Peur de la PSSD ? Ce qu’il faut savoir
Aucun moyen trouvé de prédire la PSSD. Selon une agence, les effets sexuels des ISRS passent en général à l’arrêt. Selon des notices, ils ont parfois duré.
SIDEfxHUB est une association de patients. Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et ces informations ne remplacent pas un avis médical. Ne commencez, n’arrêtez ni ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez ici. Parlez-en d’abord à votre médecin.
Si vous traversez un moment difficile :3114 (gratuit, 24 h/24)09 72 39 40 50 SOS AmitiéTrouver une ligne d’écoute dans votre pays

Nous n’avons trouvé aucun test ni aucune étude capable de vous dire à l’avance si un antidépresseur vous laissera une dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD). Selon l’agence néo-zélandaise du médicament, les effets secondaires sexuels se résorbent en général après l’arrêt. Les notices britanniques préviennent qu’ils ont parfois persisté : c’est cela, la PSSD.
La PSSD, ce n’est pas seulement des troubles sexuels. Son noyau est un changement durable de la sensibilité génitale, souvent un engourdissement, et les critères de 2022 (en anglais) décrivent aussi un émoussement émotionnel, des troubles de la pensée et des changements dans d’autres sens.
Sur les forums, on la présente tantôt comme une certitude, tantôt comme un mythe. Les documents officiels sont plus mesurés, et ils indiquent ce que vous pouvez faire avant votre premier comprimé et pendant le traitement.
L’essentiel en trois points
- Les effets secondaires sexuels des ISRS durent en général tant que le médicament est pris et se résorbent après l’arrêt (agence néo-zélandaise du médicament, juin 2026, en anglais).
- La notice britannique de la sertraline (en anglais) prévient que, dans certains cas, ils « ont persisté après l’arrêt du traitement ».
- Il n’existe pas de chiffre fiable sur leur fréquence (revue de 2023, en anglais), et nous n’avons trouvé aucun moyen de savoir à l’avance quelles personnes seront touchées. Les patients appellent cela la PSSD.
Presse : contact@sidefxhub.com
Victoria était étudiante quand le stress et les nuits sans sommeil l’ont amenée chez un médecin. Quand on lui a prescrit un antidépresseur, elle a posé une question que beaucoup de personnes qui lisent cette page reconnaîtront. L’extrait vaut ses 90 secondes : on y entend ce qu’elle a demandé, et ce qu’elle dit qu’on lui a répondu.
Elle a demandé trois fois à son médecin si c’était sans danger, dit-elle. Elle se souvient qu’on l’a prévenue de nausées et d’un peu plus d’anxiété au début, mais d’aucun effet qui pourrait durer. Elle dit vivre aujourd’hui avec une PSSD.
Vais-je avoir une PSSD ?
Nous n’avons trouvé aucun moyen de vous le dire à l’avance. Le 21 octobre 2026, nous avons cherché dans PubMed un test ou un facteur prédictif démontré, sans en trouver. Une revue cite des facteurs de risque possibles, comme des pistes de recherche. Les auteurs des critères de 2022 (en anglais) notent qu’il n’existe pas de biomarqueur et que la fréquence est inconnue.
Une étude donne une estimation. En Israël, des chercheurs ont examiné les dossiers médicaux (en anglais) d’hommes en bonne santé âgés de 21 à 49 ans. Ils ont compté les hommes qui avaient pris un antidépresseur agissant sur la sérotonine et à qui l’on prescrivait encore des médicaments contre les troubles de l’érection après l’arrêt. Cela concernait environ 1 homme sur 216 parmi ceux qui en avaient pris un.
Ils n’ont compté que les troubles de l’érection, chez des hommes, et précisent que le chiffre réel pourrait être plus élevé. Il n’existe pas de chiffre fiable pour les femmes, ni pour la PSSD dans son ensemble.
Dans une enquête en ligne (en anglais) menée auprès de personnes qui disaient avoir une PSSD, la plupart des 135 répondants étaient de jeunes hommes. Les auteurs l’associent aussi à des doses relativement élevées. Mais les participants s’étaient portés volontaires. Selon l’agence néo-zélandaise, on ne sait pas si davantage d’hommes ont une PSSD, ou si les hommes la signalent simplement plus souvent.
Joanna Moncrieff, professeure de psychiatrie à l’University College London (UCL), explique que les troubles sexuels pendant la prise d’antidépresseurs sont bien établis. Certaines personnes disent qu’ils persistent après l’arrêt, ajoute-t-elle. Son court extrait est un éclairage de psychiatre. Ce n’est pas le témoignage d’une patiente.
Les effets sexuels sous traitement annoncent-ils une PSSD ?
À eux seuls, non. Les effets secondaires sexuels des ISRS sont fréquents, et ils ne durent en général que tant que le médicament est pris, puis se résorbent après l’arrêt, selon un document de juin 2026 (en anglais) de l’agence néo-zélandaise du médicament.
