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Antidépresseurs chez l’ado : effets sexuels

Fluoxétine, sertraline : selon les notices britanniques, des effets sexuels ont parfois persisté après l’arrêt (PSSD). Leur texte sur les moins de 18 ans.

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Par Morten SkovPublié le
Antidépresseurs chez l’ado : effets sexuels

Les notices britanniques de la fluoxétine et de la sertraline, deux antidépresseurs de la famille des ISRS prescrits à des mineurs, citent des effets secondaires sexuels. Toutes deux préviennent que ces troubles ont parfois persisté après l’arrêt : on parle alors de dysfonction sexuelle post-ISRS, ou PSSD.

Cette mise en garde se trouve dans la boîte que votre enfant rapporte à la maison. En 2015, deux chercheurs ont écrit que les grands essais menés chez les moins de 18 ans ne posaient pas systématiquement de questions sur les effets secondaires sexuels.

L’essentiel en trois points

  1. Les notices britanniques de la fluoxétine (en anglais) et de la sertraline (en anglais) citent des effets secondaires sexuels. Chacune ajoute un paragraphe pour les moins de 18 ans, cité plus bas.
  2. Toutes deux disent : « Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement. »
  3. Il n’existe aucun chiffre fiable sur la fréquence. Les grands essais menés chez les moins de 18 ans ne posaient pas systématiquement la question (en anglais), ont écrit deux chercheurs. Les patients parlent de PSSD.

Presse : contact@sidefxhub.com

Jevin avait 11 ans quand on lui a prescrit du Zoloft, une marque de sertraline, lors d’une consultation en psychiatrie. À 10 ans, dit-il, il pleurait jusque tard dans la nuit, et l’accompagnement psychologique n’avait pas mené bien loin. Il avait 26 ans quand Moral Medicine l’a interviewé, en 2024.

Jevin, interviewé par Moral Medicine, juillet 2024 (en anglais). Un extrait d’un film de 41 minutes : ce sont les 46 premières secondes. Les opinions exprimées sont les siennes. Plus loin dans le film, il parle d’idées suicidaires. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

Il a pris des antidépresseurs par intermittence jusqu’à 25 ans environ, et c’est seulement alors qu’il a entendu parler de la PSSD. Il savait que des effets secondaires sexuels étaient indiqués pour ce médicament. Pourtant, dit-il, « une partie de tout ça, je pensais que c’était juste moi, juste ma personnalité, ou juste une de mes bizarreries ».

Les antidépresseurs provoquent-ils des effets secondaires sexuels chez les adolescents ?

Les notices en citent, et chacune ajoute un paragraphe pour les moins de 18 ans. La notice de la fluoxétine (en anglais) range « la baisse du désir sexuel ou les troubles sexuels » parmi ses effets secondaires fréquents. Pour les 8 à 18 ans, elle poursuit : « En plus des effets secondaires possibles énumérés ci-dessus, la fluoxétine peut ralentir la croissance ou éventuellement retarder la maturité sexuelle ».

La notice de la sertraline (en anglais) classe « la baisse de l’intérêt sexuel » parmi les effets fréquents, dans une liste d’effets secondaires « observés lors des essais cliniques chez l’adulte et après la commercialisation ». Pour les moins de 18 ans, elle ajoute : « Lors des essais cliniques menés chez des enfants et des adolescents, les effets secondaires étaient généralement semblables à ceux observés chez l’adulte ». Elle rapporte aussi une étude de trois ans dans laquelle les enfants traités par sertraline « se sont développés normalement, à l’exception d’une légère prise de poids chez ceux qui recevaient une dose plus élevée ».

Chaque notice parle de son propre médicament et de ses propres études. Aucune ne compare les deux.

La version longue de la notice de la fluoxétine (en anglais), destinée aux prescripteurs, indique : « Des cas isolés d’événements indésirables pouvant indiquer un retard de maturation sexuelle ou une dysfonction sexuelle ont été signalés lors de l’utilisation clinique en pédiatrie ».

À quelle fréquence ? Il n’existe aucun chiffre fiable. Les deux chercheurs, qui travaillent en pédopsychiatrie, ont écrit (en anglais) que les essais « n’évaluaient pas systématiquement les symptômes et les effets secondaires sexuels ».

