Finastéride : que ressent-on avec un PFS ?
Le syndrome post-finastéride (PFS) vu par les patients : engourdissement génital, désir absent, émotions émoussées, cognition embrumée, même après l’arrêt.
SIDEfxHUB est une association de patients. Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et ces informations ne remplacent pas un avis médical. Ne commencez, n’arrêtez ni ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez ici. Parlez-en d’abord à votre médecin.
Si vous traversez un moment difficile :3114 (gratuit, 24 h/24)09 72 39 40 50 SOS AmitiéTrouver une ligne d’écoute dans votre pays

Les personnes atteintes du syndrome post-finastéride (PFS) décrivent un engourdissement génital, une absence de désir sexuel, des émotions émoussées et une cognition embrumée. Les symptômes ont commencé pendant qu’elles prenaient du finastéride ou peu après le dernier comprimé, et ont persisté après l’arrêt.
La page sur le finastéride du NHS (en anglais), le service de santé britannique, mentionne les troubles de l’érection, une baisse de l’intérêt pour le sexe et une baisse de moral. Elle ne parle ni d’engourdissement, ni d’émotions émoussées, ni de cognition. Ces symptômes sont donc plus difficiles à reconnaître, et plus difficiles à expliquer à un médecin.
L’essentiel en trois points
- La notice britannique (en anglais) mentionne des troubles de l’érection, de la libido et de l’éjaculation qui ont persisté après l’arrêt du finastéride.
- Les critères diagnostiques du PFS (en anglais), publiés en 2022, y ajoutent une diminution des sensations dans les organes génitaux et à l’orgasme. Selon eux, des troubles cognitifs et une dépression peuvent s’y associer.
- Personne n’a mesuré à quelle fréquence le PFS survient (en anglais). Les descriptions les plus claires viennent des personnes qui en sont atteintes.
Presse : contact@sidefxhub.com
Matt a pris du finastéride pendant trois ans sans aucun problème. Puis, un jour, il s’est réveillé avec ce qu’il appelle « une étrange sensation, comme si c’était mort », dans les organes génitaux.
« C’était engourdi, c’était sec, c’était mort », dit-il. Il a arrêté le finastéride et, en quelques semaines, ses émotions se sont émoussées, son corps est devenu douloureux et il a eu du mal à construire une phrase. Cinq ans plus tard, dit-il, rien n’a changé.
Que ressent-on sur le plan sexuel avec un PFS ?
Les sensations disparaissent, disent les personnes touchées, même quand le corps fonctionne encore. Matt pouvait toujours avoir une érection et éjaculer, mais il dit qu’il ne ressentait « absolument rien ». Dans le film, il dit qu’il aura 30 ans cette année et qu’il n’a plus ressenti d’orgasme depuis ses 24 ans.
Le déroulement, tel que Matt le raconte
La notice britannique mentionne une difficulté à obtenir une érection, une baisse de la libido et des troubles de l’éjaculation qui ont persisté après l’arrêt. Elle ne parle pas d’engourdissement. Les critères diagnostiques publiés par des chercheurs en 2022, eux, en parlent : ils incluent une « diminution durable des sensations génitales et orgasmiques ».
Un spécialiste américain des hormones a mené des entretiens (en anglais) avec des hommes dont les troubles sexuels duraient depuis au moins trois mois après l’arrêt du finastéride. Presque tous avaient une libido faible, et environ 7 sur 10 avaient des troubles de l’orgasme. Ces hommes s’étaient manifestés d’eux-mêmes : l’étude ne peut donc pas dire à quelle fréquence cela arrive.
Que ressent-on sur le plan émotionnel avec un PFS ?
Émoussées : c’est le mot qui revient quand les personnes parlent de leurs émotions. Sam avait 25 ans quand il a pris du finastéride pendant une semaine environ, a arrêté, puis en a repris quelques jours.
Il a été filmé 10 semaines après le début de ses symptômes. C’est moins que les trois mois que demandent les critères diagnostiques : son récit porte donc sur les premiers temps.
Il y raconte que sa mère l’a pris dans ses bras en lui disant que tout irait bien. « Je n’arrivais tout simplement pas à le ressentir », dit-il.
Tout, dit-il, est « comme en sourdine, tout le temps ».
La notice britannique met en garde contre l’humeur dépressive, la dépression et l’anxiété. Ne plus rien ressentir du tout n’y figure pas.
Matt explique lui-même la différence : « Je ne me sentais pas déprimé, je ne me sentais pas triste. » Sa capacité à ressentir avait disparu, dit-il.
Une baisse de moral peut aussi en faire partie. À Boston, une équipe de recherche a fait une comparaison (en anglais) entre des hommes qui avaient des symptômes persistants après le finastéride et des hommes qui n’en avaient pas. Ceux qui avaient des symptômes obtenaient des scores de dépression plus élevés. L’étude n’a pas pu montrer ce qui en était la cause.