La PSSD, c’est ce qui reste. Les critères de 2022 recherchent des troubles toujours présents au moins trois mois après le dernier comprimé. Le seul signe qu’ils exigent est un changement durable de la sensibilité génitale, comme un engourdissement. Notre article à partir de quand parle-t-on de PSSD explique les délais.
Les changements survenus pendant le traitement méritent quand même d’être signalés au médecin qui vous l’a prescrit. Dans l’enquête en ligne, la plupart des personnes qui disaient avoir une PSSD avaient eu des symptômes sexuels pendant la prise du médicament comme après. Un groupe plus restreint ne les avait eus qu’après l’arrêt.
Dois-je arrêter mon antidépresseur par précaution ?
Le NHS, le service de santé britannique, est clair sur la façon d’arrêter : « N’arrêtez pas de prendre un antidépresseur brutalement ni sans en avoir d’abord parlé à votre médecin. » C’est la phrase de sa page sur les antidépresseurs (en anglais).
Arrêter brutalement comporte ses propres risques. Selon la notice britannique de la sertraline, les réactions de sevrage sont fréquentes, « en particulier si le traitement est arrêté brutalement ». Elle recommande de diminuer la dose progressivement, sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, et de voir avec votre médecin comment procéder.
Dans notre recherche sur PubMed, nous n’avons trouvé aucune étude vérifiant si un arrêt précoce réduit la probabilité d’une PSSD. Le sevrage et la PSSD sont par ailleurs deux choses différentes (en français, « sevrage » ne veut pas dire que le médicament rend dépendant), et notre article PSSD ou sevrage explique comment les distinguer.
Que puis-je faire ?
Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, la décision vous revient, à vous et au médecin qui vous a prescrit le traitement. Comme le dit le NHS, n’arrêtez pas brutalement.
Avant votre premier comprimé, notez comment se passe votre sexualité aujourd’hui. Par exemple : « Libido normale, aucun engourdissement, orgasme normal, novembre 2026. » L’agence néo-zélandaise indique qu’un suivi régulier de la fonction sexuelle avant et pendant le traitement peut apporter des informations importantes.
Trois questions à poser au médecin qui vous prescrit le traitement
- Quels effets secondaires dois-je vous signaler tout de suite ?
- Que veut dire la notice quand elle indique que des troubles sexuels ont persisté après l’arrêt ?
- Si je veux arrêter un jour, comment diminuer la dose en toute sécurité ?
Vous pouvez commencer par : « J’ai lu la notice et j’ai quelques questions avant de commencer. »
Notre guide sur les questions à poser avant de commencer en contient d’autres. Si quelque chose change, dites-le au médecin qui vous a prescrit le traitement, avec vos dates : « Sertraline 50 mg depuis janvier 2026, engourdissement depuis mars. »
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction).
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
Mon anxiété peut-elle en être la cause ? Elle peut jouer un rôle. La page du NHS sur la baisse de libido (en anglais) cite le stress, l’anxiété et la dépression parmi les principales causes. Les critères de la PSSD demandent comment était la sexualité avant le médicament, et notre article PSSD ou dépression explique comment les médecins font la différence.
Les effets sexuels des ISRS disparaissent-ils toujours ? Selon l’agence néo-zélandaise, ils se résorbent en général après l’arrêt. Les notices britanniques préviennent que, dans certains cas, ils ont persisté. Notre article Les effets sexuels des ISRS disparaissent-ils ? fait le point sur ce que l’on sait du rétablissement.
La PSSD est-elle réelle ? Les notices britanniques des ISRS mettent en garde contre elle, et elle a son propre terme médical pour signaler les effets indésirables. Elle ne figure pas encore dans les manuels diagnostiques. Notre article La PSSD est-elle réelle ? détaille ce que dit chaque document.
Victoria a demandé trois fois à son médecin. Vous pouvez demander vous aussi, avec la phrase de la notice écrite sous les yeux.
Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
Sources
- Medsafe, Update on sexual dysfunction (post SSRI sexual dysfunction, PSSD) following discontinuation of serotonin reuptake inhibitors (en anglais), document pour le Medicines Adverse Reactions Committee, 11 juin 2026. Section 2.2 : les effets secondaires sexuels des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine « usually persist for as long as the medicine is taken and resolve after discontinuation ». Sur un point régulier de la fonction sexuelle : « before and during treatment can provide important information ». Sur l’enquête de Patacchini 2021 : « It is not known if PSSD is more prevalent in males, or more likely to be reported by them. »
- Lustral (sertraline) 50 mg and 100 mg film-coated tablets, patient information leaflet (en anglais), Electronic Medicines Compendium (EMC 2835), dernière révision en décembre 2025. Section 2, « Sexual problems » : « Medicines like Lustral (so called SSRIs) may cause symptoms of sexual dysfunction (see section 4). In some cases, these symptoms have continued after stopping treatment. » Section 2, « Withdrawal reactions » : elles sont fréquentes, « particularly if the treatment is stopped suddenly ». La dose est en général diminuée progressivement « over a period of several weeks or months ». Consulté le 21 octobre 2026.