Ce sont les notices britanniques, telles qu’elles existent en octobre 2026. Celle de la fluoxétine est celle d’un seul laboratoire, révisée pour la dernière fois en septembre 2022. La vôtre peut venir d’un autre laboratoire ou d’un autre pays : lisez donc la notice qui se trouve dans votre boîte.

Les effets secondaires sexuels des antidépresseurs peuvent-ils persister après l’arrêt ?

Oui, disent les notices. Toutes deux contiennent la même phrase, et elle ne mentionne aucun âge.

« Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement. »

Chez certaines personnes, la PSSD a duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si elle s’atténuera.

La seule étude qui ait tenté de chiffrer la PSSD s’appuyait sur les dossiers médicaux d’hommes âgés de 21 à 49 ans (en anglais).

En décembre 2025, l’agence britannique du médicament (MHRA) a indiqué que ses experts avaient recommandé de mettre à jour (en anglais) les notices de certains antidépresseurs au sujet d’une « dysfonction sexuelle qui peut persister après l’arrêt du traitement ».

Quand il a été interviewé, Jevin ne prenait plus ses comprimés depuis un peu plus d’un an. Quand on lui demande s’il a constaté des améliorations, il répond : « pas vraiment ». Ce qui le fait tenir, dit-il, c’est de croire qu’il peut aller mieux.

Que doivent surveiller les parents pendant un traitement par ISRS ?

L’humeur et le comportement. C’est la mise en garde que donne la notice de la fluoxétine elle-même pour cet âge : « Les patients de moins de 18 ans ont un risque accru d’effets secondaires tels que tentative de suicide, pensées suicidaires et hostilité (principalement agressivité, comportement d’opposition et colère) lorsqu’ils prennent cette classe de médicaments ».

À toute personne qui pense à se faire du mal, elle dit : « contactez votre médecin ou rendez-vous à l’hôpital immédiatement ». Le NHS, le service de santé britannique, indique pour le Royaume-Uni le 111 (page sur la fluoxétine, en anglais), ou le 999 si quelqu’un est en danger (page sur les antidépresseurs, en anglais). En France, en cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU) ou le 112. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

La notice suggère de demander à un membre de la famille ou à un ami proche de la lire. Pour l’Angleterre, les recommandations du NICE (en anglais), l’institut britannique qui les rédige, demandent un contact étroit avec le jeune et ses parents au début du traitement.

La croissance et la puberté, c’est au médecin de les suivre. La version destinée aux prescripteurs dit que la croissance et le « développement pubertaire » devraient être surveillés « pendant et après le traitement par fluoxétine ». Celle de la sertraline demande aux médecins de surveiller « la croissance et le développement ».

La fluoxétine chez un adolescent, vue de la maison

Avant la première prise
Les effets secondaires sont expliquésÀ votre enfant et à vous, avec une information écrite.
Les premières semaines
Un contact étroit avec le prescripteurÀ la maison, vous surveillez l’humeur et le comportement.
Pendant le traitement
La croissance et la puberté sont surveilléesC’est le prescripteur qui s’en charge.
Après la dernière prise
Le suivi de la croissance et de la puberté continuePar ailleurs, la notice dit que des effets secondaires sexuels ont parfois persisté.
Ce que demandent les documents britanniques, en octobre 2026. Sources : notice de la fluoxétine et sa version destinée aux prescripteurs ; recommandation NG134 du NICE.

Que puis-je faire ?

Ces médicaments aident beaucoup de jeunes, et le médecin qui les prescrit met cela en balance avec les risques, pour chaque enfant. Que votre enfant en prenne un ou non, et que faire face à un effet secondaire : c’est à vous, à votre enfant et au médecin qui prescrit le traitement d’en décider. La notice de la fluoxétine dit : « N’arrêtez pas de prendre la fluoxétine sans demander d’abord l’avis de votre médecin ».

Vous n’avez pas à poser de questions sur la sexualité à votre ado. Interroger sur les effets secondaires, c’est le rôle du prescripteur. Vous pouvez demander que tous les effets secondaires cités dans la notice soient passés en revue lors d’une consultation de suivi.

