribuer à une baisse de moral.
Là où les mises en garde ne suffisent pas
Au Royaume-Uni, le finastéride 1 mg n’est pas prescrit dans le cadre du NHS. On se le procure dans des cliniques privées ou, « plus souvent » (en anglais), auprès de pharmacies en ligne. Encadrer les pharmacies « ne relève pas des compétences de la MHRA » ; c’est le General Pharmaceutical Council, l’ordre britannique des pharmaciens, qui fixe leurs normes.
Certaines pharmacies en ligne évaluent et suivent les patients de façon rigoureuse, a constaté la MHRA, « d’autres non ». À notre avis, c’est là que les mises en garde sont les plus faibles. La carte patient arrive après la décision de prendre le médicament, et les conseils supposent un médecin qui connaît vos antécédents et surveille votre humeur.
Le finastéride est-il sûr ? Ce que concluent les agences
En 2025, l’EMA (l’Agence européenne des médicaments) a conclu que les bénéfices du finastéride et du dutastéride « continuent de l’emporter sur leurs risques pour toutes les indications autorisées » (en anglais). Aucune agence ne peut encore dire à quelle fréquence surviennent les atteintes durables.
Au 31 mai 2025, la MHRA avait reçu 170 signalements de pensées suicidaires et de termes apparentés (en anglais) sous finastéride, et 19 signalements de décès par suicide. Ce sont des signalements, pas un taux. La MHRA précise qu’un signalement « ne signifie pas nécessairement que le médicament a causé la réaction ».
Si tout cela vous touche de près : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.
À lire aussi : Finastéride : mises en garde MHRA, EMA et FDA et Finastéride et idées suicidaires.
Ce que montre la recherche, et ses limites
La recherche sur le PFS est peu abondante et vient surtout de quelques équipes. Elle a relevé des différences chez les hommes atteints de PFS, mais « on ne sait pas clairement si elles étaient présentes avant le traitement » (en anglais).
La première série de cas (2011)
Des médecins de l’université George Washington ont interrogé 71 hommes dont les effets secondaires sexuels duraient depuis au moins 3 mois après l’arrêt. Parmi eux, 94 % avaient une libido basse et 92 % une dysfonction érectile, en moyenne depuis 40 mois.
Des hommes choisis pour leurs symptômes durables, sans groupe de comparaison. Les auteurs citent un biais de sélection (qui a participé) et un biais de mémoire (le recours aux souvenirs).
La dépression après le finastéride (2012)
Sur 61 personnes qui avaient pris du finastéride et gardaient des effets secondaires sexuels durables, 46 (75 %) avaient des symptômes de dépression. C’était aussi le cas de 3 hommes sur 29 (10 %) souffrant de chute de cheveux qui n’en avaient jamais pris.
Petite étude, et les personnes qui avaient pris du finastéride ont été choisies pour leurs symptômes durables. La dépression a été mesurée par questionnaire. Une tendance, pas un taux.
Aucun déficit hormonal trouvé (2016)
Une équipe de Harvard a comparé 25 hommes aux symptômes durables, 13 personnes ayant pris le médicament sans symptômes et 18 qui ne l’avaient jamais pris. La testostérone et la DHT ne différaient pas. Les hommes symptomatiques signalaient plus de dépression et de troubles de la pensée, mais obtenaient des résultats normaux aux tests cognitifs.
Petite étude, avec une seule mesure : elle ne peut pas montrer de cause. Financée en partie par la Post-Finasteride Syndrome Foundation, une organisation à but non lucratif qui soutient la recherche.
Hormones cérébrales et un gène (2017, 2019)
Une équipe milanaise a étudié le liquide céphalorachidien (qui baigne le cerveau et la moelle épinière) de 16 hommes atteints de PFS. Les hormones qui agissent sur le cerveau (les stéroïdes neuroactifs) étaient modifiées. Le gène de l’enzyme que bloque le finastéride portait plus souvent une marque chimique capable de l’inactiver : chez 9 hommes sur 16, contre 1 homme en bonne santé sur 13.
De petites études pilotes. Les auteurs « ne peuvent pas conclure » quant à la présence de ce profil génétique avant le finastéride.
L’activité des gènes dans la peau du pénis (2021)
Une équipe américaine a comparé la peau du pénis de 26 hommes présentant des symptômes de PFS à celle de 26 hommes opérés d’une circoncision. Chez les hommes atteints de PFS, l’activité de 3 764 gènes était augmentée ou diminuée, dont celle du gène du récepteur aux androgènes (qui réagit à la testostérone).
Un seul tissu, aucun prélèvement antérieur au médicament, et ces hommes ne sont peut-être pas représentatifs. Les auteurs précisent que l’étude ne peut pas montrer de cause.
