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Je crois avoir une PSSD : que faire ?

Vous pensez avoir une PSSD ? Notez votre médicament et vos symptômes, parlez-en à votre médecin, n’arrêtez pas d’un coup et signalez-le.

SIDEfxHUB est une association de patients. Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et ces informations ne remplacent pas un avis médical. Ne commencez, n’arrêtez ni ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez ici. Parlez-en d’abord à votre médecin.

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Par Morten SkovPublié le Mis à jour le
Je crois avoir une PSSD : que faire ?

Si vous pensez avoir une dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD), commencez par noter votre médicament, vos dates et ce qui a changé, puis apportez ces notes à votre médecin. N’arrêtez pas votre antidépresseur d’un coup et ne le changez pas sans avis médical. Sachez aussi que vous pouvez le signaler et parler à des personnes qui sont passées par là.

La PSSD peut persister après l’arrêt d’un antidépresseur ISRS ou IRSN, et elle ne se résume pas aux troubles sexuels. Les critères de 2022 décrivent un changement durable de la sensibilité des organes génitaux, souvent un engourdissement, et citent aussi un émoussement émotionnel, des troubles cognitifs (des difficultés à réfléchir) et des changements dans d’autres sens.

Selon la notice britannique de Cipralex (escitalopram ; Seroplex en France), des troubles sexuels se sont, dans certains cas, « prolongés après l’arrêt du traitement » (en anglais). Vous ne l’imaginez pas, et vous n’êtes pas la première personne concernée.

Quels sont les premiers signes de la PSSD ?

Beaucoup de personnes le remarquent après l’arrêt ou la diminution du traitement, mais cela peut commencer pendant la prise. On décrit souvent un engourdissement au toucher, un orgasme avec peu ou pas de plaisir, et une baisse du désir.

Beaucoup de personnes se sentent aussi éteintes. La musique, la nourriture ou les proches qu’elles aiment ne les touchent plus comme avant. Certaines ont du mal à réfléchir clairement. Les critères diagnostiques de 2022 (en anglais) citent ces symptômes non sexuels à côté des symptômes génitaux.

Au début, il peut être difficile de distinguer la PSSD d’un syndrome de sevrage. Selon les critères, les effets secondaires ordinaires « peuvent se prolonger quelques jours ou semaines », et une fois que les troubles durent trois mois, la PSSD est plus probable. Nos guides PSSD ou syndrome de sevrage et Comment diagnostiquer la PSSD détaillent ces points.

Dois-je arrêter mon antidépresseur ?

C’est à vous et au médecin qui vous l’a prescrit de décider. N’arrêtez pas d’un coup.

La notice de Cipralex dit : « N’arrêtez pas de prendre Cipralex avant que votre médecin ne vous le dise. » Quand le traitement prend fin, elle indique que la dose est « réduite progressivement sur plusieurs semaines », car un arrêt rapide augmente le risque de symptômes de sevrage.

Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous prenez encore le vôtre, ou si vous venez de l’arrêter, parlez-en au médecin qui vous l’a prescrit avant de rien changer. Beaucoup de membres de notre communauté disent qu’une diminution lente et planifiée leur a semblé plus sûre qu’un arrêt brutal. C’est leur expérience, pas une garantie.

Comment parler de la PSSD à mon médecin traitant ?

Apportez un court récapitulatif, pour que la consultation parte des faits :

  1. Votre médicament : « Sertraline 50 mg à partir de janvier 2023, dernier comprimé en mars 2024. »
  2. Ce qui a changé : « Le toucher est engourdi », « orgasme sans plaisir », « je me sens émotionnellement vide ».
  3. Quand cela a commencé : avant, pendant la prise ou après l’arrêt.
  4. Comment c’était avant : « Aucun problème avant 2023. »
  5. Ce que votre médecin vous demandera aussi : autres médicaments, alcool, diabète, ménopause.

Trois questions à poser à votre médecin

  1. Mon médicament pourrait-il expliquer ce que je ressens, même après l’arrêt ?
  2. Que faut-il écarter d’autre ?
  3. Quelle est la prochaine étape si cela ne s’améliore pas ?

Vous pouvez commencer ainsi : « Je pense que mon antidépresseur a provoqué des changements qui ne sont pas partis. Puis-je les passer en revue avec vous ? »

Apportez aussi la phrase de la notice. Notre lettre pour votre médecin peut vous aider.

Il n’existe pas d’analyse de sang pour la PSSD. Les analyses peuvent écarter d’autres causes, et un résultat normal n’exclut pas la PSSD. Notre article sur la PSSD et les analyses de sang explique ce qu’elles montrent.