À la maison, une porte ouverte suffit. Dites à votre enfant que la notice cite des effets secondaires de ce genre. Dites-lui aussi qu’il est possible d’en parler à tout moment, avec vous, avec le médecin généraliste ou avec l’équipe de santé mentale.

À qui en parler ? Pendant le traitement, au prescripteur, souvent une équipe des CAMHS, les services britanniques de santé mentale de l’enfant et de l’adolescent. Ensuite, au médecin traitant de votre enfant. Apportez la notice, ouverte à la phrase sur les symptômes qui se prolongent après l’arrêt.

Notez les dates et ce que vous remarquez : « Fluoxétine 10 mg par jour à partir du 3 mars 2026. Depuis avril, parle moins et paraît plus terne ».

Pour les parents, YoungMinds, une association britannique, propose une ligne gratuite et confidentielle, la Parents Helpline (en anglais).

Vous pouvez signaler vous-même un effet secondaire que vous suspectez. Au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card (en anglais) reçoit les signalements des « patients, parents et aidants », pour soi-même ou pour quelqu’un d’autre « avec son accord ». Notre guide Comment signaler une PSSD au Yellow Card montre le formulaire.

La MHRA explique elle-même comment faire un signalement Yellow Card, environ 90 secondes (en anglais).

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
  • Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction).

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

Est-ce pareil pour la fluoxétine et la sertraline ? La phrase sur les symptômes qui se prolongent après l’arrêt est la même. Au Royaume-Uni, la fluoxétine est autorisée dans la dépression à partir de 8 ans, et la sertraline, avant 18 ans, dans le trouble obsessionnel compulsif. Chacune a son article : fluoxétine (Prozac) et sertraline.

Que dit le NHS ? Sa page sur les antidépresseurs (en anglais) dit que, chez certaines personnes, les troubles sexuels « peuvent continuer après l’arrêt des antidépresseurs ». Nous examinons cette page dans Antidépresseurs et sexe : le NHS britannique.

Que ressent-on avec la PSSD ? Des adultes la décrivent avec leurs mots dans Que ressent-on avec la PSSD ? et dans PSSD chez la femme. Notre page sur la PSSD donne le reste.

Jevin a été soutenu pendant son adolescence. « Ma mère était là tout du long », dit-il. « Elle a été une bouée de sauvetage pour moi. »

Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

Sources

  1. Fluoxetine 20 mg hard capsules, notice (en anglais), Royaume-Uni, la notice d’un seul laboratoire (Brown & Burk UK Ltd), Electronic Medicines Compendium (EMC 15755), dernière révision en septembre 2022, lue le 12 octobre 2026. Rubrique 1 : pour les enfants et les adolescents à partir de 8 ans, dans le trouble dépressif majeur modéré à grave, « uniquement en association avec une thérapie psychologique ». La rubrique 2 a pour titre « Thoughts of suicide and worsening of your depression or anxiety disorder » (pensées suicidaires et aggravation de votre dépression ou de votre trouble anxieux). On y lit : « Si vous avez, à un moment quelconque, des pensées de vous faire du mal ou de mettre fin à vos jours, contactez votre médecin ou rendez-vous à l’hôpital immédiatement ». Elle ajoute : « Il peut vous être utile de dire à un membre de votre famille ou à un ami proche que vous faites une dépression ou que vous souffrez d’un trouble anxieux, et de lui demander de lire cette notice ». La rubrique 2, « Children and adolescents (aged 8 to 18 years) » (enfants et adolescents de 8 à 18 ans), contient la phrase que nous citons en entier. Elle poursuit : « La fluoxétine ne devrait être utilisée chez les enfants et les adolescents de 8 à 18 ans que pour traiter les épisodes dépressifs majeurs modérés à graves (en association avec une thérapie psychologique) et ne devrait pas être utilisée pour traiter d’autres maladies ». Puis : « on ne dispose que d’informations limitées sur la sécurité à long terme de la fluoxétine en ce qui concerne la croissance, la puberté et le développement mental, émotionnel et comportemental dans cette tranche d’âge ». Un médecin peut tout de même la prescrire à un patient de moins de 18 ans, après avoir décidé que c’est « dans votre intérêt ». La notice ajoute : « Si votre médecin a prescrit de la fluoxétine à un patient de moins de 18 ans et que vous souhaitez en discuter, veuillez retourner voir votre médecin ». Et : « Vous devriez informer votre médecin si l’un des symptômes énumérés ci-dessus apparaît ou s’aggrave lorsque des patients de moins de 18 ans prennent de la fluoxétine ». La rubrique se termine ainsi : « La fluoxétine ne devrait pas être utilisée pour traiter les enfants de moins de 8 ans ». Rubrique 2, « Sexual dysfunction » (dysfonction sexuelle) : « Les médicaments comme la fluoxétine (appelés ISRS) pourraient causer des symptômes de dysfonction sexuelle (voir rubrique 4). Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement ». Ce paragraphe ne mentionne aucun âge. Rubrique 3, pour les 8 à 18 ans : « Le traitement devrait être instauré et surveillé par un spécialiste », avec une dose initiale de 10 mg par jour ; pour tout le monde, « N’arrêtez pas de prendre la fluoxétine sans demander d’abord l’avis de votre médecin ». Rubrique 4 : « baisse du désir sexuel ou troubles sexuels (y compris des difficultés à maintenir une érection pendant l’activité sexuelle) » figure parmi les effets fréquents, et « troubles sexuels, y compris troubles de l’orgasme, persistant occasionnellement après l’arrêt du traitement » parmi les effets peu fréquents. Le paragraphe pour les 8 à 18 ans, en entier : « En plus des effets secondaires possibles énumérés ci-dessus, la fluoxétine peut ralentir la croissance ou éventuellement retarder la maturité sexuelle. Des comportements liés au suicide (tentative de suicide et pensées suicidaires), une hostilité, une manie et des saignements de nez ont aussi été fréquemment signalés chez l’enfant. »
  2. Fluoxetine 20 mg hard capsules, résumé des caractéristiques du produit (en anglais), Royaume-Uni, la version destinée aux prescripteurs, texte révisé le 28 septembre 2022, lu le 12 octobre 2026. Rubrique 4.4, « Sexual dysfunction » (dysfonction sexuelle) : « Des cas de dysfonction sexuelle de longue durée ont été signalés, dans lesquels les symptômes ont continué malgré l’arrêt des ISRS ». La même rubrique dit, au sujet des moins de 18 ans : « on ne dispose que de données limitées sur les effets à long terme sur la sécurité chez l’enfant et l’adolescent, y compris les effets sur la croissance, la maturation sexuelle et le développement cognitif, émotionnel et comportemental ». Elle poursuit : « La possibilité d’un retard de puberté ne peut être exclue ». Puis : « La croissance et le développement pubertaire (taille, poids et stades de TANNER) devraient donc être surveillés pendant et après le traitement par fluoxétine. Si l’un ou l’autre est ralenti, l’avis d’un pédiatre devrait être envisagé ». La rubrique 4.8 précise que son tableau donne les effets indésirables « dans les populations adulte et pédiatrique ». Sous « Paediatric population » (population pédiatrique), on lit : « Les effets indésirables observés spécifiquement dans cette population, ou avec une fréquence différente, sont décrits ci-dessous ». L’un d’eux : « Des cas isolés d’événements indésirables pouvant indiquer un retard de maturation sexuelle ou une dysfonction sexuelle ont été signalés lors de l’utilisation clinique en pédiatrie ». La rubrique 5.3 décrit des études chez de jeunes animaux et indique : « La signification de ces résultats chez l’être humain est inconnue ».
