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PSSD et analyses de sang : résultat normal

Aucune analyse de sang ne diagnostique la PSSD. Elles cherchent d’autres causes, et un résultat normal ne l’exclut pas. Quoi demander à votre médecin.

SIDEfxHUB est une association de patients. Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et ces informations ne remplacent pas un avis médical. Ne commencez, n’arrêtez ni ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez ici. Parlez-en d’abord à votre médecin.

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Par Morten SkovPublié le Mis à jour le
PSSD et analyses de sang : résultat normal

Aucune analyse de sang établie ne permet de diagnostiquer la dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD), une maladie qui peut persister après l’arrêt d’un antidépresseur ISRS ou IRSN. Les analyses de sang cherchent d’autres explications, et un résultat normal n’exclut pas la PSSD.

La PSSD ne se résume pas aux troubles sexuels. Son cœur est un changement durable de la sensibilité des organes génitaux, souvent un engourdissement. Les critères de 2022 décrivent aussi un émoussement émotionnel, des troubles cognitifs (des difficultés à réfléchir) et des changements dans d’autres sens. « Vos analyses sont normales » n’explique rien de tout cela. La bonne question est de savoir ce que ces analyses vérifiaient, et ce qu’il reste à explorer.

Selon la notice britannique de Cipralex (escitalopram), des troubles sexuels se sont, dans certains cas, « prolongés après l’arrêt du traitement » (en anglais). Aucune analyse de sang ne mesure cela.

À quoi servent les analyses de sang, et lesquelles ?

Les analyses de sang cherchent d’autres problèmes de santé qui pourraient expliquer des symptômes sexuels. Elles sont utiles, même si elles ne peuvent pas dire si vous avez une PSSD.

Les critères proposés en 2022 (en anglais) s’appuient sur l’historique de vos traitements, sur les changements de sensibilité des organes génitaux et sur la question de savoir si une autre maladie ou un autre médicament pourrait expliquer les symptômes. Sous l’intitulé « Il devrait y avoir », ils demandent « aucune maladie actuelle qui pourrait expliquer les symptômes ». Les analyses de sang aident sur ce point. Elles ne remplacent pas le reste.

Si vous avez déjà des symptômes, dites à votre médecin quand ils ont commencé et si vous prenez toujours le médicament. Notre article Comment diagnostiquer la PSSD sans test ? explique plus en détail les critères proposés.

Il n’existe pas de « bilan sanguin PSSD » standard. Le choix dépend de vos symptômes, de vos antécédents et de ce que cherche votre médecin.

Pour les hommes qui consultent pour la première fois à cause de troubles de l’érection, les recommandations de la British Society for Sexual Medicine (en anglais) préconisent trois analyses. Elles cherchent d’autres causes de troubles de l’érection. Ce n’est pas un bilan PSSD.

  • La glycémie à jeun mesure le sucre dans le sang, y compris un éventuel diabète.
  • Le bilan lipidique mesure le cholestérol et les autres graisses du sang.
  • La testostérone du matin montre si le taux de testostérone mérite un examen plus approfondi.

Aucune ne peut montrer si vous avez une PSSD, ni si un antidépresseur a causé vos symptômes.

Ce sont des exemples, pas une liste à cocher pour tout le monde. Pour les femmes, ou pour des symptômes autres que les troubles de l’érection, les analyses doivent correspondre aux antécédents et aux symptômes de la personne. Notre article sur la PSSD chez la femme présente ce que décrivent les femmes.

Mes analyses sont normales : qu’est-ce que cela veut dire ?

« Normal » veut généralement dire qu’un résultat se situe dans les valeurs de référence du laboratoire. Cela ne veut pas dire que toutes les explications ont été vérifiées, ni que vos symptômes sont imaginaires. Le NHS explique les analyses de sang et leurs résultats (en anglais).

Un résultat hormonal normal ne mesure ni la sensibilité des organes génitaux, ni le plaisir, ni l’émoussement émotionnel. Décrivez ces changements même si personne ne vous interroge.

