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Fatigue et Accutane : peut-elle durer ?

À bout de forces depuis l’isotrétinoïne ? Ce que disent les textes officiels sur la fatigue, quand consulter vite, et quoi apporter au médecin.

Fatigue et Accutane : peut-elle durer ?

Vous êtes à bout de forces depuis l’Accutane (isotrétinoïne, vendue au Royaume-Uni sous le nom de Roaccutane et en France sous ceux de Contracné, Curacné ou Procuta) ? La notice de la FDA cite la fatigue parmi les effets secondaires signalés, et certaines personnes atteintes du syndrome post-Accutane (PAS) disent que leur fatigue a duré des années après l’arrêt.

La fatigue a de nombreuses causes courantes, et votre médecin traitant peut les rechercher. Sous isotrétinoïne, elle peut aussi être un signe d’alerte : la notice britannique associe la fatigue à des problèmes de foie et de reins qui demandent de voir un médecin tout de suite.

Stefan avait 15 ans quand il a commencé l’Accutane, et il l’a arrêté en mai 2006. « C’est quand je l’ai arrêté que j’ai fait un crash », a-t-il raconté à Moral Medicine. Son corps, dit-il, lui donnait « l’impression d’avoir 90 ans ».

Plus de 18 ans plus tard, il en subit toujours les conséquences. « La fatigue chronique, c’est vraiment constant », dit-il. Un jour où il a assez d’énergie pour jouer de la guitare est un bon jour.

Que disent les textes officiels sur la fatigue ?

La fatigue est-elle un effet secondaire de l’Accutane ?

La notice de la FDA dit que oui, sans pouvoir dire à quelle fréquence. Elle cite la fatigue, la léthargie, la faiblesse et une sensation générale de malaise parmi les réactions observées dans des essais cliniques ou signalées après la commercialisation du médicament.

Les dossiers d’un médecin en donnent une idée approximative. Dans une revue néo-zélandaise (en anglais) des dossiers de ses patients, environ 1 personne sur 8 a signalé de la fatigue pendant le traitement, plus souvent à des doses élevées. La revue ne dit pas comment les gens se sentaient après la fin du traitement.

La notice britannique ne cite pas la fatigue en tant que telle. Elle qualifie de très rare une « sensation générale de malaise ». Elle indique aussi que la somnolence a été signalée très rarement et que, si elle survient, il ne faut pas conduire. La page du NHS sur l’isotrétinoïne (en anglais) ne parle pas de fatigue.

Une boîte blanche de Roaccutane 10 mg (isotrétinoïne) portant un avertissement rouge sur la grossesse en anglais, en français et en arabe, en partie recouverte d’une plaquette argentée sur laquelle repose une capsule rose
Roaccutane 10 mg, une marque d’isotrétinoïne. La notice d’une boîte britannique ne cite pas la fatigue comme effet secondaire en tant que tel. Cette boîte est étiquetée en anglais, en français et en arabe. Photo : Jpogi et André Teixeira Lima, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons ; taille réduite.

Les personnes concernées parlent de syndrome post-Accutane quand des troubles continuent après l’arrêt de l’isotrétinoïne. Il ne se limite pas à la fatigue, ni aux troubles sexuels auxquels son nom est souvent associé. En 2022, des médecins et des chercheurs ont proposé des critères (en anglais) qui citent des troubles cognitifs, une dépression, et des changements de la peau, des articulations et de l’intestin.

La fatigue de l’Accutane peut-elle durer après l’arrêt ?

Certaines personnes le disent, mais le sujet a à peine été étudié. La notice britannique dit que les effets secondaires « sont généralement réversibles après une modification de la dose ou l’arrêt du traitement, mais certains peuvent persister après l’arrêt du traitement ». Elle ne dit pas lesquels, ni pendant combien de temps.