- NHS, Antidepressants (en anglais), page revue pour la dernière fois le 12 juin 2025. « Do not stop taking an antidepressant suddenly or without talking to your doctor first. » Parmi les effets secondaires fréquents figurent des troubles sexuels, et « for some people, these problems may carry on after stopping antidepressants ». Consulté le 21 octobre 2026.
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. L’article indique « the incidence of these conditions is unknown » et écrit « in the absence of a biomarker ». Critère 2 de la PSSD : un changement durable de la sensibilité génitale après la fin du traitement. Critère 6 : présent au moins 3 mois après l’arrêt. Critère 7 : aucun trouble sexuel correspondant avant le médicament. Section 3 : symptômes accessoires non sexuels qui « may include » « emotional numbing », « other sensory problems involving skin, smell, taste or vision » et « cognitive impairment ». Critères proposés, établis par des experts.
- Ben-Sheetrit J, Hermon Y, Birkenfeld S et al. Estimating the risk of irreversible post-SSRI sexual dysfunction (PSSD) due to serotonergic antidepressants (en anglais). Ann Gen Psychiatry 2023;22:15. Dossiers médicaux d’hommes en bonne santé âgés de 21 à 49 ans dans un district de Clalit Health Services, en Israël : 4 hommes sur 866 traités par un antidépresseur sérotoninergique (0,46 %, « 1 in every 216 ») répondaient aux critères de cas de PSSD de l’étude. Un cas était un homme à qui l’on prescrivait encore un inhibiteur de la PDE-5 (médicament de l’érection) après l’arrêt de l’antidépresseur ; les antidépresseurs comprenaient des ISRS, des IRSN et des tricycliques. Troubles de l’érection uniquement ; les auteurs « acknowledge that it may underestimate the true prevalence of PSSD ».
- Tarchi L, Merola GP, Baccaredda-Boy O et al. Selective serotonin reuptake inhibitors, post-treatment sexual dysfunction and persistent genital arousal disorder: a systematic review (en anglais). Pharmacoepidemiol Drug Saf 2023;32(10):1053-67. Résumé : « It was not possible to determine reliable estimates of prevalence. »
- Patacchini A, Cosci F. Exposure to serotonin selective reuptake inhibitors or serotonin noradrenaline reuptake inhibitors and sexual dysfunction: results from an online survey (en anglais). Int J Risk Saf Med 2021;32(3):229-42. 135 personnes qui se décrivaient comme touchées par la PSSD, dont 115 hommes, âge moyen 31,9 ans. Le syndrome était « more represented among young, heterosexual males » après des « relatively high doses ». Sur les 135, 118 avaient eu des symptômes pendant et après le traitement, et 17 seulement après. Les participants s’étaient portés volontaires ; il n’y avait pas de groupe de comparaison.
- NHS, Low sex drive (loss of libido) (en anglais), page revue pour la dernière fois le 26 mai 2026. Parmi les principales causes : « stress, anxiety or depression ».
- Moral Medicine, Victoria’s PSSD Story (en anglais), entretien avec Victoria, 10 août 2026. A demandé trois fois à son médecin si c’était sans danger, de 5:25 à 6:03 ; prévenue de nausées et d’un surcroît d’anxiété au début, à partir de 6:22. Extrait diffusé : de 5:12 à 6:43. Son histoire sur notre site : l’histoire de Victoria.
- PSSD Network, Professor Joanna Moncrieff discusses Post-SSRI Sexual Dysfunction (PSSD) (en anglais), juin 2026. Paraphrasé d’après les sous-titres, de 0:00 à 0:47. Extrait diffusé : de 0:00 à 0:47.
- Nos recherches sur PubMed, 21 octobre 2026 : (post-SSRI sexual dysfunction OR PSSD) avec predict*, “risk factor*” ou biomarker* (43 résultats), et avec discontinu*, early ou duration plus risk ou prevent* (19 résultats). Aucune ne testait un moyen de prédire qui aura une PSSD, ni si un arrêt précoce réduit la probabilité. Peleg 2022 (Sex Med Rev, PMID 34627736) présente des « presumed risk factors » comme des hypothèses.
Ces informations ne remplacent pas un avis médical. Parlez-en à votre médecin avant toute décision concernant votre traitement.
620+ personnes se sont inscrites au registre.
Rejoignez-les, puis signalez vos effets secondaires.
Gratuit. L’inscription prend 2 minutes.