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Peur du PFS ? Ce qu’il faut savoir

Nous n’avons trouvé aucun test prédictif du syndrome post-finastéride (PFS). La notice britannique cite des troubles sexuels parfois restés après l’arrêt.

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Par Morten SkovPublié le Mis à jour le
Peur du PFS ? Ce qu’il faut savoir

Nous n’avons trouvé aucun test capable de vous dire à l’avance si le finastéride vous laissera un syndrome post-finastéride (PFS). La notice britannique prévient que certains effets secondaires sexuels ont persisté après l’arrêt, et c’est cette persistance que les patients appellent PFS.

Le PFS ne se limite pas aux troubles sexuels. Les critères diagnostiques proposés en 2022 (en anglais) précisent que des troubles cognitifs, une dépression et des idées suicidaires peuvent survenir avec ou sans difficultés sexuelles.

Sur un forum consacré à la chute de cheveux, Miles (plus bas) a lu une règle : sans effet secondaire pendant les 72 premières heures, il n’y en aurait jamais. Les documents officiels ne donnent aucune règle de ce genre, seulement une courte liste de signes à surveiller.

L’essentiel en trois points

  1. Dans les essais cliniques du finastéride, les effets secondaires sexuels ont disparu chez les hommes qui avaient arrêté le traitement à cause d’eux (notice de la FDA, en anglais).
  2. La notice britannique (en anglais) mentionne, sous « Fréquence indéterminée », des troubles de l’érection, de la libido et de l’éjaculation qui ont persisté après l’arrêt.
  3. Nous n’avons trouvé aucun test qui repère à l’avance les personnes qui seront touchées, et l’agence britannique du médicament juge les données sur les effets persistants « contrastées » (évaluation de la MHRA, en anglais). Les patients appellent cela le PFS.

Presse : contact@sidefxhub.com

Miles avait 23 ans et perdait ses cheveux quand il a décidé d’essayer le finastéride. Avant de prendre son premier comprimé, il s’est beaucoup renseigné. Regardez l’extrait pour voir ce que ses recherches lui ont appris.

Miles en entretien avec Moral Medicine, juin 2023 (en anglais). Dans cet extrait d’environ une minute et demie, il répond à la question de savoir s’il avait été prévenu, et la personne qui mène l’entretien ajoute un commentaire. Les opinions exprimées sont les leurs.

« J’avais vraiment très peur », dit-il. En ligne, il entendait sans cesse que le risque était de « moins d’un pour cent » et que les effets secondaires « finissent toujours par partir ». Tout est allé bien pour lui « pendant un an et demi ». Puis les troubles de l’érection ont commencé, à 25 ans, et plus tard l’émoussement émotionnel que décrivent beaucoup de personnes atteintes de PFS.

Vais-je avoir un PFS à cause du finastéride ?

Nous n’avons trouvé aucun moyen de le savoir à l’avance. En octobre 2026, nous avons fait des recherches dans PubMed et dans la dernière évaluation de l’agence du médicament. Nous n’avons trouvé aucun test ni aucune étude qui repère, avant le premier comprimé, les personnes à risque.

L’agence britannique du médicament (MHRA) a passé en revue les études (en anglais) en 2024. Certaines suggéraient que les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de troubles psychiques avaient plus de risques d’avoir des effets secondaires. Selon la MHRA, ces études avaient de réelles limites, et tout le monde devrait être suivi « quels que soient ses antécédents cliniques ou familiaux ».

Une grande étude a montré que la durée du traitement comptait. Des équipes de la Northwestern University, à Chicago, ont examiné les dossiers médicaux (en anglais) de jeunes hommes qui prenaient du finastéride à la dose utilisée contre la chute de cheveux. Chez environ 8 sur 1 000, des troubles de l’érection ont duré au moins trois mois après l’arrêt. Le risque était plus élevé chez ceux qui l’avaient pris plus longtemps.

Cette étude ne comptait qu’un seul symptôme, et seulement lorsqu’il était noté dans un dossier médical. Nous n’avons trouvé aucune étude qui ait compté la fréquence du PFS dans son ensemble.

Les effets secondaires du finastéride disparaissent-ils ?

Pour la plupart des hommes suivis dans les essais, oui. Dans les essais sur lesquels repose la notice de la FDA (en anglais), environ 4 hommes sur 100 sous finastéride ont signalé des effets secondaires sexuels, contre environ 2 sur 100 sous comprimé factice. Ces effets ont disparu chez les hommes qui avaient arrêté le traitement à cause d’eux, et chez la plupart de ceux qui l’avaient poursuivi.

