Antidépresseurs et sexe : le NHS britannique
Le NHS britannique : les troubles sexuels peuvent durer après l’arrêt des antidépresseurs (PSSD). Les notices britanniques d’ISRS le disent depuis 2019.
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Le NHS, le service de santé britannique, classe les troubles sexuels parmi les effets secondaires fréquents des antidépresseurs. Il cite par exemple une baisse du désir ou des difficultés à atteindre l’orgasme. Sa page sur les antidépresseurs indique que, chez certaines personnes, ces troubles peuvent continuer après l’arrêt ; on parle alors de dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD).
Cette phrase est nouvelle. D’après les copies de la page conservées par Internet Archive, elle est apparue fin août 2026 : si vous avez lu la page avant cette date, elle mérite d’être relue.
L’essentiel en trois points
- Le NHS indique que les troubles sexuels « peuvent continuer après l’arrêt des antidépresseurs » (NHS, en anglais, en octobre 2026).
- Les notices britanniques des antidépresseurs ISRS portent une mise en garde à ce sujet depuis 2019 (réponse du gouvernement britannique, en anglais).
- Personne n’a mesuré à quelle fréquence cela arrive (revue de 2023, en anglais). Les patients appellent cela la PSSD.
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Connor, dont le prénom a été modifié, a commencé la sertraline dans la trentaine. Son premier effet secondaire, a-t-il dit à BBC News en 2023, a été un « engourdissement génital total ».
« Le problème, pour moi, dit-il dans le reportage, c’est que ces effets ont persisté pendant 12 mois après l’arrêt de la sertraline. »
Que dit le NHS des effets secondaires sexuels des antidépresseurs ?
Il les classe parmi les effets secondaires fréquents. La page du NHS sur les antidépresseurs (en anglais) cite une baisse du désir sexuel, des difficultés à atteindre l’orgasme, une sécheresse vaginale et des difficultés à obtenir ou à maintenir une érection.
Puis elle ajoute : « chez certaines personnes, ces troubles peuvent continuer après l’arrêt des antidépresseurs ». C’est la formulation de la page en octobre 2026.
La page dit aussi quoi faire. Parlez à votre médecin si vous avez du mal à gérer les effets secondaires, indique-t-elle. Au Royaume-Uni, tout effet indésirable suspecté peut être signalé via le dispositif Yellow Card.
Le NHS consacre aussi une page à chacun des sept antidépresseurs ISRS et IRSN qu’il cite, de la sertraline et du citalopram à la venlafaxine (pages en anglais). Si vous avez cherché votre propre médicament, c’est cette page-là que vous aurez vue. Nous avons lu les sept le 12 octobre 2026.
Chacune cite les « troubles sexuels, comme une baisse du désir sexuel (perte de libido) » parmi les effets secondaires fréquents. Chacune précise que sa liste n’est pas complète et renvoie à la notice qui accompagne le médicament.
Que dit la notice britannique ?
La mise en garde y tient en une phrase. La notice britannique de Lustral (en anglais), une marque de sertraline, indique : « Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement. »
Les notices britanniques des ISRS contiennent cette phrase depuis 2019. L’Agence européenne des médicaments (EMA) l’a demandée cette année-là, et le Royaume-Uni a fait la même modification. D’autres pays formulent leurs mises en garde autrement.
Dans la notice, la phrase arrive tôt, bien avant la liste des effets secondaires. Les étapes ci-dessous montrent où chercher. Notre article sur les effets secondaires sexuels de la sertraline passe en revue le reste de cette notice.
Trouver la phrase dans une notice britannique
Elle se trouve dans la boîte. Le NHS renvoie aussi au site electronic medicines compendium (medicines.org.uk/emc), où l’on peut la chercher.
« What you need to know before you take » (ce que vous devez savoir avant de prendre), suivi du nom de votre médicament.
Le titre est « Sexual problems » (troubles sexuels) ou « Sexual dysfunction » (dysfonction sexuelle).
« In some cases, these symptoms have continued after stopping treatment. » (Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement.)
Que dit le NICE (Angleterre) sur les antidépresseurs et la fonction sexuelle ?
Il demande aux médecins de parler des effets secondaires avec vous avant le début du traitement. Le NICE est l’organisme qui rédige les recommandations sur lesquelles s’appuient les médecins du NHS qui prescrivent en Angleterre.
Sa recommandation sur la dépression de l’adulte (en anglais) demande de discuter des effets néfastes possibles, y compris des effets secondaires que vous aimeriez particulièrement éviter. Ses exemples sont « la prise de poids, la sédation, les effets sur la fonction sexuelle ».
