ISRS à faible dose : PSSD possible quand même ?
Certaines personnes décrivent une PSSD après une faible dose d’ISRS. Dose élevée : plus d’effets sexuels. Aucune étude trouvée sur le risque à faible dose.
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Certaines personnes disent avoir eu une dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD) alors qu’elles n’avaient pris qu’une faible dose d’un antidépresseur ISRS, comme l’escitalopram ou la sertraline. La PSSD désigne des troubles sexuels qui peuvent durer après l’arrêt. Nous avons cherché en octobre 2026 et n’avons trouvé aucune étude qui ait testé si une faible dose la rend moins probable.
La PSSD ne se résume pas à la sexualité. En 2022, un groupe de médecins et de chercheurs a proposé une liste de critères pour la reconnaître (en anglais). Son signe principal est une modification durable de la sensibilité des organes génitaux, souvent un engourdissement. La liste cite aussi un émoussement émotionnel, des troubles de la concentration et de la mémoire, et des changements dans d’autres sens, comme le goût ou l’odorat.
La page du NHS sur l’escitalopram (en anglais) indique qu’une faible dose au départ « réduit le risque d’effets secondaires ». Il s’agit des effets secondaires pendant que vous le prenez. La page ne dit rien des troubles qui continuent après le dernier comprimé, quelle que soit la dose.
L’essentiel en trois points
- La notice britannique de Cipralex (escitalopram) (en anglais), qui couvre aussi le comprimé de 5 mg, avertit que des troubles sexuels, dans certains cas, « se sont prolongés après l’arrêt du traitement ».
- Une revue de 2026 (en anglais) cite une dose plus élevée parmi les facteurs associés à davantage d’effets secondaires sexuels pendant la prise d’antidépresseurs.
- Nous n’avons trouvé aucune étude qui ait testé si une faible dose réduit le risque de PSSD. Une revue de 2023 (en anglais) a demandé cette recherche.
Presse : contact@sidefxhub.com
Stephen a pris de l’escitalopram (Lexapro) pendant environ 15 ans sans problème. Sept mois après l’arrêt, il était anxieux à cause de son travail et de son logement, et il a repris une faible dose. Il a arrêté au bout de six jours. Dans cet extrait, il explique pourquoi il ne s’inquiétait pas, et ce qui s’est passé ensuite.
« C’est une prise très courte, c’est une faible dose », pensait-il alors. « Si j’arrête maintenant, tout redeviendra normal. » Une semaine et demie plus tard, ses organes génitaux se sont engourdis, et il ne ressentait plus rien pour sa famille. Quand il a été filmé, près de trois ans après, cela ne s’était pas dissipé.
Une dose plus faible entraîne-t-elle moins d’effets secondaires sexuels ?
Probablement, tant que vous prenez les comprimés. La revue de 2026 cite une dose plus élevée parmi les facteurs qui y sont associés.
La notice américaine destinée aux médecins pour la paroxétine, un autre ISRS, le montre dans un essai mené auprès de personnes atteintes d’un trouble panique. Elles prenaient chaque jour l’une de trois doses. La baisse du désir sexuel et les troubles de l’éjaculation figuraient parmi les effets secondaires qu’elle qualifie de « liés à la dose » : ils survenaient davantage quand la dose augmentait.
Une dose plus faible ne veut pourtant pas dire aucun effet secondaire. La notice britannique de Cipralex classe les troubles sexuels parmi les effets fréquents : éjaculation retardée, troubles de l’érection, baisse du désir sexuel et, chez les femmes, difficulté à atteindre l’orgasme.
Une PSSD peut-elle survenir après une faible dose ?
Certaines personnes disent que oui. Stephen en fait partie. Anthony a pris 25 mg de sertraline parce qu’il dormait mal, 11 comprimés en tout. Notre article sur la PSSD après quelques comprimés raconte son histoire.
Luis était un peu anxieux et dormait mal. Il a pris de la paroxétine à ce qu’il appelle « la dose minimale ». « C’est presque rien », dit-il. Environ deux mois après son dernier comprimé, ses organes génitaux ont commencé à s’engourdir, peu à peu. Nous avons parlé de lui dans notre article sur la disparition des érections matinales après un ISRS.