La notice britannique (en anglais) indique que certains effets secondaires « ont disparu à l’arrêt du traitement ». Elle en cite ensuite trois qui n’ont pas disparu, dont une « difficulté persistante à obtenir une érection après l’arrêt du traitement ». À côté de chacun figure la mention « Fréquence indéterminée » : la notice ne peut donc pas dire à quelle fréquence cela arrive.

Chez certaines personnes, cela a duré des années après l’arrêt. Nous n’avons trouvé aucune étude qui prédise quelles personnes seront touchées, ni si cela s’atténuera. Notre article sur l’arrêt du finastéride explique ce qui arrive alors aux cheveux et aux effets secondaires.

Le finastéride peut-il causer de l’anxiété ou une dépression ?

Oui, selon la notice britannique. Elle cite l’anxiété, la dépression et les idées suicidaires parmi les effets secondaires possibles. Selon la MHRA, l’anxiété a été ajoutée aux informations sur le produit en 2017.

Marshall a pris du finastéride pendant cinq ans sans problème. Puis, dit-il, tout s’est déclenché « comme un interrupteur qu’on allume » : des crises de panique si fortes qu’il croyait faire des crises cardiaques. Les examens à l’hôpital n’ont rien trouvé d’anormal au cœur, et au début il n’a pas fait le lien avec les comprimés. L’extrait mérite une minute : il montre à quel point un premier signe peut ressembler à autre chose.

Marshall en entretien avec Moral Medicine, juillet 2024 (en anglais). Dans cet extrait d’un peu plus d’une minute, il décrit ses premiers symptômes. Les opinions exprimées sont les siennes.

Plus tard dans le même entretien, interrogé sur son rétablissement, il dit se sentir tout à fait bien la plupart du temps.

Le 11 mai 2026, la MHRA a demandé aux médecins de donner ce conseil à leurs patients (en anglais) pour la dose de 1 mg utilisée contre la chute de cheveux : « arrêtez immédiatement le finastéride 1 mg si vous développez une dépression ou des idées suicidaires, et contactez votre médecin dès que possible ». Elle vous demande aussi de dire à votre médecin si vous avez déjà eu une dépression ou des idées suicidaires.

Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7.

Que puis-je faire ?

Le finastéride aide beaucoup d’hommes à garder leurs cheveux. Savoir s’il vous convient est une décision qui vous revient, avec le médecin qui vous le prescrit.

Connaissez les signes. La liste de la notice est courte : moins d’envie sexuelle, difficultés à obtenir une érection, troubles de l’éjaculation, humeur dépressive, et toute grosseur ou douleur dans un sein. Elle vous demande de « noter ce qui s’est passé, quand cela a commencé et combien de temps cela a duré ». Par exemple : « Finastéride 1 mg depuis mars 2025. Baisse de la libido depuis juin. »

Beaucoup de personnes disent qu’il a fallu du temps pour être prises au sérieux : apportez la phrase de la notice. Notre guide quel médecin consulter pour un PFS peut vous aider.

Trois questions à poser au médecin qui vous prescrit le traitement

  1. Quels signes doivent me faire arrêter et vous appeler ?
  2. Comment vérifierons-nous que tout va bien, et quand ?
  3. Si quelque chose change après l’arrêt, qui dois-je consulter ?

Vous pouvez commencer ainsi : « J’ai lu la liste des effets secondaires dans la notice. Pouvons-nous passer en revue ce que je dois surveiller ? »

Une boîte de finastéride 1 mg (Propecia) avec une plaquette marquée des jours de la semaine, du lundi au dimanche, et un petit comprimé devant
Finastéride 1 mg (Propecia), dans un emballage canadien. Au Royaume-Uni, chaque boîte contient aussi la notice et une carte patient sur l’humeur et les effets secondaires sexuels. Photo : Kristoferb, domaine public, via Wikimedia Commons.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
  • Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (MedDRA 10082430 ; en anglais : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome).

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

Suis-je à l’abri si je n’ai eu aucun effet secondaire depuis des mois ? Ni la notice ni la MHRA ne fixent un moment à partir duquel tout risque serait écarté. Parmi les signalements reçus par l’agence britannique figurent des effets secondaires apparus après des années de traitement (évaluation de la MHRA, en anglais), et Miles n’a rien ressenti pendant un an et demi. Notre article sur le moment où commencent les effets secondaires du finastéride donne les détails.

