Insomnie après Accutane : peut-elle durer ?
Vous dormez toujours mal des mois après l’Accutane ? Ce que disent notices et études sur l’insomnie, et comment noter vos nuits pour votre médecin.

Vous dormez toujours mal des mois après un traitement par Accutane (isotrétinoïne, vendue au Royaume-Uni sous le nom de Roaccutane et en France sous ceux de Contracné, Curacné ou Procuta) ? Ses informations officielles américaines citent l’insomnie parmi les effets secondaires signalés par des personnes. Mais personne n’a étudié ce qui arrive au sommeil quand un traitement se termine.
Certaines personnes atteintes du syndrome post-Accutane (PAS) disent être restées fatiguées longtemps après leur dernière capsule. La notice britannique ne parle pas de troubles du sommeil, et la page du NHS sur l’isotrétinoïne (en anglais) ne dit rien du sommeil.
Quand rien d’écrit ne correspond à vos nuits, il est facile de douter de soi. Alors notez-les : votre médecin traitant aura de quoi travailler, et vous pourrez vous servir des mêmes notes pour signaler l’effet secondaire.
Elliot a pris du Roaccutane à 17 ans. Dans cet extrait, il raconte à quel point il était fatigué sous traitement. Chaque jour, dit-il, il avait l’impression d’avoir passé la nuit précédente à « faire quelque chose de physiquement épuisant ».
La fatigue ne s’est pas arrêtée avec le traitement. Entre 20 et 30 ans, dit-il, il était « toujours fatigué, dans le brouillard, déconnecté ».
Le récit d’Elliot n’est qu’un témoignage. Les études sont moins tranchées.
L’insomnie est-elle un effet secondaire de l’Accutane ?
Oui, selon les informations officielles américaines destinées aux médecins, qui ne peuvent toutefois pas dire à quelle fréquence. Elles citent l’insomnie parmi les effets signalés dans des essais cliniques ou après la commercialisation du médicament, avec la somnolence et la fatigue. Côté sommeil, la notice britannique ne mentionne que la somnolence, « signalée très rarement ».
Les études qui ont vérifié le sommeil de personnes pendant leur traitement ne vont pas toutes dans le même sens. Une petite étude menée en Turquie a trouvé que les gens dormaient plus mal. D’autres n’ont constaté aucun changement, voire un sommeil un peu meilleur.
La plus grande étude que nous ayons trouvée, dirigée en 2022 par des chercheurs d’Oxford, s’appuie sur des dossiers médicaux américains (en anglais). Environ 1 jeune sur 100 a reçu un nouveau diagnostic de trouble du sommeil dans l’année suivant le début de l’isotrétinoïne. Les taux étaient proches chez les personnes sous d’autres médicaments contre l’acné, et un peu plus bas chez celles qui avaient de l’acné sans prendre aucun médicament. L’étude ne comptait que des diagnostics : elle ne voit pas les nuits dont personne n’a parlé à un médecin.
L’essentiel en trois points
- Les informations officielles américaines (en anglais) sur l’isotrétinoïne citent l’insomnie parmi les effets secondaires signalés par des personnes.
- La notice britannique (en anglais) ne parle pas de troubles du sommeil, mais dit que certains effets secondaires « peuvent persister après l’arrêt du traitement ».
- Nous avons cherché dans les publications scientifiques en octobre 2026 et n’avons trouvé aucune étude sur le sommeil après la fin d’un traitement. Les personnes concernées appellent ces troubles durables le syndrome post-Accutane (PAS).
Presse : contact@sidefxhub.com
L’insomnie de l’Accutane disparaît-elle après l’arrêt ?
Personne ne sait à quelle fréquence. En octobre 2026, nous n’avons trouvé aucune étude qui ait suivi le sommeil de personnes après la fin de leur traitement.
Les personnes concernées appellent syndrome post-Accutane les troubles qui durent après la fin du traitement. Une liste de critères (en anglais) proposée en 2022 par des médecins et des chercheurs cite des troubles de la concentration et de la mémoire, une dépression, et des changements de la peau, des articulations et de l’intestin. Ces problèmes peuvent survenir sans aucun trouble sexuel. Le sommeil n’y figure pas.