Des études chez le rat (2025 et 2026)
Des rats traités 20 jours par finastéride ont peu changé pendant le traitement, mais ont développé une inflammation de l’intestin et du cerveau et des comportements anxieux après l’arrêt. En 2025, l’alloprégnanolone, une hormone que l’organisme fabrique, a réduit plusieurs des changements inflammatoires.
Des rats, pas des humains, après un traitement court. Ce sont les deux premières études du Milano Project, pour lequel SIDEfxHUB collecte des fonds.
La plupart de ces études ont mesuré de petits groupes d’hommes atteints de PFS une seule fois, après la prise du médicament. Suivre des personnes dès avant le début du traitement montrerait quels changements sont apparus en premier.
Le diagnostic du PFS
Il n’existe aucun test pour le PFS. Un médecin le diagnostique à partir de votre récit et de vos antécédents, en s’appuyant sur les critères de 2022 : ce que vous avez pris, quand, et ce qui a changé.
Votre médecin n’a peut-être jamais rencontré ce syndrome. Les auteurs des critères écrivent que ces maladies sont « peu connues et mal comprises des professionnels de santé » (en anglais).
Ce qu’il faut apporter à votre médecin
- La carte patient trouvée dans la boîte, si vous l’avez : elle indique que ces effets peuvent persister.
- Une copie imprimée des critères de 2022 (en anglais), en accès libre.
- Votre dose, et à peu près quand vous avez commencé et arrêté.
- Ce qui a changé, et quand. Précisez si cela a commencé ou continué après l’arrêt.
- Tout changement d’humeur, même s’il vous semble sans rapport.
- Vos autres médicaments, passés et actuels, en particulier les antidépresseurs ou l’isotrétinoïne.
Ce que le médecin peut vouloir écarter, et pourquoi c’est justifié
Les critères exigent qu’aucune autre maladie, aucun autre médicament ni aucune substance n’explique vos symptômes. Un médecin peut donc d’abord rechercher d’autres causes. Cela fait partie d’un diagnostic sérieux ; ce n’est pas un signe de doute à votre égard.
Des analyses de sang normales ne tranchent la question ni dans un sens ni dans l’autre. Des taux hormonaux à la limite de la normale peuvent être « une conséquence de ces maladies plutôt qu’une cause » (en anglais), écrivent les auteurs des critères.
Traitement du PFS et rétablissement
Il n’existe aucun traitement autorisé pour le PFS. En septembre 2026, nous n’avons trouvé aucun essai de traitement enregistré sur ClinicalTrials.gov (en anglais).
Ce que la recherche teste
Un programme travaille à un éventuel traitement : le Milano Project de l’université de Milan, dirigé par le professeur Roberto Melcangi, pour lequel SIDEfxHUB collecte des fonds. Chez le rat, l’alloprégnanolone a réduit plusieurs changements (en anglais) observés après l’arrêt du finastéride.
Elle n’a pas encore été testée chez des personnes atteintes de PFS.
Le PFS est-il permanent ?
Personne ne le sait. Le PFS « peut persister des mois, des années ou indéfiniment » (en anglais) après l’arrêt du médicament, écrivent les auteurs des critères. Le nombre de personnes qui se rétablissent complètement « n’a jamais été correctement étudié ».
Une étude de suivi de 2012 (en anglais) a réévalué 54 hommes 9 à 16 mois plus tard : 96 % avaient encore des symptômes. Mais ils avaient été choisis parce que leurs symptômes duraient déjà, et cette étude ne peut donc rien vous dire de vos propres chances.
Comme le rétablissement n’a jamais été correctement étudié, personne ne peut honnêtement vous dire que le PFS est permanent, ni qu’il passera. À lire aussi : Syndrome post-finastéride : un rétablissement complet ?
Comment juger un traitement qu’on vous propose
Vous verrez peut-être des traitements proposés en ligne ou dans des cliniques privées. Nous n’en recommandons aucun. Ces questions vous aideront, avec votre médecin, à juger un traitement proposé :
- A-t-il été testé chez des personnes atteintes de PFS, avec un groupe de comparaison ? Ou seulement dans des cas cliniques publiés, des témoignages de patients ou chez l’animal ?
- Quels sont ses propres effets secondaires, et que se passe-t-il à l’arrêt ?
- Combien coûte-t-il, et la personne qui le recommande le vend-elle aussi ?
- Est-ce que votre propre médecin saura que vous le prenez ?
Si vous pensez avoir un PFS
Si vous vous reconnaissez dans ce qui précède, prenez-le au sérieux. Ce que vous décrivez figure dans les notices britannique et américaine, et les agences du médicament ont un terme pour le désigner dans les signalements d’effets indésirables.