Vidéo : comprendre la PSSD

Si vous voulez quelque chose à partager avec vos proches ou votre médecin, la professeure Joanna Moncrieff, psychiatre à l’University College London (UCL), parle de la PSSD et de ce que les médecins en savent. C’est un contexte général, qui ne porte pas sur votre cas. La vidéo est en anglais et nous n’avons pas vérifié la présence de sous-titres en français.

La professeure Joanna Moncrieff sur la PSSD. PSSD Network, juin 2026, environ 90 secondes, en anglais.

Comment tenir pendant les premières semaines ?

Les premières semaines après un crash peuvent faire peur. La peur est une réaction normale, et elle peut gêner la réflexion : avancez une étape à la fois.

  • Parlez-en à une personne de confiance. Un ami ou un proche n’a pas besoin de tous les détails. « Je traverse quelque chose de difficile et j’aurais besoin de soutien » suffit.
  • Protégez votre sommeil. Il est souvent perturbé. Gardez les mêmes heures de coucher et de lever, et évitez la caféine en fin de journée.
  • Occupez-vous de l’essentiel. Mangez régulièrement, buvez de l’eau, prenez l’air ou faites un peu d’exercice si vous le pouvez. Certaines personnes trouvent que l’alcool aggrave leur état.
  • Ne prenez pas de grandes décisions dans la première panique. Les changements de traitement se décident avec le médecin qui vous suit.

Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112.

Parler à des personnes qui comprennent aide souvent le plus. Nos groupes WhatsApp sont animés par des personnes touchées par la PSSD, le PFS et le syndrome post-Accutane. Elles y partagent ce qui les a aidées à tenir et ce qu’elles demandent aux médecins.

Rosie, présidente du PSSD Network, parle de sa propre PSSD dans son entretien sur notre site. Dans cet extrait, en anglais, elle décrit ce que c’est de vivre avec.

Un extrait (de 25:48 à 29:12) de l’entretien de Rosie avec Moral Medicine (en anglais), juillet 2024. Rosie est présidente du PSSD Network ; les opinions exprimées sont les siennes.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère les signaux.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch. Notre guide Comment signaler une PSSD au Yellow Card montre chaque étape.
  • Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction).

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

La PSSD est-elle permanente ? Chez certaines personnes, elle a duré des années après l’arrêt. On ne sait pas encore quelles personnes seront touchées, ni si cela s’atténuera. Personne n’a mesuré la fréquence de la PSSD, et c’est pourquoi les signalements comptent.

Et si mon médecin ne me croit pas ? Beaucoup de personnes disent qu’il a fallu du temps pour être prises au sérieux. Apportez vos notes et la phrase de la notice, et demandez ce qui pourrait l’expliquer d’autre. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin.

Les femmes peuvent-elles avoir une PSSD ? Oui. Les femmes décrivent un engourdissement génital, une perte d’excitation et un orgasme avec peu de plaisir, ainsi que des changements émotionnels. Notre article sur la PSSD chez la femme présente ce qu’elles décrivent.

Rédigez vos notes ce soir et apportez-les à votre médecin. Notre page sur la PSSD est un bon point de départ.

Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

Sources

  1. Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés, élaborés par accord d’experts. Section 3 : « Un changement durable de la sensibilité somatique (tactile) ou érogène (sexuelle) des organes génitaux après l’arrêt du traitement » ; les symptômes associés comprennent un « émoussement émotionnel », « d’autres troubles sensoriels » et des « troubles cognitifs ». Section 9 : les effets secondaires « peuvent se prolonger quelques jours ou semaines » ; « une fois que la dysfonction dure trois mois, il s’agit plus probablement d’une PSSD ».
  2. Lundbeck Limited. Notice de Cipralex (escitalopram) (en anglais), Electronic Medicines Compendium (notice britannique). Rubrique 2 : des troubles sexuels « se sont prolongés après l’arrêt du traitement » dans certains cas. Rubrique 3 : « N’arrêtez pas de prendre Cipralex avant que votre médecin ne vous le dise » ; la dose est « réduite progressivement sur plusieurs semaines ».
  3. GOV.UK. Report a problem with a medicine or medical device (en anglais).
  4. PSSD Network, Professor Joanna Moncrieff discusses Post-SSRI Sexual Dysfunction (en anglais), juin 2026. Contexte général.
  5. Moral Medicine, Interview with PSSD Network President Rosie (en anglais), 9 juillet 2024.

Sources vérifiées le 22 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique.

Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Parlez-en à votre médecin avant toute décision concernant votre traitement.

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