hCG et PFS : ce que l’on sait pour l’instant
Aucune étude n’a testé la hCG dans le syndrome post-finastéride (PFS). Certains disent qu’elle aide ; voici ses effets, ses risques et quoi demander.
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Aucune étude n’a testé la hCG comme traitement du syndrome post-finastéride (PFS), une maladie qui peut persister après l’arrêt du finastéride. Certaines personnes disent qu’elle les a aidées, mais aucun essai ne montre si elle fonctionne ni pour qui elle pourrait convenir.
Le PFS ne se résume pas aux troubles sexuels. Les critères diagnostiques de 2022 (en anglais) indiquent que le finastéride peut aussi entraîner des troubles cognitifs, une dépression et des idées suicidaires, qui peuvent survenir sans aucune difficulté sexuelle. Une injection hormonale qui vise la testostérone n’agit peut-être pas sur la plupart de ces troubles.
La notice britannique de Propecia mentionne « difficulté persistante à avoir une érection après l’arrêt du traitement » (en anglais), ainsi qu’une baisse durable de la libido et des troubles durables de l’éjaculation. C’est le point de départ pour toute personne qui s’intéresse aux traitements.
Qu’est-ce que la hCG, et pourquoi des personnes atteintes de PFS l’essaient-elles ?
La hCG (gonadotrophine chorionique humaine) est une hormone produite pendant la grossesse. Chez l’homme, elle agit comme la LH, le signal qui commande aux testicules de fabriquer de la testostérone. Les médecins l’utilisent pour certains problèmes hormonaux et de fertilité.
L’idée de l’essayer dans le PFS est simple : si la testostérone ou des hormones voisines sont perturbées, la hCG pourrait les faire remonter. C’est une théorie. Personne ne l’a testée chez des personnes atteintes de PFS.
Il y a un bémol. Dans une étude de Harvard (en anglais), des hommes qui avaient des symptômes persistants après le finastéride présentaient une testostérone et une DHT normales dans le sang. Si les taux sont déjà normaux, on ne voit pas bien ce que les faire monter corrigerait.
Que montrent vraiment les recherches sur la hCG ?
Les études sur la hCG portent sur d’autres groupes d’hommes ; elles ne peuvent donc rien nous dire du PFS.
- Hommes qui arrêtent la testostérone : une petite revue de dossiers d’une clinique (en anglais) portant sur 28 hommes passés à la hCG n’a relevé aucun problème cardiaque ou de caillot grave. Parmi ceux qui avaient une libido basse, peu d’énergie ou des troubles de l’érection, la plupart ont dit se sentir mieux. Il n’y avait pas de groupe de comparaison.
- Hommes en bonne santé dans un essai : une étude contrôlée contre placebo (en anglais) a montré que de faibles doses maintenaient la testostérone des testicules dans la normale, alors que le signal propre à l’organisme était coupé.
- Hommes avec des symptômes mais une testostérone normale : une étude de 2022 (en anglais) a examiné la hCG seule. Nous n’avons pas pu ouvrir le texte intégral ; nous n’en tirons donc rien.
- Produits hCG pour maigrir : une revue (en anglais) a averti que les produits vendus pour perdre du poids « pourraient faire plus de mal que de bien ».
Quels sont les risques de la hCG ?
La hCG modifie vos hormones, et dans le PFS personne ne sait comment l’organisme va réagir. Cette incertitude est le principal risque.
Faire monter la testostérone peut aussi faire monter l’estradiol, une forme d’œstrogène. Cela peut provoquer un gonflement ou une sensibilité des seins, que la notice de Propecia range déjà parmi les effets secondaires du finastéride. Des maux de tête et des variations de l’humeur sont aussi possibles. Les effets à long terme dans le PFS sont inconnus.
La hCG achetée sur internet sans ordonnance peut ne pas contenir ce qu’indique l’étiquette. La revue sur les produits amaigrissants a relevé précisément ce problème.
Questions à poser à votre médecin ou à votre endocrinologue
- Sur lesquels de mes symptômes la hCG pourrait-elle agir, et sur lesquels non ?
- Quelles analyses de sang ferait-on avant et pendant le traitement ?
- Quels effets secondaires devraient me faire arrêter, et comment saurait-on que ça ne marche pas ?
Vous pouvez commencer ainsi : « J’ai des symptômes persistants après le finastéride, et j’ai lu que certaines personnes essaient la hCG. Pouvons-nous voir si cela a du sens pour moi ? »
Les symptômes persistants ne viennent peut-être pas seulement des hormones présentes dans le sang. Des chercheurs se sont aussi intéressés aux hormones du cerveau.