Le médicament lui-même a quitté votre organisme dans le mois qui suit la dernière capsule, selon l’information britannique destinée aux médecins. Si vous dormez toujours mal des mois plus tard, ce ne sont donc pas des restes du médicament. La notice britannique dit que les effets secondaires sont généralement réversibles, « mais certains peuvent persister après l’arrêt du traitement ».
Certains sites affirment que le sommeil revient un mois ou deux après l’arrêt. Nous n’avons trouvé aucune étude qui l’appuie.
Chez certaines personnes atteintes du syndrome post-Accutane, la fatigue et d’autres troubles ont duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela s’atténuera.
Cela pourrait-il venir de mon humeur plutôt que du médicament ?
Cela peut être les deux, et mieux vaut le faire vérifier. Un mauvais sommeil s’accompagne souvent d’une humeur basse et d’anxiété, et la notice britannique cite les deux parmi les effets secondaires de l’isotrétinoïne. Elle prévient que l’arrêt du médicament « peut ne pas suffire à faire cesser les effets ».
La notice que reçoivent les patients aux États-Unis, appelée Medication Guide, cite « dormir trop ou avoir du mal à dormir » parmi les signes d’alerte d’une dépression. Elle demande à toute personne qui remarque ces signes d’arrêter de prendre le médicament et d’en parler tout de suite à son médecin. La notice britannique dit de contacter tout de suite votre médecin, qui peut vous demander d’arrêter le traitement.
Si votre sommeil a changé en même temps que votre humeur, parlez-en vite à votre médecin traitant. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. Nous avons d’autres articles sur Isotrétinoïne et anxiété : peut-elle durer ? et Isotrétinoïne et dépression après l’arrêt.
Que puis-je faire ?
L’isotrétinoïne aide beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, la décision se prend entre vous et le médecin qui vous a prescrit le traitement.
Votre médecin traitant voudra d’abord écarter d’autres causes, et les dates aident pour cela. Notez vos nuits en quelques lignes, comme dans l’exemple ci-dessous, et apportez cette note.
« Isotrétinoïne 30 mg par jour à partir de février 2023, dernière capsule en août 2023. »
Avant, pendant ou après le traitement : « Je me réveille à 3 h presque toutes les nuits depuis juin 2023 environ. »
Difficulté à s’endormir, réveils la nuit, réveil fatigué ou sommeil excessif.
Humeur basse, anxiété, fatigue dans la journée, difficultés de concentration ou de mémoire.
« Je dormais d’une traite avant 2023. »
Trois questions à poser à votre médecin
- Mes problèmes de sommeil pourraient-ils être liés à mon traitement par isotrétinoïne ?
- Une humeur basse ou de l’anxiété pourraient-elles y jouer un rôle, et qu’est-ce qui pourrait aider ?
- Pouvez-vous noter dans mon dossier que cela a commencé pendant ou après le médicament ?
Vous pouvez commencer par : « La notice dit que certains effets secondaires peuvent persister après l’arrêt du traitement. Mon sommeil n’est plus le même depuis mon traitement. »
Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Vous pouvez signaler un effet secondaire sans l’accord d’un médecin. Notre article Je pense avoir un syndrome post-Accutane vous accompagne pendant le rendez-vous.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Une note de votre médecin vous aide. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère les tendances.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
- Employez les bons mots. Le syndrome post-Accutane n’a pas encore de terme médical propre : nommez le symptôme, par exemple l’insomnie, et précisez qu’il a persisté après l’arrêt.
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
L’Accutane peut-il provoquer un excès de sommeil ? Le Medication Guide américain compte le fait de dormir trop parmi les signes d’alerte d’une dépression, et les informations destinées aux médecins citent la somnolence. Dans une étude de 2024 en Égypte (en anglais), environ 6 personnes sur 10 sous isotrétinoïne disaient dormir trop. L’étude ne les comparait pas à des personnes qui ne prenaient pas le médicament : elle ne peut donc pas dire quelle part revient au médicament.
L’Accutane peut-il provoquer des cauchemars ou des rêves très vifs ? Quelques médecins ont décrit des cas. Dans un cas venu d’Arabie saoudite (en anglais), les cauchemars d’un homme de 24 ans hachaient son sommeil, et ils ont cessé avec l’arrêt du médicament. Une poignée de cas ne peut pas montrer à quelle fréquence cela arrive.