La seule publication que nous ayons trouvée sur la fatigue après un traitement est une petite étude parue dans une revue américaine (en anglais) : sept entretiens vidéo de personnes qui décrivent des effets à long terme. Quatre ont décrit des symptômes neurologiques, comme le brouillard mental et la fatigue, qui ont continué après l’arrêt ou sont apparus ensuite. Sept personnes ne permettent pas de dire à quelle fréquence cela arrive.

Elliot a pris du Roaccutane à 17 ans. Dans cet extrait, 13 ans plus tard, il décrit ses années entre 20 et 30 ans. Vu de l’extérieur, il avait l’air occupé et actif. À l’intérieur, dit-il, il était « toujours fatigué, dans le brouillard, déconnecté ».

Un extrait de l’entretien d’Elliot avec Moral Medicine, janvier 2025. Il va de 1:12:36 à 1:13:12, moins d’une minute, en anglais avec les sous-titres automatiques de YouTube. Les opinions exprimées sont les siennes.

Chez certaines personnes, la fatigue a duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela s’atténuera.

Ma fatigue pourrait-elle venir d’autre chose ?

Oui, et certaines causes demandent de voir un médecin rapidement. La notice britannique dit d’arrêter immédiatement le Roaccutane et de contacter votre médecin si la fatigue s’accompagne des signes ci-dessous.

La fatigue qui demande de voir un médecin tout de suite, selon la notice britannique

  • Avec un jaunissement de la peau ou des yeux. Ce peut être le signe d’une hépatite, une inflammation du foie.
  • Avec des difficultés à uriner ou des paupières gonflées et bouffies. Ce peuvent être des signes d’inflammation des reins.

La notice les qualifie tous deux de très rares. Elle cite aussi l’anémie, avec faiblesse, vertiges et pâleur, parmi ses effets secondaires très fréquents.

Le manque d’énergie peut aussi être un signe de dépression. Le Medication Guide américain, la notice destinée aux patients, cite le fait d’avoir « l’impression de ne plus avoir d’énergie » parmi les signes à signaler tout de suite à un médecin. Notre page Isotrétinoïne et dépression après l’arrêt en dit plus. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

La fatigue a aussi des causes courantes. La page du NHS sur la fatigue (en anglais) cite le manque de sommeil, le stress et certaines maladies, comme la mononucléose. Elle conseille de voir un médecin généraliste si la fatigue dure depuis quelques semaines sans raison connue. Nos pages Insomnie après Accutane : peut-elle durer ? et Syndrome post-Accutane : une analyse de sang ? peuvent aider.

Que puis-je faire ?

Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, la décision se prend entre vous et le médecin qui vous a prescrit le traitement. Suivez ce que dit la notice sur les signes d’alerte ci-dessus.

Apportez vos dates à votre médecin traitant : « Roaccutane 30 mg par jour à partir de février 2024, dernière capsule en août 2024. Épuisement depuis, même après une nuit complète. »

Trois questions à poser à votre médecin

  1. Quelles causes courantes faut-il écarter, et comment ?
  2. Cela pourrait-il être l’un des effets secondaires qui, selon la notice, peuvent persister après l’arrêt ?
  3. Mes dates d’isotrétinoïne peuvent-elles figurer dans mon dossier, et pouvons-nous signaler cet effet ?

Vous pouvez commencer par : « Je suis à bout de forces depuis mon traitement par isotrétinoïne, et cela ne s’est pas amélioré depuis l’arrêt. »

Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Vous pouvez signaler un effet secondaire sans l’accord d’un médecin.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Une note de votre médecin vous aide. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère les tendances.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
  • Employez les bons mots. Le syndrome post-Accutane n’a pas encore de terme MedDRA : nommez chaque symptôme, fatigue comprise, et précisez qu’il a persisté après l’arrêt.

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Le film de la MHRA sur la façon de faire un signalement Yellow Card, novembre 2024, environ 90 secondes, en anglais. Il concerne tous les médicaments, pas spécialement le syndrome post-Accutane.