Elle demande aussi aux médecins de discuter des risques qu’il y a à poursuivre les antidépresseurs à long terme. Parmi ses exemples figurent les effets à long terme sur la fonction sexuelle. Notre article sur les effets à long terme des antidépresseurs en parle.
En octobre 2026, la phrase sur les troubles sexuels après l’arrêt figure donc sur la page du NHS consacrée aux antidépresseurs et dans la notice britannique, et elle ne figure pas sur les sept pages de médicaments ni dans les recommandations du NICE. En décembre 2025, l’agence britannique du médicament (MHRA) a indiqué qu’elle échangeait avec le NICE et d’autres organismes (en anglais) « pour améliorer la cohérence des messages de sécurité ».
Que puis-je faire ?
Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider. N’arrêtez pas du jour au lendemain.
Si les troubles n’ont pas disparu depuis l’arrêt, parlez-en à votre médecin traitant et donnez vos dates : « Sertraline 50 mg à partir de janvier 2023, dernier comprimé en mars 2024. »
Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Apportez la phrase de la notice britannique. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction).
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Notre guide Yellow Card pour la PSSD montre le formulaire britannique étape par étape.
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
Le NHS emploie-t-il le nom PSSD ? En octobre 2026, la page du NHS sur les antidépresseurs décrit le problème sans lui donner de nom. Le Royal College of Psychiatrists, l’organisation professionnelle des psychiatres britanniques, emploie ce nom sur sa page destinée aux patients (en anglais). Les dossiers médicaux du NHS ont un code pour cela depuis octobre 2024, a indiqué le gouvernement britannique au Parlement (en anglais). Notre article La PSSD est-elle réelle ? fait le point sur ce qui est reconnu à ce jour.
Combien de temps les troubles peuvent-ils durer ? Chez certaines personnes, ils ont duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela s’atténuera. En 2022, des médecins et des chercheurs ont rédigé des critères pour la PSSD (en anglais). Selon eux, une fois que les troubles ont duré trois mois après l’arrêt, il est plus probable qu’il s’agisse d’une PSSD.
À quelle fréquence cela arrive-t-il ? La page du NHS dit « chez certaines personnes » et la notice britannique dit « dans certains cas ». Aucune des deux ne donne de chiffre. Une revue des études publiée en 2023 (en anglais) a cherché une estimation fiable et n’en a pas trouvé. Personne n’a encore compté à quelle fréquence cela arrive. C’est pourquoi les signalements comptent.
Quand Connor a parlé à la BBC, son dernier comprimé remontait à un an et les troubles n’avaient pas disparu. Si c’est votre cas, signalez-le : un signalement compte, même des années plus tard.
Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
Sources
- NHS, Antidepressants (en anglais), page révisée pour la dernière fois le 12 juin 2025, lue le 12 octobre 2026. Les effets secondaires fréquents comprennent les « troubles sexuels, comme une baisse du désir sexuel, des difficultés à atteindre l’orgasme, une sécheresse vaginale ou des difficultés à obtenir ou à maintenir une érection ; chez certaines personnes, ces troubles peuvent continuer après l’arrêt des antidépresseurs ». Également : « Parlez à votre médecin si vous avez du mal à gérer les effets secondaires » et « Vous pouvez signaler tout effet indésirable suspecté grâce au dispositif de sécurité Yellow Card. » Parmi les antidépresseurs que la page cite figurent cinq ISRS (sertraline, citalopram, escitalopram, fluoxétine, paroxétine) et deux IRSN (duloxétine, venlafaxine). « Page last reviewed » (page révisée pour la dernière fois) est la date de révision que donne le NHS lui-même.
- Internet Archive (Wayback Machine), copies de la même page du NHS (en anglais), ouvertes le 12 octobre 2026. Dans la copie enregistrée le 25 août 2026, l’entrée se lit ainsi : « troubles sexuels, comme une baisse du désir sexuel, des difficultés à atteindre l’orgasme, ou des difficultés à obtenir ou à maintenir une érection ». La copie enregistrée le 28 août 2026 porte la formulation d’aujourd’hui. Les deux copies affichent « Page last reviewed: 12 June 2025 » : cette date ne montre donc pas quand la phrase a été ajoutée. « Fin août 2026 », dans cet article, repose sur ces deux copies.
