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Engourdissement génital : dû à un médicament ?

L’engourdissement génital a plusieurs causes, certaines urgentes. Il est aussi décrit après le finastéride, l’isotrétinoïne ou un ISRS : PFS, PAS, PSSD.

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Par Morten SkovPublié le
Engourdissement génital : dû à un médicament ?

L’engourdissement génital a plusieurs causes, et certaines demandent de consulter rapidement. Il est aussi décrit avec les antidépresseurs ISRS, le finastéride et l’isotrétinoïne, dont les notices britanniques préviennent que des troubles sexuels se sont prolongés après l’arrêt. On parle alors de dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD), de syndrome post-finastéride (PFS) et de syndrome post-Accutane (PAS).

Vous avez mal au dos et vous perdez aussi la sensibilité autour des organes génitaux ou de l’anus, ou vous remarquez des changements urinaires ou intestinaux ? Dans ce cas, le NHS, le service de santé britannique, dit d’appeler les secours ou d’aller aux urgences (en anglais). En France, composez le 15 (SAMU) ou le 112.

Les pages du NHS sur les effets secondaires de la sertraline, du finastéride et de l’isotrétinoïne (en anglais) citent des troubles du désir sexuel ou de l’érection. Aucune ne mentionne l’engourdissement : on passe donc facilement à côté du lien avec un médicament que l’on prend, ou que l’on a pris.

L’essentiel en trois points

  1. Un engourdissement des organes génitaux peut venir de l’atteinte d’un nerf, par exemple à cause du vélo ou d’un accouchement, dit le NHS (en anglais).
  2. La notice britannique de l’isotrétinoïne (en anglais) cite une « baisse de sensibilité des organes génitaux ». Celles de la sertraline et du finastéride ne le font pas.
  3. Un changement durable des sensations génitales est le signe clé de la PSSD dans les critères que des chercheurs ont publiés en 2022 (en anglais). Personne n’a mesuré à quelle fréquence cela arrive.

Presse : contact@sidefxhub.com

Francis était infirmier quand on lui a prescrit de la sertraline pour une dépression. Au bout de deux mois environ, quelque chose a changé pendant les rapports sexuels.

Un extrait de l’entretien de Francis avec Moral Medicine, août 2025 (en anglais), de 5:00 à 6:15. Les opinions exprimées sont les siennes. Ailleurs dans le film, il parle d’idées suicidaires. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

« J’ai perdu, complètement perdu la sensation », dit-il. Il pouvait encore avoir une érection, « mais là, j’étais engourdi ». Au début, il n’a pas fait le lien avec les comprimés. Quand il l’a fait, il les a arrêtés. Neuf ans plus tard, dit-il, « je n’ai plus jamais été le même ».

Quelles sont les causes d’un engourdissement génital ?

Un pénis, une vulve ou un clitoris engourdis : cela peut venir d’un nerf. La page du NHS sur la névralgie pudendale (en anglais), qui touche un nerf important du bassin, cite l’engourdissement des organes génitaux. Parmi les causes possibles : une blessure, une opération, un accouchement, ou la pression exercée par le vélo ou une position assise prolongée.

Le diabète en est une autre. Avec le temps, un taux de sucre élevé dans le sang peut abîmer les nerfs des organes génitaux et y atténuer les sensations. C’est ce qu’explique l’association britannique Diabetes UK (hommes, femmes ; en anglais).

Quels médicaments sont associés à un engourdissement génital ?

Trois types de médicaments portent, dans leur notice britannique, une mise en garde sur des troubles sexuels qui se sont prolongés après l’arrêt. Seule la notice de l’isotrétinoïne cite l’engourdissement génital.

  • Les antidépresseurs ISRS, comme la sertraline. La notice (en anglais) dit que, dans certains cas, les troubles sexuels « se sont prolongés après l’arrêt du traitement ».
  • Le finastéride, le comprimé contre la chute de cheveux. Sa notice (en anglais) cite des troubles de l’érection, du désir sexuel et de l’éjaculation qui ont persisté après l’arrêt.
  • L’isotrétinoïne, la capsule contre l’acné vendue sous le nom de Roaccutane au Royaume-Uni et d’Accutane aux États-Unis (en France : Contracné, Curacné, Procuta). Sa notice britannique (en anglais) cite une « baisse de sensibilité des organes génitaux ». Elle mentionne aussi des signalements de troubles sexuels durables qui « se sont prolongés malgré l’arrêt du traitement ».

