PFS ou dépression : comment les distinguer ?
Le finastéride peut causer dépression et PFS, et les deux peuvent se mêler. Ce qui a changé en premier, et ce qui reste après l’arrêt, sont vos indices.
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Avec le finastéride, ce peut être les deux. La notice britannique cite la dépression parmi les effets secondaires, et des troubles sexuels qui peuvent durer après l’arrêt renvoient au syndrome post-finastéride (PFS). Ce qui a changé en premier, et ce qui est encore là après le dernier comprimé, sont vos meilleurs indices.
Le PFS ne se limite pas à la sexualité. Les critères du PFS de 2022 (en anglais) indiquent que des troubles de la pensée, une dépression et des idées suicidaires peuvent accompagner les changements sexuels, ou apparaître sans eux. C’est l’une des raisons pour lesquelles on dit souvent aux hommes atteints de PFS que ce n’est que de l’anxiété ou de la dépression.
La notice britannique cite des troubles de l’érection, du désir et de l’éjaculation qui ont persisté « après l’arrêt du traitement » (en anglais). La dépression seule ne l’explique pas.
L’essentiel en trois points
- La baisse du désir sexuel est un symptôme fréquent de la dépression (NHS, en anglais).
- La notice britannique du finastéride (mai 2026, en anglais) cite la dépression parmi les effets secondaires possibles, ainsi que des troubles de l’érection, du désir et de l’éjaculation qui ont persisté après l’arrêt.
- En mai 2026, l’agence britannique du médicament a indiqué aux médecins que ces troubles « peuvent persister après l’arrêt du traitement » (MHRA, en anglais). Les personnes touchées parlent de PFS.
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Marko a pris un comprimé de finastéride 1 mg pendant trois jours. Il a remarqué un engourdissement, a arrêté, et a fait un crash le lendemain, c’est-à-dire une aggravation brutale et intense. Regardez cet extrait pour voir à quelle vitesse tout s’est passé, et comment ses médecins l’ont interprété.
Pendant un an, il n’a pas pu travailler. Cela a eu « de lourdes conséquences psychologiques », dit-il, mais la maladie était aussi physique. « Mes symptômes physiques ont été considérés comme purement psychologiques. » Cinq ans plus tard, il va beaucoup mieux, sans être tout à fait redevenu lui-même.
Le finastéride peut-il causer une dépression ?
La notice britannique (en anglais), datée de mai 2026, indique qu’une humeur dépressive, une dépression et, moins souvent, des idées suicidaires « ont été signalées » chez des hommes qui en prenaient. Elle décrit la dépression comme un « sentiment de tristesse profonde et d’inutilité ».
Le 11 mai 2026, la MHRA, l’agence britannique du médicament, a indiqué aux médecins (en anglais) que le finastéride « est associé à la dépression, aux idées suicidaires et à une dysfonction sexuelle qui peuvent persister après l’arrêt du traitement ».
Une petite étude a retenu des hommes sans antécédents psychiatriques dont les troubles sexuels persistaient après le finastéride. Environ 3 sur 4 présentaient des signes de dépression, selon ses résultats (en anglais), contre 1 sur 10 chez des hommes souffrant de chute de cheveux qui n’en avaient jamais pris.
Notre article sur le finastéride et la dépression présente l’évaluation antérieure de l’agence.
En quoi le PFS est-il différent de la dépression ?
Commencez par l’ordre des événements. La notice indique que les troubles sexuels « peuvent contribuer à des altérations de l’humeur », et qu’ils ont « également été signalés sans altération de l’humeur ».
La plupart des hommes commencent le finastéride pour leurs cheveux, souvent à un moment où ils vont bien. Cela vous donne un « avant » net, ce que n’a pas une personne qui commence un antidépresseur pour un moral en berne. Notre article PSSD ou dépression traite de ce cas.
Regardez ensuite ce qui a changé. La dépression fait surtout baisser le désir. La liste des symptômes du NHS (en anglais) cite une « baisse du désir sexuel (perte de libido) ». Elle ne mentionne aucun changement dans les sensations du pénis, ni dans l’orgasme.
Les critères du PFS de 2022 (en anglais) retiennent des troubles sexuels qui durent au moins trois mois après l’arrêt et qui n’existaient pas avant. Une perte de sensibilité des organes génitaux et de l’orgasme fait partie des signes qu’ils citent. Des troubles qui disparaissent après l’arrêt ne sont pas un PFS.