Dans une étude de 2019 auprès de 62 personnes qui avaient signalé une PSSD à RxISK (en anglais), l’une d’elles a écrit :

« Chaque fois que j’en ai parlé à un médecin généraliste, on m’a fait consulter un psychiatre, après quelques analyses de sang qui revenaient toujours normales. »

Personne n° 4, citation telle que publiée. Certaines personnes ont décrit le soutien de médecins ; d’autres ne se sont pas senties écoutées. Elles avaient signalé la PSSD via un site consacré à la sécurité des médicaments : l’étude ne dit donc pas comment l’ensemble des patients sont pris en charge.

Si vous reconnaissez cette expérience, ramenez la discussion sur les symptômes qui restent. Un résultat peut être normal alors que le changement que vous décrivez mérite encore de l’attention.

Et si ma testostérone ou ma prolactine est anormale ?

Un résultat hormonal haut, bas ou limite demande une explication de la part de votre médecin. Il ne confirme pas la PSSD, et on ne doit pas le balayer sous prétexte que vous soupçonnez une PSSD.

L’article des critères de 2022 indique que des taux hormonaux limites sont parfois observés dans la PSSD, et que cela « pourrait être une conséquence de ces maladies plutôt qu’une cause ». Il ne cite aucun taux hormonal qui permette de la diagnostiquer.

La prolactine est une hormone produite par une petite glande située à la base du cerveau. Les ISRS peuvent l’augmenter pendant que vous les prenez : la notice britannique de Cipralex cite parmi les effets secondaires une « augmentation du taux sanguin de l’hormone prolactine ». Personne n’a montré qu’un taux élevé cause la PSSD après l’arrêt.

Demandez le résultat chiffré et ses valeurs de référence, pas seulement « normal » ou « anormal », et gardez-les avec la date de l’analyse.

Vidéo : comprendre la PSSD

Vous découvrez la PSSD ? Dans cette courte vidéo, la professeure Joanna Moncrieff, psychiatre à l’University College London (UCL), parle de la PSSD et de ce que les médecins en savent. Elle donne un contexte pour la discussion avec votre médecin ; elle ne dit rien des résultats sanguins. La vidéo est en anglais et nous n’avons pas vérifié la présence de sous-titres en français.

La professeure Joanna Moncrieff sur la PSSD. PSSD Network, juin 2026, environ 90 secondes, en anglais.

Comment préparer ma consultation chez le médecin traitant ?

Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider. N’arrêtez pas du jour au lendemain.

Apportez un court récapitulatif :

  • Le médicament : nom, dose et dates, par exemple « Sertraline 50 mg à partir de janvier 2023, dernier comprimé en mars 2024. »
  • Les changements : engourdissement des organes génitaux, baisse du désir, difficultés d’érection, orgasme avec peu de plaisir, et changements au-delà de la sexualité, comme se sentir émotionnellement vide ou avoir du mal à réfléchir clairement. Notez quand chacun a commencé et comment c’était avant.
  • Les analyses déjà faites : des copies des résultats avec les dates et les valeurs de référence, ainsi que vos autres médicaments et compléments.

Trois questions à poser à votre médecin

  1. Que cherche chacune de ces analyses ?
  2. Qu’expliquent mes résultats, et qu’est-ce qui reste sans réponse ?
  3. Quelle est la prochaine étape si les symptômes continuent ?

Vous pouvez commencer ainsi : « Mes résultats sont normaux, mais j’ai toujours des symptômes. Pouvons-nous passer en revue ce qui a été vérifié ? »

Apportez aussi la phrase de la notice. Si votre médecin n’est pas convaincu, vous pouvez quand même le signaler.

Rosie, présidente du PSSD Network, parle de sa propre PSSD dans son entretien sur notre site. Dans cet extrait, en anglais, elle décrit ce que c’est de vivre avec.