Les personnes atteintes de PFS ou de PSSD ont-elles aussi des problèmes de sommeil ? Certaines personnes atteintes du syndrome post-finastéride (PFS) ou de la dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD) le disent. Nos pages PFS et troubles du sommeil : que faire ? et Sommeil après un crash de PSSD : que faire ? en parlent. La liste de 2022 couvre les trois maladies et ne cite le sommeil pour aucune. Notre page sur le syndrome post-Accutane présente ce que la liste retient pour ce syndrome.
Si votre sommeil a changé pendant ou après un traitement, notez vos dates et signalez-le.
Sources
- Roaccutane 10 mg capsules molles (isotrétinoïne), notice (en anglais), Electronic Medicines Compendium (EMC 100633), dernière révision en avril 2026. Section 2, « Conduite de véhicules et utilisation de machines » : « La somnolence et les vertiges ont été signalés très rarement ». Début de la section 4 : « Les effets secondaires sont généralement réversibles après une modification de la dose ou l’arrêt du traitement, mais certains peuvent persister après l’arrêt du traitement ». Section 4, très rare : « Convulsions, somnolence, vertiges ». Section 4, troubles psychiques, fréquence inconnue : « Dépression ou troubles apparentés ». Parmi les signes : « humeur triste ou altérée, anxiété, sentiments de malaise émotionnel ». S’ils apparaissent, la notice prévient que l’arrêt « peut ne pas suffire à faire cesser les effets ». En octobre 2026, la notice ne mentionne ni l’insomnie, ni les troubles du sommeil, ni le sommeil.
- Roaccutane 10 mg capsules molles, résumé des caractéristiques du produit (en anglais), EMC 100633, révisé le 27 avril 2026. Section 4.4 : le médicament est « complètement éliminé, ce qui survient dans le mois suivant la fin du traitement ». La section 4.8 cite la somnolence parmi les réactions très rares du système nerveux et ne cite pas l’insomnie.
- Absorica et Absorica LD (isotrétinoïne), notice de la FDA et Medication Guide (en anglais), révision d’août 2026. DailyMed, Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis. Section 6, réactions « identifiées dans des essais cliniques ou des signalements après commercialisation », dont la fréquence et la cause ne peuvent pas toujours être établies : ensemble du corps, « fatigue » ; neurologique, « somnolence, léthargie » ; psychiatrique, « insomnie ». Medication Guide, signes de dépression ou de psychose : « dormir trop ou avoir du mal à dormir ». Il demande aux patients d’arrêter de prendre le médicament et de « prévenir tout de suite » leur professionnel de santé.
- NHS, Isotretinoin (Roaccutane) (en anglais), page révisée pour la dernière fois le 26 juin 2026. En octobre 2026, la page ne mentionne pas le sommeil.
- Healy D, Bahrick A, Bak M et collaborateurs. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés, convenus par un groupe d’experts. Parmi les effets de l’isotrétinoïne qui « peuvent survenir indépendamment de toute difficulté sexuelle » figurent l’altération cognitive, des changements de la peau, des articulations et de l’intestin, la dépression et la suicidalité. L’article ne mentionne ni le sommeil ni l’insomnie pour aucune des trois maladies.
- Paljarvi T, McPherson T, Luciano S, Herttua K, Fazel S. Isotretinoin and adverse neuropsychiatric outcomes: retrospective cohort study using routine data (en anglais). Br J Dermatol 2022;187(1):64-72. Dossiers médicaux électroniques américains (TriNetX), personnes atteintes d’acné âgées de 12 à 27 ans, suivies pendant un an après la première prescription. Nouveaux diagnostics de troubles du sommeil dans l’année (tableaux 1 à 3) : 11 à 12 pour 1 000 personnes-années sous isotrétinoïne, contre 10 sans prescription contre l’acné, 11 sous traitements locaux contre l’acné et 14 sous antibiotiques oraux. Par rapport à l’absence de prescription contre l’acné, les chances étaient plus élevées (odds ratio 1,19) ; par rapport aux deux autres traitements, aucune différence nette. Selon les auteurs, l’isotrétinoïne « n’était pas associée de façon indépendante à un excès d’événements neuropsychiatriques indésirables à l’échelle de la population ».