Le ressenti peut aussi être différent. Matt a pris du finastéride pendant trois ans avant de perdre toute sensibilité des organes génitaux. Quand ses émotions se sont émoussées quelques semaines après l’arrêt, il s’est d’abord demandé si les comprimés l’avaient rendu dépressif. « Je ne me sentais pas déprimé, je n’étais pas triste », dit-il. « C’était comme si toute ma capacité à ressentir avait soudain complètement disparu. »
Notre article sur ce que l’on ressent avec un PFS décrit plus en détail cet émoussement émotionnel.
PFS ou anxiété ?
L’inquiétude peut jouer un rôle. Dans un essai clinique italien (en anglais), des hommes atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate prenaient du finastéride sans savoir ce que c’était. Ceux qu’on avait prévenus des effets secondaires sexuels en ont signalé bien plus souvent : environ 44 sur 100, contre 15 sur 100 chez ceux qui n’avaient pas été prévenus. Cet essai portait sur les effets secondaires pendant une année de traitement. Il n’a suivi personne après l’arrêt.
Matt explique que, pendant ses trois premières années sous finastéride, il pensait que c’était « psychosomatique ou une sorte de conséquence de l’anxiété liée à la santé ». Il a changé d’avis quand cela lui est arrivé.
Les auteurs des critères du PFS mettent en garde contre l’erreur inverse. Prendre à tort ces troubles pour un problème « psychogène », écrivent-ils, peut conduire à continuer le médicament qui les provoque.
Que puis-je faire ?
Le finastéride aide beaucoup d’hommes à garder leurs cheveux. C’est à vous et au médecin qui vous l’a prescrit de décider s’il vous convient.
La notice britannique du comprimé à 1 mg (mai 2026) traite de l’humeur dépressive, de la dépression et des idées suicidaires. Ses mots : « Si vous ressentez l’un de ces symptômes, arrêtez de prendre Propecia et contactez votre médecin pour obtenir un avis médical dès que possible ».
Si votre moral en berne vous amène à penser que vous ne voulez plus être là, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, jour et nuit. Notre article sur les idées suicidaires avec un PFS est aussi à lire.
Seul votre médecin peut évaluer ce qui se cache derrière vos symptômes. Les critères du PFS ne sont que proposés par des chercheurs et aucun test ne confirme le PFS : votre histoire compte donc le plus. Commencez par noter votre chronologie :
- Votre médicament : « Finastéride 1 mg à partir de mars 2024, dernier comprimé en juin 2025. »
- Votre moral et votre vie sexuelle avant : « Pas de baisse de moral. Pas de troubles sexuels avant 2024. »
- Ce qui a changé en premier : « Moins de sensations dans le pénis à partir de mai 2025. Baisse de moral à partir d’août. »
- Ce qui est encore là aujourd’hui : « Engourdissement et orgasmes faibles, toujours présents en octobre 2026. »
Trois questions à poser à votre médecin traitant
- Le finastéride pourrait-il expliquer à la fois mon humeur et mes changements sexuels ?
- Que faut-il écarter d’autre ?
- Comment saurons-nous si les choses s’améliorent ?
Vous pouvez commencer ainsi : « Mes symptômes sexuels ont commencé sous finastéride et ne sont pas partis quand j’ai arrêté. Pouvons-nous revoir la chronologie ? »
Beaucoup d’hommes disent qu’il leur a fallu du temps pour être pris au sérieux. Apportez la phrase de la notice, et notre guide sur le médecin à consulter pour un PFS. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (MedDRA 10082430 ; en anglais : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome).
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
Peut-on avoir à la fois un PFS et une dépression ? Oui. Les critères du PFS citent la dépression parmi les effets que le finastéride peut avoir, en même temps que des troubles sexuels ou seule. Avoir les deux n’exclut pas un PFS. Notre article sur l’anxiété et la dépression avec un PFS donne des pistes de soutien.
Existe-t-il un test qui distingue le PFS de la dépression ? Non. Une étude de Harvard (en anglais) n’a trouvé aucune différence de taux d’hormones entre les hommes ayant des symptômes persistants après le finastéride et les autres hommes. Ils présentaient plus de signes de dépression, et l’imagerie cérébrale montrait des schémas que l’on observe aussi dans la dépression. L’imagerie ne permet donc pas de séparer les deux. Votre médecin s’appuie sur votre histoire, et une chronologie claire l’y aide.
Une baisse de libido après l’arrêt est-elle toujours un PFS ? Non. Le stress, d’autres médicaments, les hormones et la dépression elle-même peuvent tous faire baisser le désir. Les critères du PFS demandent des troubles qui durent trois mois ou plus après l’arrêt, une fois les autres causes écartées.
Les symptômes physiques de Marko ont été mis sur le compte du psychisme. Si les vôtres ont commencé sous finastéride et sont restés après l’arrêt, notez l’ordre des événements et signalez-les.
Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
Sources
- Propecia 1 mg film-coated tablets: patient information leaflet (en anglais), Organon, electronic medicines compendium (emc), dernière révision en mai 2026. Section 2, « Mood alterations and depression » : arrêter le traitement et contacter son médecin en cas d’humeur dépressive, de dépression ou d’idées suicidaires. Une altération de la fonction sexuelle « peut contribuer à des altérations de l’humeur » ; elle « a également été signalée sans altération de l’humeur ni idées suicidaires ». Section 4 : dépression (« sentiment de tristesse profonde et d’inutilité ») ; sous « Fréquence indéterminée », troubles persistants de l’érection, du désir et de l’éjaculation après l’arrêt, et anxiété.
- MHRA, Finasteride and dutasteride: updated safety warnings for psychiatric side effects and sexual dysfunction (en anglais), Drug Safety Update, 11 mai 2026. Conseils aux professionnels de santé : le finastéride « est associé à la dépression, aux idées suicidaires et à une dysfonction sexuelle qui peuvent persister après l’arrêt du traitement » ; demander aux patients s’ils ont des antécédents de dépression ou d’idées suicidaires avant de le prescrire.
- NHS, Depression in adults: symptoms (en anglais), page révisée pour la dernière fois le 5 juillet 2023. Parmi les symptômes physiques : « baisse du désir sexuel (perte de libido) ».
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Section 5 (PFS) : une dysfonction sexuelle durable après l’arrêt est nécessaire. Les critères supplémentaires comprennent une diminution durable de la sensibilité génitale et orgasmique, une présence pendant 3 mois ou plus après l’arrêt, et l’absence de dysfonction sexuelle comparable avant le médicament. Une dysfonction sexuelle qui disparaît après l’arrêt « n’est pas un PFS ». La dépression figure parmi les effets du finastéride qui peuvent survenir indépendamment des troubles sexuels ou les accompagner. Introduction : « erreur de diagnostic le présentant comme un problème psychogène, qui peut conduire à poursuivre le médicament en cause ».
- Irwig MS. Depressive symptoms and suicidal thoughts among former users of finasteride with persistent sexual side effects (en anglais). J Clin Psychiatry 2012;73(9):1220-3. 61 hommes ayant pris du finastéride, avec des effets secondaires sexuels durant 3 mois ou plus et sans antécédents psychiatriques ; 29 témoins atteints de chute de cheveux qui n’avaient jamais pris de finastéride. Symptômes dépressifs (BDI-II de 14 ou plus) chez 46 sur 61 (75 %) contre 3 sur 29 (10 %).
- Mondaini N, Gontero P, Giubilei G et al. Finasteride 5 mg and sexual side effects: how many of these are related to a nocebo phenomenon? (en anglais). J Sex Med 2007;4(6):1708-12. 107 hommes atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) traités par finastéride 5 mg, sans en connaître le nom, pendant 1 an ; un ou plusieurs effets secondaires sexuels chez 43,6 % de ceux qui en avaient été informés contre 15,3 % de ceux qui ne l’avaient pas été.
- Basaria S, Jasuja R, Huang G et al. Characteristics of men who report persistent sexual symptoms after finasteride use for hair loss (en anglais). J Clin Endocrinol Metab 2016;101(12):4669-80. Aucune différence de testostérone, de dihydrotestostérone ni des marqueurs de l’action des androgènes ; scores de dépression plus élevés ; réponses en IRM fonctionnelle compatibles avec celles observées dans la dépression.
- Moral Medicine, I Took Finasteride for 3 Days. It Changed My Life for 5 Years. (en anglais), le film de Marko, 9 mars 2026. Trois jours et engourdissement de 1:01 à 1:09 ; incapable de travailler pendant un an à partir de 1:26 ; « deep psychological toll » (de lourdes conséquences psychologiques) à 1:54 ; « My physical symptoms were written off as purely psychological » (Mes symptômes physiques ont été considérés comme purement psychologiques) à 2:28. Extrait diffusé : de 0:58 à 1:48.
- Moral Medicine, This Year I’m turning 30 years old, and I haven’t felt an orgasm since I was 24 (en anglais), le film de Matt, 6 avril 2026. « Psychosomatic or some kind of result of health anxiety » (psychosomatique ou une sorte de conséquence de l’anxiété liée à la santé) à 1:29 ; engourdissement génital après 3 ans à 4:25 ; il se demande si le médicament l’avait rendu dépressif à 5:44 ; « I didn’t feel depressed, I didn’t feel sad » (Je ne me sentais pas déprimé, je n’étais pas triste) à 6:40.
- Terme MedDRA de plus bas niveau (Lowest Level Term) Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome, code 10082430.
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