  3. Lustral (sertraline) 50 mg et 100 mg, comprimés pelliculés, notice (en anglais), Royaume-Uni, Electronic Medicines Compendium (EMC 2835), dernière révision en décembre 2025, lue le 12 octobre 2026. Rubrique 2, « Sexual problems » (troubles sexuels) : « Les médicaments comme Lustral (appelés ISRS) pourraient causer des symptômes de dysfonction sexuelle (voir rubrique 4). Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement ». Ce paragraphe ne mentionne aucun âge. La rubrique 2, « Children and adolescents » (enfants et adolescents), commence ainsi : « La sertraline ne devrait habituellement pas être utilisée chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans, sauf chez les patients atteints d’un trouble obsessionnel compulsif (TOC) ». La notice situe cet usage entre 6 et 17 ans. Elle poursuit : « Les patients de moins de 18 ans ont un risque accru d’effets indésirables, tels que tentative de suicide, pensées de se faire du mal ou de mettre fin à leurs jours (pensées suicidaires) et hostilité ». Puis : « il est possible que votre médecin décide de prescrire Lustral à un patient de moins de 18 ans si c’est dans l’intérêt du patient ». Et : « Si votre médecin vous a prescrit Lustral, que vous avez moins de 18 ans et que vous souhaitez en discuter, veuillez contacter votre médecin ». Elle rapporte une étude de trois ans sur « la croissance, la maturation, l’apprentissage (cognitif) et le développement comportemental » chez « plus de 900 enfants âgés de 6 à 16 ans ». Résultat : « les enfants traités par sertraline se sont développés normalement, à l’exception d’une légère prise de poids chez ceux qui recevaient une dose plus élevée ». Rubrique 4 : « Les effets secondaires suivants ont été observés lors des essais cliniques chez l’adulte et après la commercialisation ». Parmi eux, « l’absence d’éjaculation » (très fréquent), « la baisse de l’intérêt sexuel » et « les troubles de l’érection » (fréquents), ainsi que « la dysfonction sexuelle » et « la dysfonction sexuelle chez la femme » (peu fréquents). Puis, sous « Additional side effects in children and adolescents » (effets secondaires supplémentaires chez les enfants et les adolescents) : « Lors des essais cliniques menés chez des enfants et des adolescents, les effets secondaires étaient généralement semblables à ceux observés chez l’adulte (voir ci-dessus). Les effets secondaires les plus fréquents chez les enfants et les adolescents étaient les maux de tête, l’insomnie, la diarrhée et les nausées ». La version destinée aux prescripteurs (en anglais), révisée en décembre 2025, indique à la rubrique 4.4 que « quelques cas de retard de croissance et de puberté retardée ont été signalés après la commercialisation. La pertinence clinique et le lien de causalité ne sont pas encore clairs », et que les médecins « doivent surveiller les patients pédiatriques sous traitement de longue durée pour repérer toute anomalie de la croissance et du développement ». Sa rubrique 4.8 : « Chez plus de 600 patients pédiatriques traités par sertraline, le profil général des effets indésirables était généralement semblable à celui observé dans les études chez l’adulte. »
  4. NICE, Depression in children and young people: identification and management (en anglais), recommandation NG134, publiée le 25 juin 2019, lue le 12 octobre 2026. Le jeune « (et ses parents ou aidants, selon le cas) devrait être informé des raisons du traitement médicamenteux, du délai avant qu’il agisse, de la durée du traitement, des effets secondaires possibles », avec une information écrite. « Des dispositions précises doivent être prises pour surveiller attentivement les effets indésirables des médicaments », par exemple « un contact hebdomadaire avec l’enfant ou le jeune et avec ses parents ou aidants pendant les 4 premières semaines du traitement ». La recommandation ne mentionne pas les effets secondaires sexuels.
  5. MHRA, Patient and family experiences inform antidepressant safety information review (en anglais), 1er décembre 2025. La Commission on Human Medicines a conseillé de renforcer la formulation des notices sur les comportements suicidaires. Elle a aussi « recommandé de mettre à jour les notices de certains antidépresseurs afin de mieux refléter les retours des patients et les données nouvelles sur la possibilité d’une dysfonction sexuelle qui peut persister après l’arrêt du traitement ». Elle ajoute : « Les patients devraient continuer à prendre leurs médicaments tels qu’ils ont été prescrits et ne pas arrêter ni modifier leur traitement sans en parler d’abord à un médecin ou à un professionnel de la santé mentale ». La page cite le NHS 111 et une ligne d’écoute britannique.