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

Comment la décrire à mon médecin ? Avec vos propres mots : envie de dormir, lourdeur, épuisement ou manque d’entrain. Si vous ressentez plutôt un émoussement émotionnel que de la fatigue, notre page Anesthésie émotionnelle après l’isotrétinoïne en parle.

L’Accutane rend-il somnolent ? La notice britannique dit que la somnolence a été signalée très rarement. La notice de la FDA cite la somnolence et la léthargie sans en préciser la fréquence. Dans tous les cas, en cas de somnolence, ne conduisez pas.

La fatigue est-elle un signe de syndrome post-Accutane ? Pas à elle seule. La fatigue est fréquente et a de nombreuses causes. Des personnes atteintes du syndrome post-Accutane la décrivent, mais les critères proposés en 2022 ne la citent pas.

Pour Stefan, un jour avec assez d’énergie pour jouer de la guitare est un bon jour. Si les vôtres sont rares aussi, dites-le dans un signalement, en précisant quand cela a commencé.

Sources

  1. Absorica et Absorica LD (isotrétinoïne), notice de la FDA et Medication Guide (en anglais), révision d’août 2026, consultée le 6 novembre 2026. DailyMed, Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis. Section 6, réactions « identifiées dans des essais cliniques ou des signalements après commercialisation ». Elle précise qu’« il n’est pas toujours possible d’estimer de façon fiable leur fréquence ni d’établir un lien de causalité avec l’exposition au médicament ». Ensemble du corps : « fatigue ». Neurologique : « somnolence, léthargie, malaise », « faiblesse ». Medication Guide, signes de dépression ou de psychose à signaler « tout de suite » : « avoir l’impression de ne plus avoir d’énergie », « dormir trop ou avoir du mal à dormir », « perdre l’intérêt pour des activités que vous aimiez ».
  2. Roaccutane 10 mg et 20 mg capsules molles, notice (en anglais), Electronic Medicines Compendium (EMC 100633), dernière révision en avril 2026, consultée le 6 novembre 2026. Très rare (« peut toucher jusqu’à 1 personne sur 10 000 ») : « Jaunissement de la peau ou des yeux, et fatigue. Ce peuvent être des signes d’hépatite. Arrêtez immédiatement de prendre Roaccutane et contactez votre médecin. » Et : « Difficultés à uriner, paupières gonflées et bouffies, fatigue excessive. Ce peuvent être des signes d’inflammation des reins. » Dans la liste des effets très rares : « Sensation générale de malaise » et « Convulsions, somnolence, vertiges ». Rubrique conduite : « La somnolence et les vertiges ont été signalés très rarement. Si cela vous arrive, vous ne devez pas conduire ni utiliser de machines. » Également cité : « Anémie - faiblesse, vertiges, pâleur ». Section 4 : les effets secondaires « sont généralement réversibles après une modification de la dose ou l’arrêt du traitement, mais certains peuvent persister après l’arrêt du traitement ». La notice ne cite pas la fatigue comme effet secondaire en tant que tel.
  3. Roaccutane, résumé des caractéristiques du produit (en anglais), EMC 100633, consulté le 6 novembre 2026. Tableau de la section 4.8 : « malaise » et « somnolence » dans la colonne « très rare ». Aucune entrée pour la fatigue.
  4. NHS, Isotretinoin (Roaccutane) (en anglais), page mise à jour le 7 juillet 2026, consultée le 6 novembre 2026. Cite la sécheresse de la peau, les éruptions et la sensibilité au soleil parmi les effets secondaires ; la fatigue n’est pas mentionnée.
  5. NHS, Tiredness and fatigue (en anglais), page mise à jour le 12 novembre 2025, consultée le 6 novembre 2026. Parmi les causes courantes : « ne pas dormir assez ou avoir du mal à s’endormir (insomnie) », « le stress, la dépression et les difficultés de la vie » et « certaines maladies, comme la mononucléose et la COVID-19 ». Voir un médecin généraliste si « vous ressentez de la fatigue depuis quelques semaines sans savoir pourquoi » ou si « votre fatigue a des conséquences sur votre vie quotidienne ».