N’arrêtez et ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez sur cette page. La MHRA prévoit une exception. Si vous prenez du finastéride 1 mg et qu’une dépression ou des pensées suicidaires apparaissent, elle recommande de l’arrêter (en anglais) et de contacter votre médecin dès que possible.
Parlez-en au médecin qui vous l’a prescrit
Ou à votre médecin traitant, que vous preniez encore du finastéride ou que vous l’ayez arrêté il y a des années. Apportez la liste de la partie « Diagnostic » ci-dessus, et lisez Je pense avoir un PFS : que faire ?
Signalez-le
En France, le signalement se fait auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), par le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, par le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, par MedWatch (en anglais). Vous n’avez besoin d’aucune preuve, ni de l’accord d’un médecin. Consultez Finastéride : comment signaler vos effets secondaires, ou notre guide pour signaler des effets secondaires pour les autres pays.
Inscrivez-vous au registre
L’inscription au registre de patients de SIDEfxHUB prend environ trois minutes, et aucun diagnostic n’est nécessaire. Un signalement enregistre un moment. Le registre suit ce qui se passe sur des mois et des années.
Rencontrez d’autres personnes
Nos groupes de soutien WhatsApp sont petits et privés, et ouverts à toute personne inscrite au registre.
Code MedDRA 10082430 : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome. Quand vous faites un signalement, recopiez ce terme exact dans le champ de texte libre, puis décrivez vos symptômes avec vos mots. Précisez s’ils ont continué ou commencé après l’arrêt. « Syndrome post-finastéride » est le nom employé par les personnes concernées et ne figure pas dans le dictionnaire.
Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.
Ce que fait SIDEfxHUB
SIDEfxHUB est une association de patients britannique (registered charity 1203385) pour les personnes qui vivent avec le PFS, la PSSD et le PAS. Nous finançons la recherche, agissons pour faire reconnaître ces maladies et soutenons les patients.
- Le registre. Notre registre suit les personnes sur des mois et des années. Les personnes inscrites l’ont choisi : il ne peut donc pas dire à quel point le PFS est fréquent. Il peut montrer comment les symptômes évoluent dans le temps, ce qu’un signalement ponctuel ne permet pas.
- La recherche. Nous collectons des fonds pour le Milano Project de l’université de Milan, qui étudie ce que le finastéride et les ISRS modifient dans l’organisme. Ses deux études publiées à ce jour ont été menées chez le rat.
Sources
Toutes les sources ci-dessous ont été vérifiées le 26 septembre 2026. Elles sont en anglais, et toutes les citations de cette page ont été traduites de l’anglais.
Critères diagnostiques du PFS (2022)
Healy et 36 coauteurs, International Journal of Risk & Safety in Medicine.
Lire l’article→MHRA Drug Safety Update, mai 2026
Les mises en garde britanniques mises à jour, avec les chiffres Yellow Card.
Lire sur GOV.UK→Réexamen du finastéride par la MHRA, 2024
Le rapport britannique à l’origine de la carte patient.
Lire sur GOV.UK→Réexamen du finastéride et du dutastéride par l’EMA, 2025
Le réexamen européen sur les idées suicidaires avec ces médicaments.
Lire sur le site de l’EMA→Modifications de la notice du finastéride par la FDA, 2012
La FDA sur les modifications de 2011 et 2012, en archive.
Lire l’archive→Notice américaine de Propecia
Les informations de prescription américaines, sur DailyMed.
Lire la notice→RCP britannique de Propecia
Les informations de prescription britanniques, sur l’electronic medicines compendium.
Lire le RCP→Orphanet : ORPHA:686468
La fiche de la base de données des maladies rares.
Ouvrir Orphanet→La recherche sur le PFS dans PubMed
Les études publiées sur le syndrome post-finastéride.
Chercher dans PubMed→Avec leurs propres mots
Trois hommes racontent ce qui leur est arrivé, dans des entretiens avec la chaîne Moral Medicine. Chaque récit montre l’expérience d’une personne, pas la fréquence du PFS.
Deux ans après, avec ses mots
Il a arrêté le finastéride en espérant que ses symptômes neurologiques s’estompent. Il décrit au contraire un crash (une aggravation brutale et intense) et de nouveaux symptômes, plus de deux ans après.
Sam
Sam décrit les effets secondaires qu’il a eus pendant la prise de finastéride contre la chute de cheveux, et ceux qui ont continué après l’arrêt.
Ryan
Ryan parle de sa prise de finastéride contre la chute de cheveux, et des effets secondaires qui ne l’ont pas quitté après l’arrêt.
À lire sur le PFS
Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Parlez-en à votre médecin avant toute décision concernant votre traitement.
Vous pensez avoir un PFS ?
Inscrivez-vous au registre : environ trois minutes, aucun diagnostic nécessaire. Un signalement enregistre un moment. Le registre suit ce qui se passe ensuite.