Si la notice de l’isotrétinoïne cite l’engourdissement, c’est en raison de signalements. En 2023, un groupe d’experts britannique (en anglais) a relevé sept signalements de baisse de sensibilité des organes génitaux dans Yellow Card, le dispositif britannique de signalement des effets indésirables. Les données étaient limitées, écrivait-il, mais suffisantes pour ajouter ce symptôme à la notice.

Pour les ISRS et le finastéride, l’engourdissement est quelque chose que les patients décrivent. Des chercheurs ont réuni 300 témoignages (en anglais) de troubles sexuels durables après les trois types de médicaments, et environ la moitié mentionnaient un engourdissement génital. Ce sont les personnes elles-mêmes qui ont choisi de les envoyer : ces témoignages ne peuvent donc pas montrer à quelle fréquence cela arrive.

Les critères diagnostiques (en anglais) publiés par des chercheurs en 2022 font d’un changement durable des sensations génitales le seul symptôme que la PSSD doit obligatoirement comporter. Ils citent aussi une baisse des sensations génitales pour le finastéride et l’isotrétinoïne. Matt, qui a pris du finastéride, le décrit avec ses mots.

Le Dr Kenneth Peters, urologue dans le Michigan, décrit quatre jeunes patients venus le consulter en l’espace de deux semaines avec presque les mêmes plaintes, dont un engourdissement. L’une de ces personnes avait pris du finastéride, dit-il, une autre avait une PSSD et deux avaient pris de l’isotrétinoïne.

Un extrait de l’entretien du Dr Kenneth Peters avec SIDEfxHUB, avril 2026 (en anglais), de 2:56 à 5:06. Les opinions exprimées sont les siennes. Plus loin dans le film, il évoque le suicide. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

L’engourdissement dû à un médicament peut-il durer après l’arrêt ?

Oui, c’est possible. Chez certaines personnes, il a duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela s’atténuera.

Benjamin a pris pendant un mois de la duloxétine, un antidépresseur proche des ISRS (un IRSN). Une demi-heure après la première prise, dit-il, « c’était comme si mes organes génitaux n’étaient plus là ».

Un extrait de l’entretien de Benjamin avec Moral Medicine, juillet 2024 (en anglais), de 5:35 à 7:50. Les opinions exprimées sont les siennes.

L’engourdissement s’est dissipé au bout de trois ans environ, dit-il. Le toucher est revenu, mais « c’est juste comme si c’était un doigt ». Il parvient toujours à l’orgasme, mais ne ressent rien à ce moment-là.

Cela ne commence pas toujours tout de suite. Avec les ISRS, disent les chercheurs qui ont réuni les 300 témoignages, l’engourdissement peut apparaître dans la demi-heure qui suit la première prise. Avec le finastéride et l’isotrétinoïne, il est plus souvent apparu plus tard, ou après l’arrêt.

Les critères de 2022 demandent si le trouble est toujours là trois mois après la dernière prise. Personne n’a encore compté à quelle fréquence cela arrive. C’est pour cela que les signalements sont importants.

Que puis-je faire ?

Parlez à votre médecin traitant de tout nouvel engourdissement, quelle qu’en soit la cause à votre avis. Les nerfs peuvent être examinés, et le taux de sucre dans le sang mesuré. Les critères de 2022 demandent qu’aucune autre maladie n’explique les symptômes.

Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider. N’arrêtez pas un antidépresseur du jour au lendemain. Pour le finastéride et l’isotrétinoïne, suivez ce que dit la notice.

1
Ce que vous ressentez

« Mon pénis est engourdi », « Je ne sens plus mon clitoris », « Le toucher fait le même effet que n’importe où ailleurs ».

2
Quand cela a commencé

« Du jour au lendemain, en mars », ou « peu à peu, depuis l’été ».

3
Vos médicaments, avec les dates

« Sertraline 50 mg à partir de janvier 2023, dernier comprimé en mars 2024. » Indiquez aussi ceux que vous avez arrêtés.

4
Comment c’était avant

« Aucun problème avant 2023. »

Ce qu’il faut noter avant de voir votre médecin traitant, avec vos mots.

