Syndrome post-finastéride (PFS)

  • Une maladie multisystémique causée par le finastéride et des médicaments apparentés. Elle peut toucher la fonction sexuelle, la santé mentale et la cognition, et altérer le corps masculin.
  • Pas de simples effets secondaires qui se prolongent. Le PFS peut commencer après l’arrêt du médicament, et il peut être permanent.
  • Non reconnu comme maladie par les agences du médicament. Pas de code diagnostique propre, pas de test, pas de traitement autorisé.
Dans les médias

Le syndrome post-finastéride sur CBC News

Une enquête de Radio-Canada, diffusée dans The National sur CBC en mars 2025 (5 minutes, en anglais).

  • Des millions d’hommes ont pris du finastéride (Propecia) pour ralentir la chute de cheveux.
  • Des experts alertent sur des effets secondaires rares, mais qui bouleversent la vie et persistent après l’arrêt.
  • Le reportage examine des accusations selon lesquelles le laboratoire qui a mis au point le médicament, Merck, aurait minimisé les risques.
  • Il aborde le suicide. Pour obtenir de l’aide, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide.

Symptômes du syndrome post-finastéride

Le PFS peut toucher la fonction sexuelle, la santé mentale, la cognition et le corps masculin. Si vous avez des idées suicidaires, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7.

Sexuels

5
  • Perte du désir sexuel (libido)
  • Dysfonction érectile (difficulté à obtenir ou à maintenir une érection)
  • Baisse de la sensibilité des organes génitaux
  • Orgasmes plus faibles ou moins agréables
  • Troubles de l’éjaculation, dont un volume de sperme réduit

Psychisme et humeur

5
  • Dépression (un moral bas qui ne remonte pas)
  • Anxiété
  • Brouillard mental (troubles de la concentration et de la cognition)
  • Difficultés à dormir (insomnie)
  • Idées suicidaires

Corps

5
  • Gonflement ou sensibilité des seins (gynécomastie)
  • Crampes, contractions involontaires ou faiblesse des muscles
  • Fatigue qui ne passe pas (fatigue chronique)
  • Peau sèche ou amincie
  • Douleurs articulaires

Témoignages de patients

Trois hommes racontent ce qui leur est arrivé, dans des entretiens avec la chaîne Moral Medicine. Chaque récit montre l’expérience d’une personne, pas la fréquence du PFS.

Deux ans après, avec ses mots

Il a arrêté le finastéride en espérant que ses symptômes neurologiques s’estompent. Il décrit au contraire un crash (une aggravation brutale et intense) et de nouveaux symptômes, plus de deux ans après.

Sam

Sam décrit les effets secondaires qu’il a eus pendant la prise de finastéride contre la chute de cheveux, et ceux qui ont continué après l’arrêt.

Ryan

Ryan parle de sa prise de finastéride contre la chute de cheveux, et des effets secondaires qui ne l’ont pas quitté après l’arrêt.

En bref

L’essentiel sur le PFS

  1. 1

    Des critères diagnostiques ont été publiés en 2022 (en anglais). Ils sont centrés sur les symptômes sexuels ; beaucoup de personnes décrivent aussi des changements de l’humeur, de la cognition et du corps.

  2. 2

    Le finastéride bloque la 5-alpha-réductase dans tout l’organisme, y compris dans le cerveau. Cette enzyme fabrique la DHT, mais aussi des neurostéroïdes qui agissent sur l’humeur et les nerfs.

  3. 3

    Les informations officielles sur le médicament, au Royaume-Uni comme aux États-Unis (en anglais), mentionnent des troubles sexuels qui ont continué après l’arrêt. En 2024, l’agence britannique du médicament (MHRA) a jugé ces risques « mal connus des prescripteurs et des patients » (en anglais).

  4. 4

    Il n’existe aucun test, et la fréquence du PFS est inconnue : le RCP britannique, la fiche officielle du médicament, indique qu’elle « ne peut être déterminée » (en anglais).

  5. 5

    Il n’existe aucun traitement autorisé, et le rétablissement n’a jamais été correctement étudié. Le PFS « peut persister des mois, des années ou indéfiniment » (en anglais).

Si vous pensez avoir un PFS

N’arrêtez et ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez sur cette page. La MHRA prévoit une exception : si vous prenez du finastéride 1 mg et qu’une dépression ou des idées suicidaires apparaissent, elle recommande de l’arrêter (en anglais) et de consulter votre médecin dès que possible.