  6. NHS, Fluoxetine (en anglais), page révisée pour la dernière fois le 1er juin 2026 : « Appelez le NHS 111 si » vous « pensez à vous faire du mal ». NHS, Antidepressants (en anglais), page révisée pour la dernière fois le 12 juin 2025 : « Appelez le 999 ou rendez-vous immédiatement aux urgences si vous êtes en danger ou si vous pensez ne pas pouvoir assurer votre sécurité » ; les troubles sexuels « peuvent continuer après l’arrêt des antidépresseurs ». Les deux pages ont été lues le 12 octobre 2026.
  7. Agence européenne des médicaments (EMA), avis favorable à l’utilisation de Prozac chez les enfants et les adolescents (en anglais), communiqué de presse, 6 juin 2006 (UE). Le laboratoire « mettra aussi en place un système pour recueillir des données de sécurité chez les enfants traités, en particulier sur le développement sexuel ». Également lue : la notice de la FDA pour Prozac (en anglais), aux États-Unis, révisée en août 2023, rubrique 8.4 : « il n’existe pas d’études évaluant directement les effets à plus long terme de la fluoxétine sur la croissance, le développement et la maturation des enfants et des adolescents ».
  8. Levine A, McGlinchey E. Assessing sexual symptoms and side effects in adolescents (en anglais). Pediatrics 2015;135(4):e815-7. Un commentaire, et non une étude, de la Division of Child and Adolescent Psychiatry de l’université Columbia. À propos des grands essais de la fluoxétine et de la sertraline chez les moins de 18 ans : « les essais n’évaluaient pas systématiquement les symptômes et les effets secondaires sexuels ». Une revue plus ancienne arrivait au même constat : Scharko AM. Selective serotonin reuptake inhibitor-induced sexual dysfunction in adolescents: a review (en anglais). J Am Acad Child Adolesc Psychiatry 2004;43(9):1071-9. « Les informations sur la dysfonction sexuelle induite par les ISRS chez les adolescents font défaut. »
  9. Ben-Sheetrit J, Hermon Y, Birkenfeld S et al. Estimating the risk of irreversible post-SSRI sexual dysfunction (PSSD) due to serotonergic antidepressants (en anglais). Ann Gen Psychiatry 2023;22:15. Dossiers médicaux d’hommes âgés de 21 à 49 ans en Israël ; parmi les limites, les auteurs citent le fait de s’être concentrés sur les hommes et sur les troubles de l’érection. Une revue n’a trouvé aucune estimation fiable : Tarchi L, Merola GP, Baccaredda-Boy O et al. Selective serotonin reuptake inhibitors, post-treatment sexual dysfunction and persistent genital arousal disorder: a systematic review (en anglais). Pharmacoepidemiol Drug Saf 2023;32(10):1053-67.
  10. MHRA, dispositif Yellow Card, How to report (en anglais), lu le 12 octobre 2026. Les signalements viennent du « public (y compris les patients, les parents et les aidants) ». « Vous pouvez faire un signalement pour vous-même ou pour quelqu’un d’autre, avec son accord ». Le Yellow Card Centre Wales, sur sa page reporting for patients, carers and the public (en anglais), cite « votre enfant » parmi les personnes pour lesquelles vous pouvez faire un signalement.
  11. YoungMinds, Parents Helpline (en anglais), pour le parent ou la personne qui s’occupe principalement d’un jeune de 25 ans ou moins, dans tout le Royaume-Uni : « Elle est gratuite et confidentielle ». Quand nous avons lu la page, le 12 octobre 2026, le service n’était joignable que par e-mail pour le moment.
  12. Moral Medicine, entretien avec Jevin, 1er juillet 2024 (40 minutes). Tout vient des sous-titres automatiques de YouTube. Il a 26 ans (1:15, 4:50). À 10 ans, des pleurs jusque tard dans la nuit, et un accompagnement psychologique qui n’a pas mené bien loin (3:10 à 3:39). Une consultation en psychiatrie et le Zoloft à 11 ans (3:39 à 4:00). Des antidépresseurs par intermittence jusqu’à 25 ans environ (4:37 à 4:44). Arrêt « depuis un peu plus d’un an maintenant », et 25 ans avant de connaître la PSSD (4:53 à 5:03). Les effets indiqués pour le médicament et « une partie de tout ça, je pensais que c’était juste moi, juste ma personnalité, ou juste une de mes bizarreries » (5:46 à 6:00). « Ma mère était là tout du long. Elle a été une bouée de sauvetage pour moi » (16:56 à 17:03). Des améliorations : « pas vraiment » (33:28 à 33:33). Il croit qu’il peut aller mieux (37:45 à 37:51). Son témoignage sur notre site : Jevin : une première prescription à 11 ans.
  13. MHRA, Yellow Card - How to report (en anglais), 12 novembre 2024 (93 secondes).

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