  6. Rademaker M. Adverse effects of isotretinoin: a retrospective review of 1743 patients started on isotretinoin (en anglais). Australas J Dermatol 2010;51(4):248-53. Les patients d’un dermatologue en Nouvelle-Zélande sur six ans ; revue des dossiers. Résumé : fatigue « observée chez 12 % », liée à la dose, « 5 % » sous 0,25 mg/kg/jour contre « 18 % » au-dessus de 0,75 mg/kg/jour ; la fatigue a conduit 12 patients à arrêter. Les patients ont commencé l’isotrétinoïne « pour diverses affections dermatologiques » ; le résumé décrit les effets secondaires « pendant la période d’étude » et ne dit rien de l’après-traitement. Résumé lu via PubMed (NCBI E-utilities) le 6 novembre 2026.
  7. Ghadimi TR, Martinez MJ, Rieder EA. Self-reported long-term side effects of isotretinoin: a case series (en anglais). J Drugs Dermatol 2023;22(4):423-424. Sept entretiens vidéo issus d’une même chaîne YouTube. Non indexé sous « fatigue » dans PubMed ; trouvé grâce à nos propres pages. Notre recherche PubMed du 6 novembre 2026 (isotrétinoïne et fatigue dans le titre ou le résumé, 21 résultats) n’a trouvé aucune étude sur la fatigue après la fin d’un traitement. Parmi les symptômes qui « ont persisté après l’arrêt de l’isotrétinoïne ou sont apparus après l’arrêt » figuraient des « symptômes neurologiques (4/7) (brouillard mental et fatigue) » ; l’article donne le brouillard mental et la fatigue comme exemples pour le groupe et ne dit pas combien de personnes avaient chacun. Sept personnes, pas de groupe de comparaison. Consulté le 6 novembre 2026.
  8. Healy D, Bahrick A, Bak M et collaborateurs. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés par un groupe d’experts, pas un diagnostic officiel. Section 6 : parmi les effets de l’isotrétinoïne qui « peuvent survenir indépendamment de toute difficulté sexuelle » figurent « l’altération cognitive », « des changements de la peau », « des changements articulaires », « des changements intestinaux », « la dépression » et « la suicidalité ». La fatigue n’y figure pas (recherche du 6 novembre 2026).
  9. Moral Medicine, entretien avec Stefan, 11 décembre 2024, cité sans lien (comme sur nos autres pages, car le début du film évoque le suicide d’un autre jeune homme). Arrêt en mai 2006 à 11:28. « C’est quand je l’ai arrêté que j’ai fait un crash » et « l’impression d’avoir 90 ans » à 11:06. « La fatigue chronique, c’est vraiment constant » à 13:22 ; un jour avec « un peu d’énergie pour regarder la télé, jouer à un jeu vidéo ou jouer de la guitare, c’est un bon jour pour moi » à 13:24. Citations tirées des sous-titres automatiques de YouTube, légèrement ponctuées ; nous ne citons que des phrases dont l’auteur est clair. Son histoire sur notre site : Stefan : de l’Accutane à 15 ans.
  10. Moral Medicine, He Took Accutane at 17. His Life Never Returned to Normal. (en anglais), entretien avec Elliot, 28 janvier 2025 (le titre est celui de la chaîne). Notre page diffuse de 1:12:36 à 1:13:12. Treize ans depuis l’arrêt à 1:11:19. « J’étais fatigué tout le temps » à 1:12:51 et « toujours fatigué, dans le brouillard, déconnecté » à 1:12:56, après s’être décrit comme « tout le temps au travail ». Citations tirées des sous-titres automatiques de YouTube.
  11. MHRA, Yellow Card - How to report (en anglais), 12 novembre 2024.
  12. Termes MedDRA tels qu’ils figurent dans nos données sur le signalement. Il n’existe pas de terme pour les effets durables après l’isotrétinoïne.

Sources vérifiées le 6 novembre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique. Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

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