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Engourdissement génital après un ISRS

Dans la PSSD, l’engourdissement génital distingue la maladie d’une dépression qui revient. Ce que montre la recherche, et comment le signaler.

ParMorten SkovPublié leMis à jour le

Une sensibilité génitale réduite ou absente après un ISRS est un symptôme reconnu de la PSSD. Il a un nom, un rôle dans le diagnostic, et un code MedDRA sous lequel les agences du médicament peuvent le classer. Ce n’est pas le signe que votre dépression revient et, dans la recherche, c’est justement le symptôme qui sert à distinguer les deux.

Ce que les personnes décrivent

Il s’agit d’un changement de sensation physique, pas d’humeur ni d’intérêt. Certains décrivent un toucher qui enregistre la pression sans rien ressentir, une peau qui semble appartenir à quelqu’un d’autre, ou une couche entre eux et tout ce qu’ils touchent. Une partie perd complètement la sensibilité. Plus souvent, c’est la dimension érotique du toucher qui disparaît, alors que le toucher ordinaire fonctionne encore.

Le nom clinique est hypoesthésie génitale persistante après traitement, et il figure dans les critères diagnostiques de 2022 (en anglais) de la PSSD, la dysfonction sexuelle post-ISRS. Ces critères mentionnent aussi une sensibilité des mamelons diminuée et des changements sensoriels touchant la peau, l’odorat, le goût ou la vue.

Comment on le distingue d’une dépression

Une revue systématique de 2026 parue dans l’International Journal of Risk & Safety in Medicine a conclu que le diagnostic repose sur des « symptômes somatiques spécifiques comme l’engourdissement génital » (en anglais) pour distinguer la PSSD d’une dépression qui revient.

Cette distinction mérite d’être comprise, car une libido basse et une humeur plate se ressemblent de l’extérieur, quelle qu’en soit la cause. L’engourdissement, lui, ne ressemble à rien d’autre : la dépression n’anesthésie pas les tissus.

Ce qu’a montré la recherche

Pirani et ses collègues ont interrogé 2 179 personnes ayant des antécédents de traitement psychiatrique. Leurs résultats ont paru en ligne en 2024, puis sur papier dans Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 2025 (en anglais).

Antidépresseurs par le passé
13,2 % faisaient état d’un engourdissement génital persistant (93 sur 707)
Autres psychotropes
0,9 % (1 sur 102)
Rapport de cotes ajusté
14,2 fois plus élevé

Ce chiffre comporte une limite importante. Les participants formaient un sous-échantillon d’UnACoRN, une enquête auprès de personnes de minorités sexuelles et de genre âgées de 15 à 29 ans aux États-Unis et au Canada (en anglais) : les 13,2 % ne sont donc pas un taux de population générale. Ce que l’étude établit, c’est l’ampleur de l’écart entre deux groupes répondant à la même question.

La revue de 2026 (en anglais) indique que les symptômes ont persisté au-delà de six mois chez jusqu’à 74 % des cohortes touchées. Cela décrit la durée des symptômes chez des personnes qui les avaient déjà, pas la probabilité de les développer.

Ce qui pourrait en être la cause

Aucun mécanisme n’a été démontré. La revue de 2026 (en anglais) présente trois candidats à l’étude : la désensibilisation des récepteurs sérotoninergiques 5-HT1A, la baisse du neurostéroïde alloprégnanolone par inhibition de la 5-alpha-réductase, et l’extinction épigénétique des circuits dopaminergiques de la récompense.

Le deuxième relie deux maladies. La 5-alpha-réductase est l’enzyme que bloque le finastéride, et c’est en partie pour cela que la PSSD et le syndrome post-finastéride sont étudiés ensemble et partagent les mêmes critères diagnostiques (en anglais).

Traitement

Aucun traitement autorisé n’existe. La revue de 2026 (en anglais) décrit comme prometteurs, à titre préliminaire, les agonistes dopaminergiques hors autorisation de mise sur le marché et le laser de faible puissance. Cela signifie que les deux ont été essayés chez un petit nombre de personnes, et qu’aucun ne s’appuie encore sur des données solides.

Quiconque vous vend un remède pour cela va au-delà de ce que l’on sait.

Le signaler

Les agences du médicament enregistrent un code, pas vos mots. Un signalement classé sous un terme général devient introuvable pour qui compte les cas.

Code MedDRA 10086208
Terme en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction

Utilisez-le si vous avez pris un ISRS ou un IRSN. Recopiez ce texte exactement dans le champ de texte libre, puis décrivez l’engourdissement avec vos mots. « PSSD » est le nom employé par les patients et ne figure pas dans le dictionnaire : ne l’utilisez donc pas seul. Notre guide pour signaler des effets secondaires couvre le Royaume-Uni, les États-Unis et 63 autres pays.

Aucun médecin n’a besoin d’être d’accord avec vous, vous n’avez aucune preuve à apporter, et vous pouvez signaler des années après l’arrêt.

Quelqu’un qui le raconte

Grant explique ce qu’est réellement cet engourdissement.

Vous trouverez d’autres témoignages en vidéo.

Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

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