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PSSD : quel médecin consulter au Royaume-Uni ?

Nous ne connaissons aucune clinique du NHS pour la PSSD. Voyez votre généraliste ou prescripteur, avec vos dates et la notice, et demandez une orientation.

SIDEfxHUB est une association de patients. Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et ces informations ne remplacent pas un avis médical. Ne commencez, n’arrêtez ni ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez ici. Parlez-en d’abord à votre médecin.

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Par Morten SkovPublié le Mis à jour le
PSSD : quel médecin consulter au Royaume-Uni ?

En octobre 2026, nous ne connaissons aucune clinique du NHS créée pour la PSSD, une maladie qui peut persister après l’arrêt d’un antidépresseur ISRS ou IRSN. Commencez par votre médecin généraliste ou par le médecin qui vous a prescrit le médicament : apportez vos dates et l’avertissement de la notice, et demandez une orientation vers l’urologie ou vers un service de thérapie psychosexuelle.

La PSSD ne se limite pas aux troubles sexuels. Son noyau est une modification durable de la sensibilité génitale, souvent un engourdissement, et les critères de 2022 (en anglais) décrivent aussi un émoussement émotionnel, des difficultés de réflexion et des changements dans les autres sens. Parlez de tout cela à votre médecin.

Vous devrez sans doute faire le lien vous-même. Les médecins ne demandent pas systématiquement si les effets secondaires sexuels ont disparu après le dernier comprimé, note un article de 2024. C’est donc souvent au patient d’aborder le sujet.

L’essentiel en trois points

  1. Les notices britanniques des antidépresseurs avertissent que des troubles sexuels ont, dans certains cas, persisté après l’arrêt (en anglais).
  2. En mars 2025, le Royal College of Psychiatrists a écrit que les personnes ayant des effets secondaires sexuels persistants devraient recevoir « un soutien approprié et rapide » (en anglais).
  3. Nous n’avons trouvé aucun service du NHS créé pour la PSSD (octobre 2026). Vous pouvez la signaler vous-même (en anglais), quel que soit le médecin que vous voyez.

Presse : contact@sidefxhub.com

Katie, qui vit au Royaume-Uni, s’est vu prescrire de la fluoxétine (Prozac) à 21 ans. Quand ses troubles sexuels ont continué après l’arrêt, elle est retournée voir son généraliste. Les médecins ont mis cela sur le compte d’une faible estime de soi, d’un traumatisme et de la dépression, dit-elle. Un professionnel de santé lui a suggéré qu’elle était peut-être asexuelle.

Katie, interviewée par Moral Medicine, mai 2026 (en anglais). Lire l’histoire de Katie.

« J’ai un problème sexuel causé par la fluoxétine », dit Katie. « C’est un problème médical. » Ce n’est que l’an dernier qu’elle a fait le lien avec les comprimés et obtenu un diagnostic officiel.

Existe-t-il un spécialiste de la PSSD au Royaume-Uni ?

Pas au sein du NHS, pour autant que nous ayons pu le vérifier. Nous n’avons trouvé aucune page sur la PSSD sur le site du NHS, et nous ne connaissons aucune clinique du NHS qui la prenne en charge. Vous pouvez consulter à vos frais un médecin spécialisé en médecine sexuelle ou en urologie, mais nous n’en recommandons aucun nommément. Demandez-lui d’écrire à votre généraliste, pour que votre dossier au NHS reste complet.

Ce qui existe, c’est une promesse d’aide. Le Royal College of Psychiatrists, qui représente les psychiatres au Royaume-Uni, a publié sa page sur les antidépresseurs en mars 2025. Elle mentionne la PSSD et indique que davantage de recherches sont nécessaires. Elle ajoute : « Il est important que les personnes qui ont des effets secondaires sexuels persistants reçoivent un soutien approprié et rapide. » Elle ne dit pas où.

La professeure Joanna Moncrieff, psychiatre au Royaume-Uni, vaut bien 90 secondes avant votre rendez-vous. Elle estime que les gens devraient connaître la PSSD, et savoir que leur propre médecin ne la connaît peut-être pas.

La professeure Joanna Moncrieff parle de la dysfonction sexuelle post-ISRS. Vidéo publiée par le PSSD Network (90 secondes, en anglais). Les opinions exprimées sont les siennes.

Faut-il voir mon généraliste ou le médecin qui m’a prescrit le traitement ?