1

Parlez-en à votre médecin

Même si vous avez arrêté il y a des années. Lisez Je pense avoir un PFS : que faire ?

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Signalez-le

En France, le signalement se fait auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), sur le portail signalement.social-sante.gouv.fr. Au Royaume-Uni, utilisez le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch (en anglais). Indiquez le terme MedDRA « Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase ». À défaut, utilisez le terme anglais « Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome » (code 10082430). Aucune preuve n’est nécessaire. Pour les autres pays, voir notre guide pour signaler des effets secondaires.

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L’inscription au registre de patients de SIDEfxHUB prend environ trois minutes, et aucun diagnostic n’est nécessaire.

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Le guide complet du PFS

Ce que c’est, qui il touche, ce qu’ont fait les agences du médicament, la recherche, le diagnostic, le traitement et le rétablissement, avec les sources.

Qu’est-ce que le syndrome post-finastéride ?

Le syndrome post-finastéride (PFS) est une maladie multisystémique causée par le finastéride et des médicaments apparentés. Les symptômes peuvent commencer pendant le traitement ou seulement après l’arrêt, et persister une fois le médicament éliminé de l’organisme.

La moitié d’une dose quitte le sang en 5 à 6 heures (en anglais), et pourtant le PFS peut durer des années. Personne ne sait encore pourquoi.

Le PFS est l’une des trois maladies apparentées, avec la PSSD (après des antidépresseurs ISRS et IRSN) et le PAS (après l’isotrétinoïne). Les critères de 2022 couvrent les trois.

Les critères diagnostiques de 2022

Il n’existe ni analyse de sang ni examen d’imagerie pour le PFS. En 2022, 37 médecins et chercheurs de dix pays (en anglais) se sont accordés sur des critères diagnostiques.

  • Obligatoire : vous avez pris du finastéride ou un médicament apparenté, comme le dutastéride.
  • Obligatoire : des troubles sexuels ont persisté après l’arrêt.
  • Éléments en faveur : une baisse du désir, une dysfonction érectile ou une sensibilité diminuée des organes génitaux et lors de l’orgasme, qui durent depuis 3 mois ou plus.
  • Critères d’exclusion : les mêmes troubles avant le médicament, ou une autre maladie, un autre médicament ou une consommation de substances qui les explique. Les critères demandent aussi de ne pas avoir pris auparavant d’isotrétinoïne ni d’antidépresseur de type ISRS.

Des troubles qui disparaissent après l’arrêt ne relèvent pas du PFS. Un diagnostic psychiatrique ne l’exclut pas. Les critères sont un consensus d’experts, pas une recommandation officielle. Ils ont été établis à partir de cas signalés à RxISK.org, un site sur la sécurité des médicaments auquel trois des auteurs sont liés.

Noms, codes et médicaments en cause

Nom utilisé par les patients
Syndrome post-finastéride (PFS)
Terme MedDRA
Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (terme anglais : « Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome »), code 10082430. MedDRA est le dictionnaire que les agences du médicament utilisent pour enregistrer les signalements d’effets indésirables.
Orphanet (base de données des maladies rares)
Post 5-alpha-reductase inhibitors treatment syndrome (en anglais), ORPHA:686468
Code CIM
Aucun code propre (les codes CIM sont ceux que les médecins utilisent dans les dossiers médicaux). Orphanet le rattache provisoirement à F52.8, un code large pour les dysfonctions sexuelles « non dues à un trouble ou à une maladie organique ».
Médicaments en cause
Le finastéride 1 mg (Propecia et génériques) et les sprays de finastéride, contre la chute de cheveux. Le finastéride 5 mg (Proscar) et le dutastéride (Avodart), contre l’augmentation du volume de la prostate.
Mode d’action
Ils bloquent une enzyme, la 5-alpha-réductase, présente dans tout l’organisme, y compris dans le cerveau. Elle transforme la testostérone en DHT, mais elle fabrique aussi des neurostéroïdes comme l’alloprégnanolone, qui agissent sur le cerveau, les nerfs et l’humeur. La bloquer fait bien plus que ralentir la chute de cheveux et réduire le volume de la prostate.

Les symptômes en détail

Les critères exigent des symptômes sexuels. Selon eux, la dépression, les troubles cognitifs et les idées suicidaires peuvent les accompagner ou apparaître seuls (en anglais).