- Pages du NHS sur les sept antidépresseurs ISRS et IRSN de la source 1 (en anglais), chacune lue le 12 octobre 2026, dont la sertraline (page révisée pour la dernière fois le 8 septembre 2025), le citalopram (26 juin 2026) et la venlafaxine (6 juillet 2026). Chacune classe les « troubles sexuels, comme une baisse du désir sexuel (perte de libido) » parmi les effets secondaires fréquents. Chacune indique « Ce ne sont pas tous les effets secondaires » du médicament et renvoie à la notice qui se trouve dans la boîte, ou au site electronic medicines compendium pour la chercher.
- Lustral (sertraline) 50 mg et 100 mg, comprimés pelliculés, notice britannique (en anglais), Electronic Medicines Compendium (EMC 2835), dernière révision en décembre 2025. Rubrique 2, « Sexual problems » : « Les médicaments comme Lustral (appelés ISRS) pourraient causer des symptômes de dysfonction sexuelle (voir rubrique 4). Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement. » La notice britannique de la fluoxétine (EMC 15755, en anglais, révisée en septembre 2022) contient la même phrase à la rubrique 2, sous « Sexual dysfunction ».
- NICE, Depression in adults: treatment and management (en anglais), recommandation NG222, publiée le 29 juin 2022, dernière révision le 30 janvier 2026 (une révision de la partie sur la dépression résistante au traitement), lue le 12 octobre 2026. Recommandation 1.4.10 : discuter des « effets néfastes, c’est-à-dire à la fois des effets secondaires possibles et des effets de sevrage, y compris des effets secondaires qu’elles aimeraient particulièrement éviter (par exemple la prise de poids, la sédation, les effets sur la fonction sexuelle) ». Recommandation 1.4.11 : « comment certains effets secondaires peuvent persister pendant toute la durée du traitement ». La recommandation 1.8.3 porte sur les risques de la poursuite des antidépresseurs à long terme, avec les effets à long terme sur la fonction sexuelle parmi ses exemples. Les recommandations du NICE s’appliquent en Angleterre.
- MHRA, Patient and family experiences inform antidepressant safety information review (en anglais), 1er décembre 2025. L’examen a porté sur les notices de 28 antidépresseurs. « La MHRA échange avec le National Institute for Health and Care Excellence (NICE), le British National Formulary (BNF) et les collèges royaux de médecine générale et de psychiatrie afin d’améliorer la cohérence des messages de sécurité dans une série d’autres communications. »
- Parlement britannique, question écrite 50758 (en anglais), réponse de la députée Karin Smyth pour le ministère britannique de la Santé (Department of Health and Social Care) le 13 mai 2025 : les informations sur le produit de tous les ISRS ont été « mises à jour en 2019 ». Question écrite HL7363 (en anglais), réponse de la baronne Merron le 16 mai 2025 : un code a été ajouté en octobre 2024 au système de dossiers médicaux électroniques, SNOMED.
- Agence européenne des médicaments (EMA), PRAC, new product information wording (en anglais), signaux adoptés lors de la réunion du 13 au 16 mai 2019, EMA/PRAC/265221/2019. Le texte prévu pour la notice des ISRS et des IRSN.
- Royal College of Psychiatrists, Antidepressants (en anglais), information destinée aux patients, publiée en mars 2025. Le texte indique que le terme « post SSRI sexual dysfunction » (PSSD) « a été employé par certaines personnes pour décrire ces symptômes ».
- Tarchi L, Merola GP, Baccaredda-Boy O et al. Selective serotonin reuptake inhibitors, post-treatment sexual dysfunction and persistent genital arousal disorder: a systematic review (en anglais). Pharmacoepidemiol Drug Saf 2023;32(10):1053-67. « Il n’a pas été possible d’établir des estimations fiables de la prévalence. »
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. « Une fois que la dysfonction dure depuis trois mois, il est plus probable qu’il s’agisse d’une PSSD. »
- BBC News, Antidepressants: Should we talk about side-effects? (en anglais), reportage d’Anton Ferrie, mis en ligne le 11 août 2023 (12 minutes 30 secondes), intégré ici sous forme d’extrait, de 5:54 à 6:57. Les propos de Connor viennent des sous-titres du reportage, à 5:54 et à 6:48. Connor est un prénom d’emprunt ; son âge au début du traitement vient de l’article de la BBC, Antidepressants: I wasn’t told about the side effects (en anglais), 9 août 2023. Cet article évoque aussi la mort par suicide d’un jeune homme. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.
- NHS Black Country Integrated Care Board, What is the Yellow Card Scheme? (en anglais), Medicine Safety Week, YouTube, 4 novembre 2021.
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