L’un comme l’autre peut être votre premier interlocuteur. C’est votre généraliste qui vous oriente vers l’hôpital. Si c’est un psychiatre ou une équipe de santé mentale qui vous a prescrit votre antidépresseur, prévenez-les aussi.

Venez avec l’avertissement de votre propre notice. La notice britannique de la sertraline, par exemple, indique que des troubles sexuels peuvent survenir, et ajoute : « Dans certains cas, ces symptômes ont persisté après l’arrêt du traitement. » La page du NHS sur les effets secondaires des antidépresseurs (en anglais) dit la même chose en termes plus simples.

Écrivez ensuite votre historique sur une page :

  • « Citalopram 20 mg de juin 2021 à avril 2023. »
  • « Organes génitaux engourdis depuis mai 2023. Orgasme presque sans sensation. »
  • « Aucun problème de ce type avant 2021. »

Mentionnez expressément l’engourdissement, même si l’on ne vous interroge que sur le désir sexuel. C’est le signe que les médecins recherchent pour diagnostiquer une PSSD. Notre lettre pour votre médecin, gratuite, réunit tout cela sur une page, avec les sources.

Trois questions à poser à votre généraliste

  1. Mon médicament pourrait-il expliquer des symptômes qui ont continué après l’arrêt ?
  2. Quelles autres causes devons-nous rechercher, et comment ?
  3. Vers qui pouvez-vous m’orienter, et cela peut-il figurer dans mon dossier ?

Vous pouvez commencer ainsi : « Ma notice indique que ces problèmes peuvent continuer après l’arrêt. Je pense que c’est ce qui m’est arrivé. »

Vers quel spécialiste mon généraliste peut-il m’orienter ?

Cela dépend du problème que vous présentez. Pour des troubles de l’érection qui reviennent, le NHS indique (en anglais) de consulter un généraliste ou de se rendre dans un centre de santé sexuelle. Les hommes peuvent aussi être orientés vers un urologue ; notre article sur le PFS explique comment se passe une consultation d’urologie.

Certains services de santé sexuelle du NHS proposent une thérapie psychosexuelle pour les hommes et les femmes. La brochure de l’un d’eux cite les médicaments parmi les causes physiques des troubles qu’il prend en charge. Elle demande une orientation par le généraliste, et précise : « vous pourrez avoir six séances ».

C’est une thérapie par la parole, individuelle ou en couple, et la brochure précise qu’il n’y a pas d’examen physique. Ce n’est pas un test de dépistage de la PSSD, et un thérapeute ne peut pas modifier votre traitement.

Si vous consultez un sexothérapeute à vos frais, le NHS indique qu’il devrait être membre du COSRT, l’organisation professionnelle des thérapeutes en sexualité et en relations de couple. Le 22 mai 2025, une thérapeute a écrit sur le site du COSRT qu’il est « essentiel qu’en tant que thérapeutes, nous connaissions la PSSD pour pouvoir soutenir ceux qui en décrivent les symptômes ».

Que puis-je faire ?

Ces médicaments aident beaucoup de gens. Si vous avez des effets secondaires, la décision vous revient, avec le médecin qui vous les a prescrits. N’arrêtez pas un antidépresseur du jour au lendemain.

Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Apportez la phrase de la notice. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin. Si vous commencez tout juste à comprendre ce qui vous arrive, Je crois avoir une PSSD : que faire ? présente les premières étapes.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch.
  • Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction).

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

Et si mon médecin dit que c’est la dépression ? Beaucoup de personnes l’entendent. Les médecins peuvent se dire que « le médicament n’est plus dans l’organisme » et que le problème doit donc être psychologique, note un article de 2024 (en anglais). La dépression peut affecter la sexualité, et il vaut la peine de l’écarter. Mais selon les critères diagnostiques adoptés par des chercheurs en 2022, un diagnostic psychiatrique n’exclut pas la PSSD, et des analyses de sang normales non plus.

Je suis une femme. Qui dois-je consulter ? Commencez de la même façon par votre généraliste. Les services de thérapie psychosexuelle reçoivent les femmes comme les hommes, et les mêmes critères diagnostiques s’appliquent, avec une lubrification vaginale diminuée comme signe supplémentaire. Notre page sur la PSSD chez la femme présente ce que décrivent les femmes.

Faut-il un diagnostic avant de faire un signalement ? Non. Tout le monde peut envoyer une Yellow Card, y compris un patient, et le doute suffit. Notre guide Comment signaler une PSSD au Yellow Card montre quoi écrire.