Les symptômes sexuels viennent des critères de 2022, et le RCP britannique (en anglais) mentionne la dépression, l’anxiété et les idées suicidaires. Les autres viennent surtout de témoignages de patients, rassemblés dans la fiche d’Orphanet (en anglais) et dans une enquête auprès de 131 hommes (en anglais) présentant des symptômes.

Les symptômes peuvent commencer pendant la prise du médicament. Chez certaines personnes, ils apparaissent pour la première fois, ou s’aggravent (en anglais), après l’arrêt. À lire aussi : Arrêt du finastéride : cheveux et effets secondaires.

Qui est touché par le PFS

La plupart des cas publiés concernent des hommes jeunes qui ont pris du finastéride 1 mg contre la chute de cheveux. Au-delà, on sait peu de chose sur les personnes à risque.

  • Âge. Au Royaume-Uni, la dose de 1 mg est autorisée chez les hommes de 18 à 41 ans. Dans les signalements reçus par l’agence américaine du médicament (FDA) (en anglais), les hommes ayant des troubles durables après Propecia étaient plus jeunes que ceux qui avaient pris Proscar, la dose destinée à la prostate.
  • Dose. Des troubles durables ont été signalés après le 1 mg comme après le 5 mg. Au Royaume-Uni, les signalements concernent plus souvent le 1 mg, alors que le 5 mg est davantage prescrit. La MHRA, l’agence britannique du médicament, précise que cela « ne signifie pas nécessairement un niveau de risque différent » (en anglais).
  • Durée du traitement. Dans une enquête du PFS Network auprès de ses propres membres, un peu plus de la moitié des 427 répondants (en anglais) avaient pris du finastéride pendant 200 jours ou moins. Pourtant, dans une étude américaine sur dossiers médicaux (en anglais), les hommes jeunes traités plus de 205 jours avaient davantage de dysfonction érectile durable que ceux traités moins longtemps.
  • Sexe. Le finastéride n’est pas autorisé chez les femmes au Royaume-Uni. Parmi les signalements britanniques d’effets secondaires sexuels recensés par la MHRA en 2023 (en anglais), tous ceux qui précisaient le sexe venaient d’hommes. Nous n’avons trouvé aucune étude sur des effets secondaires durables chez les femmes.
  • Antécédents psychiatriques. Certaines études (en anglais) ont observé des effets secondaires plus fréquents chez les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de troubles psychiques, mais la MHRA note que beaucoup étaient de petite taille et reposaient sur les souvenirs des participants.

Personne ne sait pourquoi certaines personnes sont touchées et d’autres non, et aucun test ne permet de prévoir qui le sera.

Le PFS est-il fréquent ?

Personne ne sait à quel point le PFS est fréquent. Les agences du médicament disposent de centaines de signalements, mais personne n’a mesuré de taux.

Pendant la prise de finastéride, le RCP britannique classe la baisse de la libido et la dépression comme « peu fréquentes » (en anglais), soit de 1 personne sur 1 000 à 1 sur 100. Pour les troubles après l’arrêt, il ne donne aucun chiffre.

Ce qui est signalé

En avril 2024, la MHRA avait reçu, par le dispositif Yellow Card (le système britannique de signalement), 426 signalements de troubles sexuels sous finastéride (en anglais). Dans près de la moitié, l’évolution était notée « non rétabli » ou « non résolu ».

Pourquoi il n’existe pas de taux

Un taux suppose deux chiffres : combien de personnes ont un PFS, et combien ont pris du finastéride. Aucun des deux n’est connu ; la MHRA parle d’une « absence de dénominateur » (en anglais). Le finastéride 1 mg n’est pas prescrit dans le cadre du NHS, le service public de santé britannique, si bien que « les chiffres exacts de prescription ne sont pas disponibles » (en anglais).

Les essais cliniques « ne prévoient pas systématiquement de suivi » (en anglais) pour vérifier que les effets secondaires sexuels disparaissent, écrivent les auteurs des critères. En 2012, la FDA ne connaissait aucune étude contrôlée « permettant de déterminer leur cause ou leur durée » (en anglais).

Les études sur la fréquence

  • Les essais. Pendant le traitement, 3,8 % des hommes sous finastéride (en anglais) ont signalé un effet secondaire sexuel, contre 2,1 % sous placebo (un comprimé sans principe actif). À partir de ces essais, la FDA indique que « seul un faible pourcentage d’hommes » est concerné.
  • Dossiers médicaux. Une étude américaine de 2017 (en anglais) a porté sur 11 909 hommes ayant reçu du finastéride ou du dutastéride. Parmi eux, 167 (1,4 %) ont eu une dysfonction érectile qui a duré au moins 90 jours après l’arrêt. Chez les 4 284 hommes de 16 à 42 ans traités à la dose contre la chute de cheveux, ils étaient 34 (0,8 %). Un seul système de santé, uniquement la dysfonction érectile, aucune preuve d’un lien de cause à effet : ce n’est pas un taux de PFS.