Ce sont les récits des personnes elles-mêmes. Ils ne disent pas à quelle fréquence cela arrive. Le cas de Stephen ne montre pas non plus si la faible dose a joué un rôle, puisqu’il avait déjà pris le même médicament pendant des années.
Si votre médecin ne connaît pas la PSSD, cet extrait de la professeure Joanna Moncrieff, psychiatre, mérite d’être montré. C’est un éclairage général sur la maladie, pas sur la dose.
Le risque de PSSD est-il plus faible avec une faible dose ?
Nous ne le savons pas. Les deux seules études que nous avons trouvées qui s’intéressaient à la dose étaient des enquêtes en ligne destinées à des personnes atteintes de PSSD.
L’enquête de 2015 (en anglais) a constaté que la dose prise ne permettait pas de prédire la gravité des symptômes. Dans l’enquête de 2021 (en anglais), parmi les personnes qui ont répondu, davantage avaient pris des « doses relativement élevées ».
Aucune des deux n’a cherché à joindre des personnes qui avaient pris un ISRS et allaient bien. Ni l’une ni l’autre ne peut donc montrer si une faible dose rend la PSSD moins probable.
Des personnes sous faible dose et des personnes sous dose habituelle.
Y compris celles qui se sentent bien.
Qui a encore des troubles plus tard : faible dose contre dose habituelle.
Que puis-je faire ?
Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider. N’arrêtez pas du jour au lendemain.
Si quelque chose a changé, une faible dose n’est pas une raison de minimiser ce changement. Dites à votre médecin ce qui a changé et quand, avec votre dose et vos dates : « Escitalopram 5 mg à partir du 3 mars 2026, dernier comprimé le 9 mars. Organes génitaux engourdis depuis le 20 mars. » Mentionnez aussi les changements au-delà de la sexualité, comme avoir les émotions en sourdine.
Trois questions à poser à votre médecin
- Ces troubles pourraient-ils être l’effet durable que décrit la notice, même à ma dose ?
- Qu’est-ce qui pourrait l’expliquer d’autre, et comment le vérifier ?
- Cela peut-il être noté dans mon dossier et signalé à l’ANSM ?
Vous pouvez commencer ainsi : « J’étais sous une faible dose, mais quelque chose a changé et cela n’est pas revenu à la normale. »
Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Apportez la phrase de la notice. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch. Notre guide Comment signaler une PSSD au Yellow Card montre chaque étape.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction).
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
Mes troubles ont commencé quand ma dose a baissé. Est-ce possible ? Certaines personnes le disent. La liste de critères de 2022 indique qu’un trouble durable n’apparaît parfois qu’une fois le médicament arrêté. Dans un recueil de signalements de patients, trois personnes sous ISRS ont dit que leur vie sexuelle s’était dégradée peu à peu à mesure que leur dose baissait. Dites à votre médecin ce que vous remarquez quand la dose change, et n’arrêtez pas du jour au lendemain. Notre article PSSD ou sevrage : quelle différence ? explique la différence.
Et une faible dose contre les bouffées de chaleur ? Aux États-Unis, la paroxétine à 7,5 mg (Brisdelle) est autorisée contre les bouffées de chaleur de la ménopause. Même à cette dose, sa notice pour les médecins avertit qu’elle peut diminuer le désir sexuel et retarder l’orgasme. Notre article sur la PSSD chez la femme présente ce que décrivent les femmes.
Tous les ISRS portent-ils cet avertissement ? En 2019, l’Agence européenne des médicaments a demandé (en anglais) que la phrase « Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement » figure dans les notices de six ISRS, dont l’escitalopram, la sertraline et la paroxétine. Elle a demandé la même chose pour quatre IRSN, un groupe voisin d’antidépresseurs. Notre liste des antidépresseurs liés à la PSSD les nomme.
Stephen était convaincu que six jours à faible dose ne pouvaient pas avoir d’importance. Si la PSSD ressemble à ce qui vous est arrivé, signalez-le avec votre dose et vos dates. Même avec une faible dose, votre signalement compte.
Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
Sources
- Cipralex 5 mg, 10 mg et 20 mg, comprimés pelliculés, notice (en anglais), Lundbeck, Electronic Medicines Compendium (EMC 7718), dernière révision en mai 2025. Une seule notice pour les trois dosages. Rubrique 2 : « Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement. » (en anglais dans l’original : « In some cases, these symptoms have continued after stopping treatment. ») Rubrique 4, fréquents (jusqu’à 1 personne sur 10) : « Troubles sexuels (éjaculation retardée, troubles de l’érection, baisse du désir sexuel ; les femmes peuvent avoir des difficultés à atteindre l’orgasme) ». Rubrique 3 : « N’arrêtez pas de prendre Cipralex avant que votre médecin ne vous le dise. »
- NHS, Escitalopram (en anglais), une page avec toutes les rubriques, dernière révision le 18 juin 2026 : « Votre médecin peut vous prescrire une faible dose au départ et l’augmenter au bout de quelques semaines. Cela réduit le risque d’effets secondaires. » La page cite la baisse du désir sexuel parmi les effets secondaires fréquents et ne dit pas que des troubles sexuels peuvent continuer après l’arrêt.
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés. Rubrique 3 : le changement central de la sensibilité des organes génitaux ; les symptômes accessoires non sexuels « peuvent inclure » un « émoussement émotionnel », une « dépersonnalisation », « d’autres troubles sensoriels touchant la peau, l’odorat, le goût ou la vue » et des « troubles cognitifs ». Rubrique 9 : « un trouble sexuel durable peut n’apparaître qu’à l’arrêt du médicament, ou un trouble léger sous traitement peut s’aggraver à l’arrêt ». L’article ne fixe aucun seuil de dose.
- Zini J, Turecki G. Antidepressant-induced sexual dysfunction in adults: a targeted scoping review and clinical update (en anglais). J Clin Psychopharmacol 2026 juin. Résumé lu : 65 études ; « Les facteurs de risque signalés ont été associés à une dose d’antidépresseur plus élevée, au sexe masculin, à un âge plus avancé, à un trouble sexuel préexistant et à une dépression plus grave. » Concerne les effets secondaires pendant le traitement.
- Paxil (paroxétine), comprimés, notice américaine (en anglais), Apotex, DailyMed, révisée en septembre 2026. Rubrique 6.1, une étude de 10 semaines à dose fixe dans le trouble panique (PD-1), avec 10, 20 et 40 mg contre placebo. Parmi les « effets indésirables liés à la dose » (« Dose-related adverse reactions ») figurent la « baisse de la libido » (« libido decreased ») et l’« éjaculation anormale » (« abnormal ejaculation »). Dans les études à dose fixe de 20 et 40 mg, l’« éjaculation anormale » était aussi liée à la dose dans le trouble d’anxiété généralisée, et l’« impuissance et l’éjaculation anormale » dans le trouble de stress post-traumatique. Deux autres études à dose fixe (OCD-1, SAD-3) n’ont montré « aucun lien clair » avec la dose.
- Moral Medicine, I Took Lexapro for 15 Years Without a Problem. Six Days Changed My Life Forever (en anglais), entretien avec Stephen, 20 juillet 2026, intégré ici sous forme d’extrait de 5:40 à 6:28. D’après les sous-titres automatiques de YouTube. Environ 15 ans sous ce médicament (4:31 à 4:36). Arrêt progressif, puis environ sept mois de bien-être (4:51 à 5:01). Anxieux à cause du logement et du travail, de nouveau « une faible dose de Lexapro » (5:08 à 5:25). Arrêt « après 6 jours » (5:40 à 5:43). « C’est une prise très courte, c’est une faible dose. Si j’arrête maintenant, tout redeviendra normal » (5:43 à 5:50 ; les mots prononcés en double sont retirés dans le texte). Une semaine et demie plus tard, ses organes génitaux sont devenus « complètement engourdis », et il ne ressentait plus rien pour sa famille (5:52 à 6:20). « Dans mon cas, près de 3 ans » (16:05). Son témoignage sur notre site : Stephen : 6 jours de reprise du Lexapro.
- Moral Medicine, Luis’s Happy Life Destroyed by PSSD (en anglais), entretien avec Luis, 28 août 2023. D’après les sous-titres automatiques de YouTube. Paroxétine (3:26 à 3:30). Un peu anxieux, mauvais sommeil (6:37 à 6:45). « La dose minimale », « c’est presque rien », pendant « un mois et une semaine » (12:56 à 13:15). Arrêt en avril, sans problème en avril et en mai, plus apathique à partir de juin (16:39 à 17:41). Engourdissement génital « peu à peu » (19:50 à 19:53).