Un PFS peut-il survenir après quelques comprimés ? Certaines personnes disent que leurs symptômes ont commencé après quelques comprimés, même si la plupart des signalements décrivent un traitement plus long. Notre article sur le PFS après quelques comprimés revient sur ces témoignages et sur les personnes qui les portent.

Existe-t-il un test pour le PFS ? Non. Les auteurs des critères diagnostiques de 2022 notent qu’il n’existe pas de biomarqueur. Leurs critères reposent donc sur ce qui a changé et sur le fait que cela ait duré au moins trois mois après l’arrêt, une fois les autres causes écartées. Notre page sur le syndrome post-finastéride explique ce que l’on sait.

Miles s’était renseigné et entendait sans cesse que les effets secondaires finissent toujours par partir. Lisez la liste complète des signes dans la notice et, si quelque chose change et dure, signalez-le.

Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

Sources

  1. Propecia 1 mg film-coated tablets: patient information leaflet (en anglais), dernière révision en mai 2026, electronic medicines compendium (emc). Section 2 : troubles de l’humeur et dépression. Section 4 : certains effets secondaires « disappeared when treatment is stopped ». Sous « Frequency unknown » : troubles persistants de l’érection, de la libido et de l’éjaculation après l’arrêt, anxiété, idées suicidaires. Également : « make a note of what happened, when it started and how long it lasted ».
  2. Propecia (finastéride), notice de la FDA (en anglais), révisée en août 2022, DailyMed. Section 6.1 : dans l’analyse groupée, 36 hommes sur 945 sous finastéride (3,8 %) et 20 sur 934 sous placebo (2,1 %) ont signalé des effets indésirables sexuels. « Resolution occurred in men who discontinued therapy with PROPECIA due to these side effects and in most of those who continued therapy. » Section 6.2 : dysfonction sexuelle ayant persisté après l’arrêt.
  3. MHRA, Finasteride and dutasteride: updated safety warnings for psychiatric side effects and sexual dysfunction (en anglais), Drug Safety Update, volume 19, numéro 10, 11 mai 2026. Conseils que les professionnels de santé doivent transmettre aux patients ; cartes patient dans les boîtes de 1 mg et de 5 mg.
  4. MHRA, Finasteride: review of safety data and expert advice on management of risks (en anglais), rapport public d’évaluation, avril 2024. Anxiété ajoutée aux informations sur le produit en 2017. Les données sur les effets secondaires psychiatriques et sexuels persistants sont « mixed » (contrastées). Signalements Yellow Card : début des symptômes entre 1 jour et 5 923 jours. Section « Effect in different risk groups » : antécédents personnels ou familiaux de trouble psychiatrique, avec des limites ; surveillance « regardless of their clinical or family history ».
  5. Kiguradze T, Temps WH, Yarnold PR et al. Persistent erectile dysfunction in men exposed to the 5α-reductase inhibitors, finasteride, or dutasteride (en anglais). PeerJ 2017;5:e3020. Dossiers de Northwestern Medicine. Hommes de 16 à 42 ans sous finastéride à 1,25 mg par jour ou moins : 34 sur 4 284 (0,8 %) ont eu des troubles de l’érection persistant au moins 90 jours après l’arrêt ; la durée d’exposition était le facteur prédictif le plus fort ; durée médiane de persistance 1 534 jours.
  6. Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés. Section 5 : effets du finastéride pouvant survenir indépendamment de toute difficulté sexuelle (troubles cognitifs, dépression, idées suicidaires). « In the absence of a biomarker » ; trouble présent au moins 3 mois après l’arrêt ; autres causes exclues.
  7. Moral Medicine, Post Finasteride Syndrome: Man Didn’t Believe It Could Happen to Him (en anglais), entretien avec Miles, 19 juin 2023. Début du traitement à 23 ans à partir de 1:53 ; la règle du forum sur les 72 heures à 3:46 ; « a lot of research » à 27:02. « Less than one percent » à 3:26 et 27:13 ; « I was super scared » à 27:04 ; « always go away » à 27:16. Troubles de l’érection à 25 ans à partir de 4:48 ; « for a year and a half » à 28:32. Extrait diffusé : de 27:02 à 28:37.
  8. Moral Medicine, Man Takes Finasteride for 5 Years Before Developing PFS (en anglais), entretien avec Marshall, 3 juillet 2024. Cinq ans avant les premiers symptômes à 3:51 ; « flipped on like a light switch » à 4:03 ; examens cardiaques à partir de 4:27 ; interrogé sur son rétablissement, il se sent « 100% » la plupart du temps, à 13:33. Extrait diffusé : de 3:57 à 5:15.

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