La MHRA ajoute que l’attention des médias et l’effet « nocebo » (en anglais), c’est-à-dire des symptômes provoqués par la crainte d’un effet nocif, peuvent contribuer au nombre de signalements. Une étude avec un groupe de comparaison, qui suivrait les personnes après l’arrêt, permettrait de répondre à la question.

Ce qu’ont fait les agences du médicament

Au Royaume-Uni et aux États-Unis, les agences du médicament préviennent que les effets secondaires sexuels du finastéride peuvent persister après l’arrêt. Aucune n’a reconnu le PFS comme une maladie. Quand des patients l’ont demandé, la MHRA a répondu que cela « ne relève pas des compétences de la MHRA » (en anglais).

1992-1999

Autorisé, avec des effets secondaires sexuels dans la notice

Les États-Unis autorisent le 5 mg en 1992 et le 1 mg en 1997 ; le Royaume-Uni autorise le 1 mg en 1999. Dans les essais, les effets secondaires sexuels mentionnés dans les notices « ont disparu chez les patients qui ont arrêté ».

2010-2013

Royaume-Uni : des troubles qui ont persisté après l’arrêt

Les informations officielles britanniques sur le médicament ajoutent des signalements de dysfonction érectile ayant persisté après l’arrêt (2010), puis de baisse de la libido et de troubles de l’éjaculation (2013).

2011-2012

États-Unis : des troubles qui ont continué après l’arrêt

Les notices américaines ajoutent une dysfonction érectile qui « a continué après l’arrêt du médicament » (2011), puis des troubles de la libido, de l’éjaculation et de l’orgasme (avril 2012). Sur 421 signalements examinés par la FDA, 59 ont duré 3 mois ou plus. La FDA souligne que des liens de causalité clairs « n’ont pas été établis ».

Mai 2017

Royaume-Uni : dépression et idées suicidaires

La MHRA fait état de cas de dépression et, « dans de rares cas, d’idées suicidaires ». Il est demandé aux médecins de conseiller d’arrêter « immédiatement » la dose de 1 mg si une dépression apparaît.

2022

États-Unis : dépression et idées suicidaires dans la notice

À la suite d’une décision de la FDA en mai 2022, la notice de Propecia mentionne « la dépression, les idées et comportements suicidaires » parmi les effets indésirables signalés depuis la mise sur le marché.

Avril 2024

Royaume-Uni : une carte patient dans les boîtes de 1 mg

Le réexamen de la MHRA constate que les effets secondaires figurent dans la notice, mais qu’ils sont « mal connus des prescripteurs et des patients ». Une carte glissée dans chaque boîte de 1 mg indique désormais qu’ils peuvent persister après l’arrêt.

2024-2025

UE : les idées suicidaires confirmées

Un réexamen européen, lancé à la demande de la France, confirme les idées suicidaires comme effet indésirable des comprimés de finastéride. Leur fréquence est « indéterminée ». Les boîtes de 1 mg reçoivent une carte patient.

Avril 2025

États-Unis : une mise en garde sur les sprays préparés en pharmacie

La FDA fait état de 32 cas, de 2019 à 2024, avec des sprays de finastéride préparés en pharmacie. Dans la plupart, les troubles « ont continué à persister après l’arrêt du produit ».

Mai 2026

Royaume-Uni : des mises en garde renforcées

La MHRA indique que le finastéride « est associé à la dépression, aux idées suicidaires et à une dysfonction sexuelle qui peut persister après l’arrêt du traitement ». Les informations officielles du 1 mg préviennent désormais que les troubles sexuels peuvent contribuer à une baisse de moral.

Comment le finastéride 1 mg est délivré au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le finastéride 1 mg n’est pas prescrit dans le cadre du NHS. On se le procure dans des cliniques privées ou, « plus souvent » (en anglais), auprès de pharmacies en ligne. Encadrer les pharmacies « ne relève pas des compétences de la MHRA » ; c’est le General Pharmaceutical Council, l’autorité britannique de régulation de la pharmacie, qui fixe leurs normes.

Certaines pharmacies en ligne évaluent et suivent les patients de façon rigoureuse, a constaté la MHRA, « d’autres non ».