- Moral Medicine, entretien avec Anthony, 20 octobre 2025 : sertraline 25 mg parce qu’il dormait mal, 11 comprimés. Son témoignage sur notre site : Anthony : 11 comprimés de sertraline.
- PSSD Network, Professor Joanna Moncrieff on PSSD (en anglais), juin 2026, intégré ici de 1:03 à 1:29. D’après les sous-titres automatiques de YouTube : « cela touche aussi leur fonctionnement émotionnel » et « leurs médecins peuvent très bien ne pas en avoir conscience ». Éclairage général, pas une donnée sur la dose.
- Ben-Sheetrit J, Aizenberg D, Csoka AB, Weizman A, Hermesh H. Post-SSRI sexual dysfunction: clinical characterization and preliminary assessment of contributory factors and dose-response relationship (en anglais). J Clin Psychopharmacol 2015;35(3):273-8. Résumé lu. Enquête en ligne auprès de 532 personnes ayant répondu à une invitation dans un forum consacré à la PSSD : le rapport dose/dose quotidienne définie et l’anxiété ne prédisaient pas la gravité du trouble sexuel actuel (en anglais dans l’original : « dose/defined daily dose ratio and anxiety did not »). Les auteurs écrivent que des « biais de sélection et de déclaration » ne permettent « ni généralisation ni estimation de l’incidence ».
- Patacchini A, Cosci F. Exposure to serotonin selective reuptake inhibitors or serotonin noradrenaline reuptake inhibitors and sexual dysfunction: results from an online survey (en anglais). Int J Risk Saf Med 2021;32(3):229-42. Résumé lu (le texte complet n’a pas pu être ouvert). Enquête en ligne auprès de 135 personnes disant avoir une PSSD : « Le syndrome était davantage représenté chez les hommes jeunes et hétérosexuels après une exposition aux ISRS/IRSN à des doses relativement élevées. » Pas de groupe de comparaison.
- Tarchi L, Merola GP, Baccaredda-Boy O et collaborateurs. Selective serotonin reuptake inhibitors, post-treatment sexual dysfunction and persistent genital arousal disorder: a systematic review (en anglais). Pharmacoepidemiol Drug Saf 2023;32(10):1053-67. « Il n’a pas été possible de déterminer des estimations fiables de la prévalence » ; « Il faut étudier une éventuelle relation dose-effet entre l’exposition aux ISRS et les effets indésirables sexuels persistants. »
- Notre recherche : Europe PMC, 28 octobre 2026, PSSD ou dysfonction sexuelle persistante après antidépresseurs, avec la dose. Aucune étude n’a comparé le risque de PSSD entre des personnes sous faible dose et sous dose habituelle.
- Healy D, Le Noury J, Mangin D. Enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, 5α-reductase inhibitors and isotretinoin: 300 cases (en anglais). Int J Risk Saf Med 2018;29(3-4):125-34. Signalements à RxISK.org : « Trois personnes sous ISRS ont signalé une perte croissante de la fonction sexuelle à mesure que la dose était diminuée progressivement. » Signalements volontaires (échantillon autosélectionné).
- Brisdelle (paroxétine) 7,5 mg, gélules, notice américaine (en anglais), DailyMed, révisée en février 2025. Autorisée contre les bouffées de chaleur modérées à intenses de la ménopause ; rubrique 5.10 : « Chez les patientes, l’utilisation d’un ISRS peut entraîner une baisse de la libido et un orgasme retardé ou absent. » Un produit américain.
- Agence européenne des médicaments (EMA), PRAC recommendations on signals adopted at the 13-16 May 2019 PRAC meeting (en anglais), rubrique 1.3. Elle nomme le citalopram, l’escitalopram, la fluoxétine, la fluvoxamine, la paroxétine et la sertraline, ainsi que la desvenlafaxine, la duloxétine, le milnacipran et la venlafaxine, avec la formulation de la notice « Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement. »
- Terme MedDRA de niveau le plus bas (Lowest Level Term) Dysfonction sexuelle après ISRS (en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction), code 10086208.
Sources vérifiées le 28 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique.
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