À quoi ressemble le brouillard mental du PFS ?
Les personnes touchées décrivent une cognition lente et brouillée. Matt dit qu’il était « incapable de relier une pensée à la suivante ».
Avant, l’esprit de Sam était toujours occupé, avec des chansons qui lui trottaient sans cesse dans la tête. Aujourd’hui, dit-il, « il n’y a rien ». Il ne sait pas s’il pourra reprendre le travail.
Connor a pris du finastéride pendant six mois et a écrit son témoignage pour nous cinq ans plus tard. Sa liste comprend des « pertes de mémoire à court terme », de la confusion et des troubles de l’élocution.
Selon les critères du PFS, des troubles cognitifs peuvent s’ajouter aux troubles sexuels. Dans l’étude de Boston, les hommes aux symptômes persistants se plaignaient un peu plus de leur mémoire, écrivent les chercheurs. La différence n’était pas nette quand les groupes étaient comparés deux à deux.
Les tests cognitifs standard n’ont montré aucun signe de déficit. Selon les chercheurs, des études plus vastes sont nécessaires.
Que puis-je faire ?
Le finastéride aide beaucoup d’hommes à garder leurs cheveux. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous l’a prescrit de décider.
En cas de déprime ou d’idées suicidaires, la notice britannique dit d’arrêter le traitement et de contacter votre médecin dès que possible. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7.
Des symptômes comme ceux-là sont difficiles à mettre en mots pendant une consultation de 10 minutes. Notez-les d’abord par écrit, avec des mots simples.
« Finastéride 1 mg à partir de mars 2023, dernier comprimé en juin 2025. »
« Mon pénis est engourdi », « orgasme sans plaisir », « je ne ressens plus d’affection », « je perds le fil au milieu d’une phrase ».
Pendant le traitement, ou après l’arrêt.
« Aucun problème avant 2023. »
Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Apportez la phrase de la notice sur les troubles qui ont persisté après l’arrêt. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (MedDRA 10082430 ; en anglais : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome).
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
Y a-t-il aussi des symptômes physiques ? Certaines personnes en décrivent. Connor cite une « perte de force », des « secousses musculaires », une « fatigue intense » et des « douleurs articulaires et musculaires ». Sam parle de secousses musculaires et dit qu’il court sans transpirer. La notice britannique ne les mentionne pas. Dans une enquête en ligne (en anglais), des hommes qui faisaient état de symptômes persistants décrivaient aussi des troubles physiques.
Comment le vit-on quand on partage la vie d’une personne touchée ? Thammika a été mariée cinq ans à un homme qui avait des troubles sexuels persistants après le finastéride. Il n’avait aucun symptôme cognitif ni émotionnel, dit-elle. Elle décrit une profonde solitude et dit que ce n’était pas sa faute à lui. Le mariage a pris fin. Ils sont toujours meilleurs amis et élèvent leur fille ensemble.
Le PFS finit-il par disparaître ? Chez certaines personnes, cela a duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela finira par s’atténuer. Au bout de 10 semaines, Sam arrivait de nouveau à dormir un peu, mais il disait que tout le reste avait empiré. Matt dit que rien n’avait changé au bout de cinq ans. Notre page sur le syndrome post-finastéride présente ce que l’on sait.
Matt dit qu’il n’aurait jamais cru que cela puisse arriver à qui que ce soit, si cela ne lui était pas arrivé à lui. Si vous vous reconnaissez dans ses mots, notez les vôtres et signalez-le.
Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
Sources
- Propecia 1 mg, comprimé pelliculé, notice (en anglais), electronic medicines compendium (emc), dernière révision en mai 2026. Rubrique 4, fréquence indéterminée : « persistent difficulty having an erection after discontinuation of treatment », « persistent decrease in sex drive after discontinuation of treatment », « persistent problems with ejaculation after discontinuation of treatment », ainsi que l’anxiété. Rubrique 2 : « Mood alterations such as depressed mood, depression and, less frequently, suicidal thoughts have been reported » ; arrêter le traitement et contacter son médecin dès que possible (« for further medical advice as soon as possible »). La notice ne mentionne ni l’engourdissement, ni l’émoussement émotionnel, ni la mémoire ou la concentration, ni la fatigue, ni les symptômes musculaires.
- NHS, Side effects of finasteride (en anglais), page révisée pour la dernière fois le 2 août 2023. Elle cite les troubles de l’érection, la baisse de l’intérêt pour le sexe, les troubles de l’éjaculation et la baisse de moral, et indique que les effets secondaires sexuels « can sometimes carry on even after you stop taking finasteride ».