Si vos érections ont changé elles aussi, lisez notre article sur les troubles de l’érection qui durent.

Beaucoup de personnes disent qu’il leur a fallu du temps pour être prises au sérieux. Apportez la phrase de la notice sur les troubles sexuels qui se sont prolongés après l’arrêt. Vous pouvez faire un signalement sans l’accord d’un médecin.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère des tendances.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card ; aux États-Unis, MedWatch.
  • Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction) pour un ISRS ou un IRSN, ou Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (MedDRA 10082430 ; en anglais : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome) pour le finastéride. Pour l’isotrétinoïne, il n’existe pas encore de terme : écrivez « engourdissement génital » (en anglais : « genital numbness ») et précisez qu’il a persisté après l’arrêt.

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

L’anxiété ou la dépression peuvent-elles provoquer un engourdissement génital ? Les chercheurs qui ont réuni les 300 témoignages écrivent que ce n’est une caractéristique ni de l’une ni de l’autre. Pour la baisse du désir sexuel, c’est différent : le NHS (en anglais) cite le stress, l’anxiété et la dépression parmi ses causes. Notre article sur l’engourdissement génital après un ISRS va plus loin.

Une femme peut-elle avoir un engourdissement génital à cause d’un médicament ? Oui. Plus de la moitié des femmes des 300 témoignages l’ont mentionné. Katie décrit des « sensations sexuelles physiquement engourdies » après la fluoxétine (Prozac), un ISRS, et dit qu’il lui a fallu des années pour faire le lien avec le médicament. Notre article sur la PSSD chez la femme en dit plus.

Existe-t-il un examen pour l’engourdissement génital ? Pour le toucher, parfois. Là où il est disponible, disent les critères de 2022, un examen qui mesure comment le pénis perçoit les vibrations, le chaud et le froid peut être utile. Il n’existe pas d’examen pour les sensations sexuelles, ajoutent-ils. Nos pages sur la PSSD, le PFS et le syndrome post-Accutane présentent ce que l’on sait par ailleurs.

Au début, Francis n’a pas fait le lien entre son engourdissement et un comprimé. Si le vôtre a commencé pendant un traitement, ou après, notez les dates et signalez-le.

Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

Sources

  1. NHS, Back pain (en anglais), page révisée le 5 mars 2026. La liste figure sous « Call 999 or go to A&E if: You have back pain and » (appeler le 999, le numéro d’urgence britannique, ou aller aux urgences si le mal de dos s’accompagne de l’un des signes suivants). Elle comprend « une perte de sensibilité autour des organes génitaux ou de l’anus ». Elle comprend aussi « des changements dans le fonctionnement de la vessie ou des intestins, par exemple des difficultés à uriner, ou des fuites d’urine ou de selles ». Autre élément de la liste : « des changements dans les sensations du pénis ou du vagin pendant les rapports sexuels, l’impossibilité d’avoir ou de garder une érection, ou l’impossibilité d’avoir un orgasme ». Les pages du NHS sur la hernie discale (révisée le 24 avril 2024) et la sciatique (révisée le 3 décembre 2024 ; en anglais) indiquent la même marche à suivre en cas d’engourdissement autour des organes génitaux ou des fesses.
  2. NHS, Pudendal neuralgia (en anglais), page révisée le 18 janvier 2024. Le principal symptôme est une douleur nerveuse « ou un engourdissement » des organes génitaux, des fesses et de l’anus, du périnée ou du bassin. Causes possibles : une blessure, des lésions dues à une opération, un accouchement, une grosseur qui appuie sur le nerf, et des infections comme l’herpès génital. Et aussi « des activités qui exercent une pression sur le nerf, comme le vélo, l’équitation ou une position assise prolongée ». La page ajoute : « Parfois, la cause n’est pas claire ».
  3. Diabetes UK, Diabetes and sexual problems in men et in women (en anglais), contenu révisé le 6 mars 2025. Chez l’homme : un taux de sucre élevé dans le sang pendant une longue période « peut abîmer vos vaisseaux sanguins et vos nerfs, y compris ceux du pénis ». Cela « peut entraîner une certaine perte de sensibilité ou de sensation ». Chez la femme : une atteinte des nerfs « peut se traduire par une certaine perte de sensibilité ou de sensation et par des difficultés à être excitée ».
  4. NHS, effets secondaires de la sertraline (page révisée le 8 septembre 2025), du finastéride (révisée le 2 août 2023) et de l’isotrétinoïne en capsules (révisée le 26 juin 2026 ; en anglais). La page sur la sertraline cite une baisse du désir sexuel. Celle sur le finastéride cite des troubles de l’érection et un moindre intérêt pour les rapports sexuels. Celle sur l’isotrétinoïne cite la dysfonction érectile et une baisse du désir sexuel. Aucune ne mentionne un engourdissement ou une baisse des sensations génitales. NHS, Low sex drive (loss of libido) (en anglais), page révisée le 26 mai 2026 : parmi les causes, « le stress, l’anxiété ou la dépression ».
  5. Lustral (sertraline) 50 mg et 100 mg, comprimés pelliculés, notice (en anglais), Electronic Medicines Compendium (EMC 2835), dernière révision en décembre 2025. Rubrique 2, « Sexual problems » : « Les médicaments comme Lustral (appelés ISRS) pourraient causer des symptômes de dysfonction sexuelle (voir rubrique 4). Dans certains cas, ces symptômes se sont prolongés après l’arrêt du traitement. » La notice ne cite pas l’engourdissement génital. Le mot « numbness » (engourdissement) n’y apparaît que de façon générale : « engourdissement et picotements », un effet indésirable fréquent, et un engourdissement parmi les symptômes à l’arrêt du traitement. La formulation reprend le texte de 2019 de l’Agence européenne des médicaments (EMA) (en anglais ; EMA/PRAC/265221/2019). Ce texte vaut pour tous les ISRS et IRSN, dont la duloxétine, et ne cite lui non plus aucun symptôme en particulier.
  6. Propecia (finastéride) 1 mg, comprimés pelliculés, notice (en anglais), Electronic Medicines Compendium (EMC 2194), dernière révision en mai 2026. Rubrique 4, fréquence indéterminée : « difficulté persistante à obtenir une érection après l’arrêt du traitement ». La même formulation est employée pour le désir sexuel et pour l’éjaculation. La notice ne mentionne ni engourdissement ni sensations génitales. Les documents de l’agence britannique du médicament (MHRA) sur le finastéride que nous avons consultés non plus. Il s’agit du Drug Safety Update du 29 avril 2024, de son rapport public d’évaluation (Public Assessment Report) d’avril 2024 et de la mise à jour du 11 mai 2026 (en anglais).
  7. Roaccutane (isotrétinoïne) 10 mg et 20 mg, capsules molles, notice (en anglais), Electronic Medicines Compendium (EMC 100633), dernière révision en avril 2026. Rubrique 2 : « L’isotrétinoïne a été associée à des troubles sexuels. Il s’agit notamment de difficultés à obtenir ou à maintenir une érection, d’une baisse de la libido, d’une sécheresse vaginale, de difficultés à atteindre l’orgasme et d’une baisse de sensibilité des organes génitaux. Des troubles sexuels durables, dont les symptômes se sont prolongés malgré l’arrêt du traitement par isotrétinoïne, ont été signalés. » Rubrique 4, fréquence indéterminée : « baisse de sensibilité des organes génitaux ». Le résumé des caractéristiques du produit (RCP) (en anglais), révisé le 27 avril 2026, cite « genital hypoaesthesia » (hypoesthésie génitale) à la rubrique 4.8.
