Consulter les données Yellow Card
La MHRA compte chaque signalement Yellow Card par médicament. Où les trouver, ce qu’un chiffre ne dit pas, et pourquoi PSSD, PFS et PAS passent inaperçus.
SIDEfxHUB est une association de patients. Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et ces informations ne remplacent pas un avis médical. Ne commencez, n’arrêtez ni ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez ici. Parlez-en d’abord à votre médecin.
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La MHRA, l’agence britannique du médicament, compte chaque effet secondaire suspecté signalé via son dispositif Yellow Card. Tout le monde peut consulter les totaux sur une page web gratuite pour chaque médicament, appelée profil. Un chiffre indique combien de fois un problème a été signalé. Il ne dit pas à quelle fréquence il survient.
Les effets secondaires qui persistent après l’arrêt passent facilement inaperçus dans ces profils. C’est le cas de la dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD) après certains antidépresseurs, du syndrome post-finastéride (PFS) après le finastéride, un médicament contre la chute de cheveux, et du syndrome post-Accutane (PAS) après l’isotrétinoïne, un médicament contre l’acné. Une liste de critères que des médecins et des chercheurs ont proposée en 2022 (en anglais) mentionne aussi l’émoussement émotionnel et des troubles de la concentration et de la mémoire. Après le finastéride ou l’isotrétinoïne, elle y ajoute la dépression.
Si vous avez l’une de ces maladies, vous voulez peut-être simplement savoir si d’autres ont vécu la même chose. Un profil peut montrer que d’autres ont signalé les mêmes symptômes. Il ne montre pas combien de personnes ont la maladie.
L’essentiel en trois points
- Chaque effet secondaire suspecté et signalé à la MHRA est compté dans le profil du médicament, environ un mois plus tard (MHRA, en anglais).
- La MHRA dit que ces chiffres ne permettent pas de savoir quelle est la probabilité d’un effet secondaire, ni quel médicament est le plus sûr (MHRA, en anglais).
- Les signalements envoyés avant février 2022 ne sont pas classés comme PSSD. Leurs symptômes sont classés un par un (Parlement britannique, en anglais).
Presse : contact@sidefxhub.com
Comment trouver les données Yellow Card d’un médicament ?
Allez sur la liste des profils (en anglais) de la MHRA et cherchez le principe actif du médicament, pas son nom commercial. La MHRA appelle ces pages Interactive Drug Analysis Profiles, ou iDAP.
Le principe actif figure sur la notice. Au Royaume-Uni, Lustral contient de la sertraline, Propecia du finastéride et Roaccutane de l’isotrétinoïne. Si votre médicament associe deux principes actifs et n’a pas de profil à lui, cherchez sous chacun.
Repérez le nom du principe actif.
Tapez le principe actif sur la page des profils de la MHRA, ou parcourez de A à Z.
« Yellow Card Overview » montre les signalements envoyés directement à la MHRA. Les deux onglets « Total » y ajoutent ceux des laboratoires pharmaceutiques.
Filtrez par sexe, âge, année ou gravité. Cherchez ensuite votre symptôme dans la liste des réactions.
En bas de chaque profil, un guide explique comment lire les chiffres. Lisez-le d’abord.
Que peut m’apprendre le nombre de signalements Yellow Card ?
Il indique combien de fois quelqu’un a soupçonné le médicament d’avoir causé un problème et l’a signalé à la MHRA.
La MHRA est claire (en anglais) : un profil ne peut pas vous donner votre propre probabilité d’avoir un effet secondaire, car la MHRA sait peu de choses sur le nombre de personnes qui ont pris le médicament sans problème. Et un signalement ne prouve pas que le médicament a causé le problème.
On ne peut pas non plus comparer deux médicaments d’après leurs chiffres. Le nombre de signalements peut augmenter quand un effet secondaire est grave, facile à repérer ou très médiatisé, ou quand beaucoup de personnes prennent le médicament. Un chiffre bas ne veut donc pas dire qu’un effet secondaire est rare, ni un chiffre élevé qu’il est fréquent.
Vous citez le total d’une année ? Notez la date de votre consultation. Pour l’instant, un signalement compte dans l’année de sa dernière mise à jour : les totaux peuvent donc changer.
Pourquoi la PSSD, le PFS et le syndrome post-Accutane sont-ils difficiles à repérer dans les données ?
Parce qu’un signalement est classé sous les mots choisis par la personne, et que le formulaire n’a pas toujours eu de nom pour ces maladies.
Le terme « Post-SSRI sexual dysfunction » figure sur le formulaire Yellow Card depuis février 2022. Un signalement est classé comme PSSD s’il emploie ces mots. Le syndrome post-Accutane n’a pas encore de terme dans MedDRA, le dictionnaire médical que les agences utilisent pour classer les effets secondaires : un signalement après l’isotrétinoïne ne peut donc que lister des symptômes.