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). International Journal of Risk & Safety in Medicine, 2022;33(1):65-76. Critères du PFS : une dysfonction sexuelle durable après l’arrêt d’un inhibiteur de la 5-alpha-réductase ; parmi les critères supplémentaires, « enduring reduction in genital and orgasmic sensation » et un trouble présent 3 mois ou plus après l’arrêt. Les troubles cognitifs, la dépression et la suicidalité figurent parmi les effets qui peuvent accompagner les troubles sexuels. « In some cases, an enduring sexual dysfunction may only appear when the drug is stopped. » « The incidence of these conditions is unknown. »
- Irwig MS, Kolukula S. Persistent sexual side effects of finasteride for male pattern hair loss (en anglais). Journal of Sexual Medicine, 2011;8(6):1747-53. Entretiens standardisés avec 71 hommes par ailleurs en bonne santé, âgés de 21 à 46 ans, dont les effets secondaires sexuels duraient depuis au moins 3 mois après l’arrêt : libido faible chez 94 %, dysfonction érectile chez 92 %, baisse de l’excitation chez 92 %, troubles de l’orgasme chez 69 %. Durée moyenne des effets secondaires persistants : 40 mois au moment de l’entretien. Limites indiquées par les auteurs : biais de sélection, biais de mémorisation, absence de dosages hormonaux.
- Basaria S, Jasuja R, Huang G et al. Characteristics of men who report persistent sexual symptoms after finasteride use for hair loss (en anglais). Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2016;101(12):4669-80. Brigham and Women’s Hospital, Boston. 25 hommes aux symptômes persistants, 13 hommes ayant pris du finastéride sans symptômes et 18 hommes n’en ayant jamais pris. Score médian de dépression (PHQ-9) de 11 dans le groupe symptomatique, dans la zone modérée, contre 1 dans chacun des deux autres groupes. Les scores de plaintes de mémoire (MAC-Q) différaient globalement entre les trois groupes après ajustement sur le niveau d’études, mais « between-group differences were not significant ». Les auteurs décrivent « a slightly greater number of subjective cognitive complaints » et écrivent « we found no objective evidence of cognitive deficits ». « These findings need confirmation in larger prospective studies. » Étude transversale : elle ne peut donc pas établir de cause.
- Ganzer CA, Jacobs AR, Iqbal F. Persistent sexual, emotional, and cognitive impairment post-finasteride: a survey of men reporting symptoms (en anglais). American Journal of Men’s Health, 2015;9(3):222-8. Seul le résumé a été lu. Une enquête pilote en ligne, envoyée par e-mail à des hommes qui avaient fait état d’effets secondaires du finastéride ; réponses de 131 hommes (âge moyen : 24 ans) sur les effets présents au moins 3 mois après l’arrêt. « Adverse effects persisted in each of the domains » étudiés, qui comprenaient les symptômes physiques, sexuels, cognitifs et psychologiques.
- Moral Medicine sur YouTube. Matt (en anglais), 6 avril 2026, intégré ici sous forme d’extrait de 4:24 à 10:32 : ses 30 ans cette année et aucun orgasme depuis ses 24 ans à 0:09. Trois ans sans problème, « strange dead sensation » et « It felt numb, it felt dry, and it felt dead » à partir de 4:24. « Absolutely nothing » à 4:50, puis un changement de dose, une forme topique et l’arrêt à partir de 5:10. Émoussement émotionnel environ trois semaines après l’arrêt à 5:30, et « I didn’t feel depressed, I didn’t feel sad » à 6:40. Douleurs et fatigue à partir de 7:00, et « unable to string one thought to the next » à 8:50. Cinq ans plus tard, « nothing has changed » à 9:14. « I would have never believed this could happen to anyone » à 11:10. Sam (en anglais), 12 juin 2024, intégré ici sous forme d’extrait de 7:10 à 9:45 : 25 ans à 1:14. Environ une semaine de finastéride, une pause, puis quelques jours de plus à partir de 4:40. Secousses musculaires à 7:16, « it’s been 10 weeks now » à 7:23 et sa mère qui le prend dans ses bras à 7:47. Brouillard mental et travail à 9:07, un peu de sommeil à 9:35. Les chansons dans sa tête et « there’s nothing » à 10:30. Courir sans transpirer à 13:35 et « like being on mute all the time » à 13:55. Thammika, entretien du 30 avril 2025 : « This is definitely not this man’s fault » à 3:30 et cinq ans de mariage à 4:00. Aucun symptôme cognitif ni émotionnel à 4:15, meilleurs amis et coparents à 9:15, la solitude à 14:00.
- Leurs témoignages sur notre site : Matt, Sam, Thammika et Connor, qui a écrit lui-même son récit en août 2024.
Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Parlez-en à votre médecin avant toute décision concernant votre traitement.
590+ personnes ont rejoint la communauté.
Rejoignez-nous, puis signalez vos effets secondaires.
Aucun diagnostic nécessaire. Les équipes de recherche ne voient jamais votre nom.