- Celik MS, Celik C, Cepik N. Effect of isotretinoin treatment on sleep quality in acne vulgaris patients (en anglais). Arch Dermatol Res 2025;317(1):416. 50 patients en Turquie ; scores du questionnaire sur le sommeil plus mauvais pendant le traitement. Lu uniquement sous forme de résumé.
- Celik C, Celik MS. Evaluation of depression, anxiety, and sleep quality in patients with acne vulgaris receiving isotretinoin treatment (en anglais). Hum Psychopharmacol 2026;41(2):e70036. 155 patients en Turquie, trois premiers mois de traitement : « pas associé à une dégradation significative de la qualité du sommeil ». Lu uniquement sous forme de résumé.
- Orenay OM, Temel B, Capci AK et collaborateurs. Evaluation of isotretinoin effects on depression, sleep apnea and sleep quality (en anglais). Cutan Ocul Toxicol 2024;43(2):129-133. 42 patients en Turquie ; pas de changement significatif de la qualité du sommeil au troisième mois. Lu uniquement sous forme de résumé.
- Ismailogullari S, Ferahbas A, Aksu M et collaborateurs. Effects of isotretinoin treatment on sleep in patients with severe acne: a pilot study (en anglais). J Eur Acad Dermatol Venereol 2012;26(6):778-81. 12 patients, enregistrements du sommeil de nuit après un mois : le sommeil nocturne « s’améliore légèrement ». Lu uniquement sous forme de résumé.
- Shawky A, Elsheikh M, Elrewiny EM et collaborateurs. Isotretinoin-induced hypersomnia: a cross-sectional study and literature review (en anglais). Adv Skin Wound Care 2024;37(8):1-3. 123 patients en Égypte sous isotrétinoïne ; 77 (62,6 %) disaient dormir trop. Pas de groupe de comparaison. Lu uniquement sous forme de résumé.
- Aljehani F, Alqahtani S, Alharbi S, Alsulami S. Nightmares caused by isotretinoin in treating hidradenitis suppurativa: a case report and clinical insights (en anglais). Dermatol Reports 2025;17(2):10171. Un homme de 24 ans en Arabie saoudite ; « Les symptômes ont disparu à l’arrêt de l’isotrétinoïne ». Lu uniquement sous forme de résumé. Autres signalements de rêves sous isotrétinoïne : Gupta MA, Gupta AK, Br J Dermatol 2001;144(4):919-20 ; Choe J et collaborateurs, Int J Dermatol 2024;63(7):e133-e134 (titres seulement).
- Recherche PubMed, « isotretinoin AND (sleep OR insomnia) », 28 octobre 2026 : 24 résultats. Aucun n’a suivi le sommeil après la fin d’un traitement.
- Ghadimi TR, Martinez MJ, Rieder EA. Self-reported long-term side effects of isotretinoin: a case series (en anglais). J Drugs Dermatol 2023;22(4):423-424. Sept entretiens vidéo ; parmi les symptômes qui « ont persisté après l’arrêt de l’isotrétinoïne ou sont apparus après l’arrêt » figuraient des « symptômes neurologiques (4/7) (brouillard mental et fatigue) ». Sept personnes, pas de groupe de comparaison.
- Moral Medicine sur YouTube. Elliot (en anglais), 28 janvier 2025, intégré ici sous forme d’extrait de 47:50 à 48:48. Dans l’extrait : « tout semblait très engourdi et sec » à 47:50, « très fatigué » à 48:11 et « chaque jour, c’était comme si vous aviez passé la nuit précédente à faire quelque chose de physiquement épuisant » à 48:20. Hors de l’extrait : Roaccutane à 17 ans à 3:45, sa vingtaine à 1:11:35 et « toujours fatigué, dans le brouillard, déconnecté » à 1:12:56. Les citations viennent des sous-titres automatiques de YouTube. Son histoire sur notre site : Elliot, de l’Accutane à 17 ans.
Sources vérifiées le 28 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique. Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
Des effets secondaires persistants après l’isotrétinoïne ?
Faites en sorte qu’ils soient pris en compte.
Notre guide vous mène étape par étape au formulaire de votre pays.