Un extrait (de 25:48 à 29:12) de l’entretien de Rosie avec Moral Medicine (en anglais), juillet 2024. Rosie est présidente du PSSD Network ; les opinions exprimées sont les siennes.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère les signaux.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt. Des analyses de sang normales ne vous empêchent pas de faire un signalement.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch. Notre guide Comment signaler une PSSD au Yellow Card montre chaque étape.
  • Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction).

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

Un bilan hormonal fait à vos frais peut-il diagnostiquer la PSSD ? Non. Un test mesure un taux hormonal, pas la PSSD. Avant de payer un bilan, demandez ce que chaque analyse chercherait et qui vous en expliquera les résultats. Apportez-les à votre médecin traitant pour qu’ils figurent dans un seul dossier.

Combien de temps après l’arrêt faut-il attendre pour faire des analyses ? Les critères ne fixent aucun délai pour les analyses. Ils disent que les effets secondaires ordinaires « peuvent se prolonger quelques jours ou semaines », et qu’une fois que les troubles durent trois mois, la PSSD est plus probable. Vous n’avez pas besoin d’attendre pour consulter votre médecin ni pour faire un signalement.

Vous ne repartirez peut-être pas de votre prochain rendez-vous avec toutes les réponses. Demandez à repartir en sachant ce qui a été vérifié, ce qui reste incertain et ce qui se passe ensuite. Notre page sur la PSSD est un bon point de départ.

Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

Sources

  1. Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés, élaborés par accord d’experts ; ce n’est pas une étude de validation d’analyses de sang. Section 3, critère nécessaire 2 : « Un changement durable de la sensibilité somatique (tactile) ou érogène (sexuelle) des organes génitaux après l’arrêt du traitement » ; les symptômes non sexuels associés « peuvent inclure » un « émoussement émotionnel », une « dépersonnalisation », « d’autres troubles sensoriels touchant la peau, l’odorat, le goût ou la vue » et des « troubles cognitifs ». Critère 8, sous « Il devrait y avoir » : « Aucune maladie actuelle qui pourrait expliquer les symptômes. » Section 9, hormones : des taux limites « pourraient être une conséquence de ces maladies plutôt qu’une cause ». Section 9, délai : les effets secondaires « peuvent se prolonger quelques jours ou semaines ». Section 9 également : « une fois que la dysfonction dure trois mois, il s’agit plus probablement d’une PSSD ».
  2. Healy D, Le Noury J, Mangin D. Post-SSRI sexual dysfunction: patient experiences of engagement with healthcare professionals (en anglais). Int J Risk Saf Med 2019;30:167-178. Questionnaire rempli par 62 personnes de 23 pays recrutées via RxISK.org. Citation de la personne P4, section 3.2, traduite de l’anglais et reproduite telle que publiée.
  3. Hackett G, Kirby M, Wylie K et al. British Society for Sexual Medicine guidelines on the management of erectile dysfunction in men, 2017 (en anglais). J Sex Med 2018;15(4):430-457. Résumé : la glycémie à jeun, le bilan lipidique et la testostérone totale du matin « devraient être considérés comme obligatoires chez tous les patients qui consultent pour la première fois ». Concerne les hommes qui consultent pour des troubles de l’érection ; ce n’est pas un protocole de dépistage de la PSSD.
  4. Lundbeck Limited. Notice de Cipralex (escitalopram) (en anglais), Electronic Medicines Compendium, notice britannique révisée en mai 2025. Rubrique 2 : des troubles sexuels « se sont prolongés après l’arrêt du traitement » dans certains cas. Rubrique 4 : « Augmentation du taux sanguin de l’hormone prolactine ».
  5. NHS. Blood tests et Antidepressants (en anglais).
  6. GOV.UK. Report a problem with a medicine or medical device (en anglais).
  7. PSSD Network, Professor Joanna Moncrieff discusses Post-SSRI Sexual Dysfunction (en anglais), juin 2026. Utilisée comme contexte général, pas comme preuve sur les analyses de sang.
  8. Moral Medicine, Interview with PSSD Network President Rosie (en anglais), 9 juillet 2024.

Sources vérifiées le 22 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique.

Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Parlez-en à votre médecin avant toute décision concernant votre traitement.

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