En novembre 2025, Lord Alton, membre de la Chambre des lords, a demandé si les anciens signalements de PSSD seraient mis à jour. Le gouvernement a répondu que non : les signalements « restent tels qu’ils ont été signalés, avec les termes choisis par la personne qui les a envoyés à l’origine ». Sa raison : le terme recouvre un large éventail de symptômes, donc les anciens signalements restent classés symptôme par symptôme.
Chercher la PSSD dans un profil ne montre donc pas toutes les personnes qui l’ont décrite. Cherchez aussi chaque symptôme : en 2024, la MHRA a rappelé (en anglais) qu’on peut chercher dans un profil par mot-clé. Notre page sur les noms officiels que les agences utilisent en dit plus.
Savoir si un problème a duré après l’arrêt est encore plus difficile. Aucun des filtres que décrit la MHRA ne le permet. Mais vous pouvez poser la question.
En 2022, une personne a posé une question sur les antidépresseurs ISRS, comme la sertraline. Elle s’est servie de la Freedom of Information (FOI), la loi britannique qui permet à toute personne de demander à un organisme public les informations qu’il détient.
Dans sa réponse du 28 septembre 2022 (en anglais), la MHRA a compté 1 762 signalements britanniques de problèmes sexuels reçus jusqu’au 7 septembre. Dans 389 de ces signalements, le problème a continué après l’arrêt ; pour la plupart des autres, on ne le sait pas. Ce sont des nombres de signalements : ils ne peuvent pas montrer à quelle fréquence cela arrive.
Pour poser votre propre question, consultez d’abord les réponses déjà publiées par la MHRA (en anglais), au cas où quelqu’un l’aurait déjà posée. Écrivez ensuite à foi.request@mhra.gov.uk, l’adresse de la MHRA pour les demandes faites au titre de la loi britannique FOI, en indiquant votre nom, une adresse de contact et précisément ce que vous voulez savoir. La plupart des demandes sont gratuites, et la MHRA devrait répondre sous 20 jours ouvrés. Vous pourriez écrire, en anglais :
« Please tell me how many UK Yellow Card reports for finasteride, received from 1 January 2020 to 30 September 2026, include sexual side effects. In how many did the reaction continue after the medicine was stopped? » (En français : Merci de m’indiquer dans combien de signalements Yellow Card britanniques concernant le finastéride, reçus du 1er janvier 2020 au 30 septembre 2026, figurent des effets secondaires sexuels. Dans combien d’entre eux la réaction s’est-elle poursuivie après l’arrêt du médicament ?)
Comment ajouter mon propre signalement ?
Tout le monde peut signaler sur le site Yellow Card (en anglais), en invité si vous le souhaitez, ou dans l’application. Dites clairement si le problème a continué après votre dernier comprimé. La MHRA l’a demandé précisément dans un avis de sécurité de 2024 sur le finastéride (en anglais).
Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider. Pour les antidépresseurs, n’arrêtez pas du jour au lendemain. Pour le finastéride et l’isotrétinoïne, suivez ce que dit la notice.
Nos guides détaillent les démarches pour les antidépresseurs, le finastéride et l’isotrétinoïne.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt d’un antidépresseur ISRS ou IRSN, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction). Après le finastéride, écrivez Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (MedDRA 10082430 ; en anglais : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome). Le syndrome post-Accutane n’a pas encore de terme : précisez que les symptômes ont persisté après l’arrêt de l’isotrétinoïne.
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
Un profil est-il la liste des effets secondaires d’un médicament ? Non, dit la MHRA. Les effets secondaires connus figurent dans la notice et dans l’information destinée aux médecins. Un profil montre ce que des personnes ont soupçonné. Certains de ces problèmes peuvent venir de la maladie que le médicament traitait.
Puis-je télécharger les données ? Pas pour le moment. La MHRA a indiqué en août 2026 avoir désactivé le téléchargement sous forme de tableur pendant qu’elle améliore les profils.
Mon ancien signalement compte-t-il encore ? Oui. Selon le gouvernement, les symptômes des anciens signalements sont toujours utilisés quand la MHRA cherche des tendances. Ils n’apparaissent simplement pas sous le terme PSSD.
Si vous vivez avec la PSSD, le PFS ou le syndrome post-Accutane, votre propre signalement peut contenir les bons mots dès le départ : notre guide vous les donne, prêts à copier.
Sources
- MHRA, What is being reported (en anglais), site Yellow Card, consulté le 28 octobre 2026. Les profils sont classés « par nom de la substance ». Chacun « contient une liste complète de toutes les réactions indésirables suspectées » signalées, y compris celles des laboratoires pharmaceutiques. Il y a « un délai d’environ un mois » avant qu’un signalement apparaisse. Les consignes pour lire les données figurent en bas de chaque profil.
- MHRA, iDAP release notes (en anglais), version 1.0.3, publiée le 25 août 2026. L’onglet Yellow Card Overview ne comprend que les signalements envoyés directement par les patients, le public et les professionnels de santé ; les onglets Total Report Profile et Total Reaction Profile ajoutent les signalements reçus par l’intermédiaire des laboratoires pharmaceutiques et comportent des filtres. L’année de réception est tirée de « la révision la plus récente » d’un signalement et « peut changer ». Le téléchargement CSV « est actuellement désactivé ».