Le finastéride est-il sûr ? Ce que concluent les agences

En 2025, l’EMA (l’Agence européenne des médicaments) a conclu que les bénéfices du finastéride et du dutastéride « continuent de l’emporter sur leurs risques pour toutes les indications autorisées » (en anglais). Aucune agence ne peut encore dire à quelle fréquence surviennent les atteintes durables.

Au 31 mai 2025, la MHRA avait reçu 170 signalements d’idées suicidaires et de termes apparentés (en anglais) sous finastéride, et 19 signalements de décès par suicide. Ce sont des signalements, pas un taux. La MHRA précise qu’un signalement « ne signifie pas nécessairement que le médicament a causé la réaction ».

Si tout cela vous touche de près : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

La recherche sur le PFS

La recherche sur le PFS est peu abondante et vient surtout de quelques équipes. Elle a relevé des différences chez les hommes atteints de PFS, mais « on ne sait pas clairement si elles étaient présentes avant le traitement » (en anglais).

La première série de cas (2011)

Des médecins de l’université George Washington ont interrogé 71 hommes dont les effets secondaires sexuels duraient depuis au moins 3 mois après l’arrêt. Parmi eux, 94 % avaient une libido basse et 92 % une dysfonction érectile, en moyenne depuis 40 mois.

Des hommes choisis pour leurs symptômes durables, sans groupe de comparaison. Les auteurs citent un biais de sélection (qui a participé) et un biais de mémoire (le recours aux souvenirs).

La dépression après le finastéride (2012)

Sur 61 personnes qui avaient pris du finastéride et gardaient des effets secondaires sexuels durables, 46 (75 %) avaient des symptômes de dépression. C’était aussi le cas de 3 hommes sur 29 (10 %) souffrant de chute de cheveux qui n’en avaient jamais pris.

Petite étude, et les personnes qui avaient pris du finastéride ont été choisies pour leurs symptômes durables. La dépression a été mesurée par questionnaire. Une tendance, pas un taux.

Aucun déficit hormonal trouvé (2016)

Une équipe de Harvard a comparé 25 hommes aux symptômes durables, 13 personnes ayant pris le médicament sans symptômes et 18 qui ne l’avaient jamais pris. La testostérone et la DHT ne différaient pas. Les hommes symptomatiques signalaient plus de dépression et de troubles cognitifs, mais obtenaient des résultats normaux aux tests cognitifs.

Petite étude, avec une seule mesure : elle ne peut pas montrer de cause. Financée en partie par la Post-Finasteride Syndrome Foundation, une organisation à but non lucratif qui soutient la recherche.

Hormones cérébrales et un gène (2017, 2019)

Une équipe milanaise a étudié le liquide céphalorachidien (qui baigne le cerveau et la moelle épinière) de 16 hommes atteints de PFS. Les hormones qui agissent sur le cerveau (les stéroïdes neuroactifs) étaient modifiées. Le gène de l’enzyme que bloque le finastéride portait plus souvent une marque chimique capable de l’inactiver : chez 9 hommes sur 16, contre 1 homme en bonne santé sur 13.

De petites études pilotes. Les auteurs « ne peuvent pas conclure » quant à la présence de ce profil génétique avant le finastéride.

L’activité des gènes dans la peau du pénis (2021)

Une équipe américaine a comparé la peau du pénis de 26 hommes présentant des symptômes de PFS à celle de 26 hommes opérés d’une circoncision. Chez les hommes atteints de PFS, l’activité de 3 764 gènes était augmentée ou diminuée, dont celle du gène du récepteur aux androgènes (qui réagit à la testostérone).

Un seul tissu, aucun prélèvement antérieur au médicament, et ces hommes ne sont peut-être pas représentatifs. Les auteurs précisent que l’étude ne peut pas montrer de cause.

Des études chez le rat (2025 et 2026)

Des rats traités 20 jours par finastéride ont peu changé pendant le traitement, mais ont développé une inflammation de l’intestin et du cerveau et des comportements anxieux après l’arrêt. En 2025, l’alloprégnanolone, une hormone que l’organisme fabrique, a réduit plusieurs des changements inflammatoires.

Des rats, pas des humains, après un traitement court. Ce sont les deux premières études du Milano Project, pour lequel SIDEfxHUB collecte des fonds.

La plupart de ces études ont mesuré de petits groupes d’hommes atteints de PFS une seule fois, après la prise du médicament. Suivre des personnes dès avant le début du traitement montrerait quels changements sont apparus en premier.