Les données sur la PSSD restent minces : les critères sont proposés, et personne ne sait à quelle fréquence elle survient. Ce n’est pas une raison pour vous renvoyer sans réponse.

Il a fallu des années à Katie pour mettre un nom sur ce qui lui était arrivé : la PSSD. Écrivez vos dates sur une page, apportez-la à votre généraliste, et faites un signalement, quel que soit le médecin que vous voyez.

Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

Sources

  1. Lustral (sertraline) 50 mg et 100 mg, comprimés pelliculés, notice (en anglais), Electronic Medicines Compendium, dernière révision en décembre 2025. Rubrique 2, « Sexual problems » : « Medicines like Lustral (so called SSRIs) may cause symptoms of sexual dysfunction (see section 4). In some cases, these symptoms have continued after stopping treatment. »
  2. Royal College of Psychiatrists, Antidepressants (en anglais), publié en mars 2025, prochaine révision en mars 2028. Partie sur les effets secondaires des ISRS : « Rarely people can experience more persistent sexual side-effects after they have stopped taking SSRIs. The term ‘post SSRI sexual dysfunction’ (PSSD) has been used by some people to describe these symptoms. » « More research is needed to understand why this happens and how common it is. It is important that people experiencing ongoing sexual side-effects receive appropriate and timely support. »
  3. NHS, Side effects of antidepressants (en anglais), page vérifiée pour la dernière fois le 12 juin 2025 : « for some people, these problems may carry on after stopping antidepressants ».
  4. Healy D, Mangin D. Post-SSRI sexual dysfunction: barriers to quantifying incidence and prevalence (en anglais). Epidemiol Psychiatr Sci 2024;33:e40. Un commentaire : les médecins « do not routinely enquire about the resolution of sexual side effects after stopping an antidepressant », et les symptômes des patients peuvent être attribués à un trouble psychique en cours.
  5. Healy D, Bahrick A, Bak M, et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Un diagnostic psychiatrique en cours « does not prevent » (n’empêche pas) un diagnostic de PSSD. La rubrique 3 décrit aussi un émoussement émotionnel et des changements cognitifs et sensoriels.
  6. Amanda Hall, AccCOSRT, Post SSRI Sexual Dysfunction (PSSD) (en anglais), College of Sexual and Relationship Therapists (COSRT), actualités, 22 mai 2025. « It is therefore critical that, as therapists, we know about PSSD to be able to support those who describe the symptoms. » Également : les thérapeutes qui ne peuvent pas prescrire ne devraient pas dire à leurs patients s’ils doivent prendre un médicament.
  7. Royal Berkshire NHS Foundation Trust, Department of Sexual Health, Psychosexual therapy: information for patients (en anglais), vérifiée en avril 2026. Citée comme exemple du fonctionnement d’un service du NHS, pas comme une recommandation : médicaments cités parmi les causes physiques ; orientation par le généraliste ; séances de 50 minutes, « you may have six sessions » ; pas d’examen physique.
  8. NHS, Erection problems (erectile dysfunction) (en anglais), page vérifiée pour la dernière fois le 28 juillet 2023 : consulter un généraliste ou se rendre dans un centre de santé sexuelle si les troubles de l’érection reviennent ; les sexothérapeutes privés devraient être membres du COSRT ou de l’Institute of Psychosexual Medicine.
  9. NHS, Low sex drive (loss of libido) (en anglais), page vérifiée pour la dernière fois le 26 mai 2026 : les antidépresseurs figurent parmi les causes ; consulter un généraliste.
  10. Site du NHS, recherche « PSSD », 21 octobre 2026 : un seul résultat, une page sur le sepsis ; aucune page ni aucun service consacrés à la PSSD.
  11. Medicines and Healthcare products Regulatory Agency, Yellow Card scheme (en anglais). Terme MedDRA de plus bas niveau Post-SSRI sexual dysfunction, code 10086208.
  12. Moral Medicine, I Lost My Sexual Identity After Prozac (en anglais), entretien avec Katie, mai 2026. Son histoire sur notre site : l’histoire de Katie.
  13. PSSD Network, Professor Joanna Moncrieff discusses Post-SSRI Sexual Dysfunction (PSSD) (en anglais), YouTube, 90 secondes. Propos résumés d’après la vidéo ; les opinions exprimées sont les siennes.

Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Parlez-en à votre médecin avant toute décision concernant votre traitement.

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