- NHS Specialist Pharmacy Service, Adverse drug reactions: resources to support clinical decisions (en anglais), dernière mise à jour le 21 septembre 2026. Section sur les iDAP : l’onglet Information « explique quels noms commerciaux et quels médicaments associés sont inclus » ; les filtres comprennent « le sexe, l’âge, l’année du signalement, la gravité de la réaction et la classe d’organes » ; les iDAP « ne sont pas disponibles pour les médicaments associés ». La page de la MHRA elle-même classe les profils par « substance ou association de substances ».
- MHRA, réponse à la demande FOI 24/168 (en anglais), 18 mars 2024. Filtres « tels que l’âge (tranches de 10 ans), le sexe, la voie d’administration, la gravité du signalement, l’année de réception et la source du signalement ». Les données ne représentent pas « un aperçu des effets secondaires possibles ». « La probabilité d’avoir une réaction indésirable … ne peut pas être estimée. » Un signalement ne signifie pas « nécessairement que le médicament a causé la réaction », et les réactions « peuvent faire partie de la maladie traitée ». « Il n’est pas possible de comparer la sécurité de différents médicaments en comparant les chiffres. » Les signalements sont influencés par la gravité, la facilité à reconnaître la réaction, l’étendue de l’utilisation, la promotion et la médiatisation.
- Parlement britannique, question écrite HL11843 (en anglais). Posée par Lord Alton of Liverpool le 12 novembre 2025 ; réponse de la baronne Merron pour le Department of Health and Social Care le 25 novembre 2025. Lue sur le service des questions écrites du Parlement le 28 octobre 2026. Le terme PSSD a été ajouté à MedDRA comme terme de niveau inférieur dans la version 24.1 et mis à disposition sur le site Yellow Card en février 2022. Les signalements « restent tels qu’ils ont été signalés, avec les termes choisis par la personne qui les a envoyés à l’origine ». « La PSSD est enregistrée si la personne a employé précisément ce terme au moment du signalement. » Comme « ce terme peut recouvrir un large éventail de symptômes », il ne serait « pas approprié » de recoder les anciens cas. Pour les signalements reçus avant le terme, « les symptômes individuels signalés sont codés en termes MedDRA et disponibles pour la détection de signaux ».
- MHRA, réponse à la demande FOI 24/016 (en anglais), 31 janvier 2024 : les iDAP « sont disponibles pour chaque substance active » ; « Vous pouvez déployer les champs et faire des recherches par mot-clé dans l’iDAP pour explorer les effets secondaires signalés ».
- MHRA, FOI 22/938 (en anglais), lettre du 28 septembre 2022, publiée le 17 janvier 2024. Jusqu’au 7 septembre 2022 : 1 762 signalements spontanés britanniques de suspicion de dysfonction sexuelle sous ISRS ; 389 (245 + 144) « indiquent que la dysfonction sexuelle a persisté après l’arrêt du médicament » ; 232 n’ont pas continué ; 1 135 inconnus, y compris des personnes qui prennent encore l’ISRS. Les champs sur l’évolution ne sont pas obligatoires. Des nombres de signalements ne sont pas des taux.
- GOV.UK, How to make a freedom of information (FOI) request (en anglais), consulté le 28 octobre 2026 : demande par écrit, avec « une description détaillée des informations souhaitées » ; réponse « dans un délai de 20 jours ouvrés » ; « La plupart des demandes sont gratuites ». MHRA, page de l’organisation (en anglais) : foi.request@mhra.gov.uk et réponses déjà publiées.
- MHRA, Yellow Card scheme et How to report (en anglais), consultés le 28 octobre 2026 : « Tout le monde peut signaler » ; signalement en invité ; l’application ; « pour vous-même ou pour quelqu’un d’autre, avec son autorisation ». MHRA, #MedSafetyWeek press release (en anglais), 6 novembre 2023 : « un simple doute suffit ».
- MHRA, Finasteride: reminder of the risk of psychiatric and sexual side effects (en anglais), Drug Safety Update, 29 avril 2024. Signaler, « en particulier si un effet secondaire a continué ou est apparu après l’arrêt du traitement ».
- Notices britanniques, Electronic Medicines Compendium : Lustral (sertraline), Propecia 1 mg (finastéride) et Roaccutane 10 mg (isotrétinoïne) (en anglais), consultées le 28 octobre 2026.
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés par un groupe d’experts. PSSD : des symptômes annexes non sexuels « peuvent inclure » « l’émoussement émotionnel » et « des troubles cognitifs ». Finastéride et isotrétinoïne : les effets qui « peuvent survenir indépendamment de toute difficulté sexuelle » comprennent « des troubles cognitifs » et « la dépression ».
- Vidéos : MHRA, Yellow Card - What happens after you report (en anglais), 12 novembre 2024 ; MHRA, Yellow Card - How to report (en anglais), 12 novembre 2024.
Sources vérifiées le 28 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique. Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
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Des effets secondaires qui n’ont pas disparu ?
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