Le diagnostic du PFS

Il n’existe aucun test pour le PFS. Un médecin le diagnostique à partir de votre récit et de vos antécédents, en s’appuyant sur les critères de 2022 : ce que vous avez pris, quand, et ce qui a changé.

Votre médecin n’a peut-être jamais rencontré ce syndrome. Les auteurs des critères écrivent que ces maladies sont « peu connues et mal comprises des professionnels de santé » (en anglais).

Ce qu’il faut apporter à votre médecin

  • La carte patient trouvée dans la boîte, si vous l’avez : elle indique que ces effets peuvent persister.
  • Une copie imprimée des critères de 2022 (en anglais), en accès libre.
  • Votre dose, et à peu près quand vous avez commencé et arrêté.
  • Ce qui a changé, et quand. Précisez si cela a commencé ou continué après l’arrêt.
  • Tout changement d’humeur, même s’il vous semble sans rapport.
  • Vos autres médicaments, passés et actuels, en particulier les antidépresseurs ou l’isotrétinoïne.

Écarter d’autres causes

Les critères exigent qu’aucune autre maladie, aucun autre médicament ni aucune substance n’explique vos symptômes. Un médecin peut donc d’abord rechercher d’autres causes. Cela fait partie d’un diagnostic sérieux ; ce n’est pas un signe de doute à votre égard.

Des analyses de sang normales ne tranchent la question ni dans un sens ni dans l’autre. Des taux hormonaux à la limite de la normale peuvent être « une conséquence de ces maladies plutôt qu’une cause » (en anglais), écrivent les auteurs des critères.

Traitement du PFS et rétablissement

Il n’existe aucun traitement autorisé pour le PFS. En septembre 2026, nous n’avons trouvé aucun essai de traitement enregistré sur ClinicalTrials.gov (en anglais).

Ce que la recherche teste

Le Milano Project de l’université de Milan, dirigé par le professeur Roberto Melcangi et pour lequel SIDEfxHUB collecte des fonds, travaille à un éventuel traitement. Chez le rat, l’alloprégnanolone a réduit plusieurs changements (en anglais) observés après l’arrêt du finastéride. Elle n’a pas été testée chez l’humain.

Le PFS est-il permanent ?

Il peut l’être. Le PFS « peut persister des mois, des années ou indéfiniment » (en anglais) après l’arrêt du médicament, écrivent les auteurs des critères. Le nombre de personnes qui se rétablissent complètement « n’a jamais été correctement étudié ».

Une étude de suivi de 2012 (en anglais) a réévalué 54 hommes 9 à 16 mois plus tard : 96 % avaient encore des symptômes. Mais ils avaient été choisis parce que leurs symptômes duraient déjà, et cette étude ne peut donc rien vous dire de vos propres chances.

Personne ne peut donc vous dire si votre PFS passera. À lire aussi : Syndrome post-finastéride : un rétablissement complet ?

Comment juger un traitement qu’on vous propose

Vous verrez peut-être des traitements proposés en ligne ou dans des cliniques privées. Nous n’en recommandons aucun. Ces questions vous aideront, avec votre médecin, à juger un traitement proposé :

  • A-t-il été testé chez des personnes atteintes de PFS, avec un groupe de comparaison ? Ou seulement dans des cas cliniques publiés, des témoignages de patients ou chez l’animal ?
  • Quels sont ses propres effets secondaires, et que se passe-t-il à l’arrêt ?
  • Combien coûte-t-il, et la personne qui le recommande le vend-elle aussi ?
  • Est-ce que votre propre médecin saura que vous le prenez ?

Ce que fait SIDEfxHUB

SIDEfxHUB est une association de patients britannique (registered charity 1203385) pour les personnes qui vivent avec le PFS, la PSSD et le PAS. Nous finançons la recherche, agissons pour faire reconnaître ces maladies et soutenons les patients.

  • Le registre. Notre registre suit les personnes sur des mois et des années. Les personnes inscrites l’ont choisi : il ne peut donc pas dire à quel point le PFS est fréquent. Il peut montrer comment les symptômes évoluent dans le temps, ce qu’un signalement ponctuel ne permet pas.
  • La recherche. Nous collectons des fonds pour le Milano Project de l’université de Milan, qui étudie ce que le finastéride et les ISRS modifient dans l’organisme. Ses deux études publiées à ce jour ont été menées chez le rat.

Sources

Registre PFS, PSSD, PAS

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