Dans cet exposé court, en anglais, le Dr Michael Irwig, alors à l’université George Washington, décrit son étude de 2011 sur des hommes présentant des effets secondaires sexuels persistants. À partir de 3:36 environ, il se demande si le problème se situe dans les hormones du cerveau. Cela aide à comprendre pourquoi corriger un taux sanguin peut ne pas suffire ; ce n’est pas une donnée sur la hCG. Nous n’avons pas vérifié si des sous-titres en français existent.
Notre guide sur les analyses de sang dans le PFS explique quelles hormones les personnes évoquent souvent avec leur médecin.
Que puis-je faire ?
La hCG est un médicament sur ordonnance. La décision vous revient, avec un médecin qui connaît vos antécédents, idéalement un endocrinologue. Ne la commencez pas de votre propre initiative. Notre guide pour parler de votre PFS à votre médecin peut vous aider à vous préparer.
Gardez une trace avant de commencer quoi que ce soit : vos symptômes, vos résultats d’analyses avec les dates, et ce que vous ressentez semaine après semaine. Vous saurez ainsi si quelque chose a changé.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère les signaux.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch. Nos guides détaillent chaque étape pour Yellow Card et pour la FDA.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont continué après l’arrêt, écrivez Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (MedDRA 10082430 ; en anglais : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome).
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
La hCG guérit-elle le PFS ? Rien ne montre que ce soit le cas. Certaines personnes disent se sentir mieux, d’autres non, et personne ne l’a comparée à un faux traitement dans le PFS. Un changement peut aussi venir du temps ou d’autres événements de votre vie.
La hCG est-elle la même chose qu’un traitement à la testostérone ? Non. Le traitement à la testostérone apporte de la testostérone de l’extérieur. La hCG demande à vos propres testicules d’en fabriquer davantage. Les deux modifient vos hormones et exigent un suivi médical.
Où échanger avec des personnes qui l’ont essayée ? Nos groupes WhatsApp de soutien vous permettent de savoir ce que d’autres ont essayé. Considérez leur expérience comme le récit d’une seule personne, pas comme un conseil.
Si vous envisagez la hCG, apportez d’abord vos questions et vos notes à un médecin. Notre page sur le PFS est un bon point de départ.
Sources
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés. Section 5 : le finastéride peut aussi entraîner des troubles cognitifs, une dépression et des idées suicidaires, qui peuvent survenir sans dysfonction sexuelle.
- Propecia 1 mg Film-coated Tablets, notice destinée au patient (en anglais), Organon, Electronic Medicines Compendium. Rubrique 4, fréquence inconnue : « difficulté persistante à avoir une érection après l’arrêt du traitement » ; baisse persistante de la libido et troubles persistants de l’éjaculation après l’arrêt ; gonflement ou sensibilité des seins. Rubrique 2 : arrêtez et contactez votre médecin en cas de changements d’humeur.
- Basaria S, Jasuja R, Huang G et al. Characteristics of men who report persistent sexual symptoms after finasteride use for hair loss (en anglais). J Clin Endocrinol Metab 2016;101(12):4669-80. La testostérone et la DHT ne différaient pas de celles des témoins et restaient dans les valeurs normales.
- Rainer Q, Pai R, Zucker I, Ramasamy R, Masterson TA. The safety of human chorionic gonadotropin monotherapy among men with previous exogenous testosterone use (en anglais). Cureus 2022;14(6):e25826. Revue rétrospective de dossiers, une seule clinique américaine, 28 hommes, sans groupe témoin. « No VTEs or MACEs were observed » (aucun événement thromboembolique veineux ni événement cardiovasculaire majeur). 15 des 21 hommes avec troubles de l’érection, libido basse ou manque d’énergie ont rapporté une amélioration.
- Coviello AD, Matsumoto AM, Bremner WJ et al. Low-dose human chorionic gonadotropin maintains intratesticular testosterone in normal men with testosterone-induced gonadotropin suppression (en anglais). J Clin Endocrinol Metab 2005;90(5):2595-602. Étude randomisée contre placebo ; 29 hommes en bonne santé ; trois semaines.
- Efficacy and safety of human chorionic gonadotropin monotherapy for men with hypogonadal symptoms and normal testosterone (en anglais). 2022. Cité dans la version précédente de cet article ; la page n’a pas pu être ouverte le 22 octobre 2026 pour vérifier ses résultats, nous n’en tirons donc aucune conclusion.
- Evidence for, and associated risks with, the human chorionic gonadotropin supplemented diet (en anglais). J Diet Suppl 2016;13(6):694-9. Analyse du contenu de certaines préparations hCG pour régime ; elles « pourraient faire plus de mal que de bien ».
- GOV.UK. Report a problem with a medicine or medical device (en anglais).
- PFS Foundation, Persistent sexual side effects of finasteride (Propecia) for male pattern hair loss (en anglais), août 2012. Dr Michael Irwig. Contexte, pas une donnée sur la hCG.
Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
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