  8. Commission on Human Medicines, Report of the Isotretinoin Expert Working Group (en anglais), 26 avril 2023. Section 5.3.4.3.2 : « Il y a eu 7 signalements Yellow Card (3 concernant des hommes et 4 des femmes) faisant état d’une hypoesthésie génitale (baisse de sensibilité des organes génitaux) ». Recommandations : « Bien que les données soient limitées, on considère qu’il existe suffisamment d’éléments pour justifier l’ajout des difficultés à atteindre l’orgasme et de l’hypoesthésie génitale comme effets indésirables possibles dans le RCP et la notice ». Le Drug Safety Update de la MHRA du 31 octobre 2023 (en anglais) parle d’« effets indésirables sur la fonction sexuelle » et ne cite aucun symptôme en particulier.
  9. Absorica et Absorica LD (isotrétinoïne), notice de la FDA (en anglais), révisée en août 2026. DailyMed, US National Library of Medicine. La rubrique 6 cite une « dysfonction sexuelle qui peut se prolonger après l’arrêt du traitement ». Elle nomme la dysfonction érectile, la baisse de la libido, la diminution de la lubrification vaginale et la sécheresse vaginale. La notice américaine ne cite ni engourdissement ni baisse des sensations génitales : sur ce point, l’article ne s’appuie donc que sur la notice britannique. Notre article sur la modification de la notice américaine en 2026 donne le détail.
  10. Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Un consensus d’experts. PSSD, critères nécessaires : un traitement antérieur par un inhibiteur de la recapture de la sérotonine, et « un changement durable des sensations génitales somatiques (tactiles) ou érogènes (sexuelles) après l’arrêt du traitement ». Le PFS et la dysfonction sexuelle post-rétinoïdes, le nom que l’article donne à la maladie liée à l’isotrétinoïne, ont en commun le critère supplémentaire n° 5 : « Baisse durable des sensations génitales et orgasmiques ». Dans chaque cas : « Le trouble est présent ≥3 mois après l’arrêt du traitement ». Dans chaque cas : « Aucune maladie actuelle qui pourrait expliquer les symptômes ». Sur les examens : « un test sensoriel quantitatif (QST) du pénis (vibrations, chaud et froid) peut être utile pour évaluer la sensation somatique ». Le texte ajoute : « La sensation érogène est mal comprise et il n’existe pas de test disponible ». Et encore : « L’incidence de ces maladies est inconnue ».
  11. Healy D, Le Noury J, Mangin D. Enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, 5α-reductase inhibitors and isotretinoin: 300 cases (en anglais). Int J Risk Saf Med 2018;29(3-4):125-134. Des témoignages envoyés à RxISK.org, un site consacré à la sécurité des médicaments, créé par les auteurs et leurs collègues. Anesthésie génitale : 113 hommes sur 245 et 33 femmes sur 55, soit 146 sur 300. À propos des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine : « Presque toutes les personnes qui en prennent ressentent un certain degré d’engourdissement génital, souvent dans les 30 minutes qui suivent la première prise ». Avec le finastéride et l’isotrétinoïne, l’engourdissement est « plus souvent » apparu « plus tard au cours du traitement ou après l’arrêt du médicament ». Les auteurs écrivent que « ni l’anesthésie génitale ni l’orgasme sans plaisir ne sont des caractéristiques de la dépression ou de l’anxiété ». Ce sont des témoignages spontanés, sans groupe de comparaison : l’étude ne peut donc ni donner une fréquence ni montrer une cause.
  12. Moral Medicine, Nurse Practitioner Speaks Out on PSSD (en anglais), entretien avec Francis, août 2025 (70 minutes), intégré ici sous forme d’extrait, de 5:00 à 6:15. D’après les sous-titres automatiques de YouTube : infirmier à l’époque (4:43), et de la sertraline « pendant deux mois environ » (5:00). « J’ai perdu, complètement perdu la sensation » (5:07). Au début, il n’a pas fait le rapprochement (5:22). « Je pouvais avoir une érection… mais là, j’étais engourdi » (5:50). Il a arrêté quand il a compris que cela venait peut-être du médicament (6:00). Il dit que « ça s’est un peu amélioré », mais qu’au bout de neuf ans « je n’ai plus jamais été le même » (6:06 à 6:13). Son histoire sur notre site : Francis : un infirmier parle de la PSSD.
  13. SIDEfxHUB, Interview with Dr. Kenneth Peters, PFS / PAS / PSSD Summit 2026 (en anglais), avril 2026 (15 minutes), intégré ici sous forme d’extrait, de 2:56 à 5:06. Le Dr Peters dirige le service d’urologie du Corewell Health William Beaumont University Hospital, dans le Michigan. Propos reformulés, et non cités, d’après les sous-titres automatiques de YouTube, de 3:00 à 4:50. Il décrit quatre jeunes patients, des hommes et des femmes, venus en moins de deux semaines avec des plaintes presque identiques, dont un engourdissement. Une personne est venue après le finastéride, une autre avait une PSSD et deux sont venues après l’Accutane. Notre article Dr Kenneth Peters et le premier congrès PFS/PSSD/PAS présente cet entretien.
  14. Moral Medicine, Benjamin’s 14-Year Battle with PSSD (en anglais), entretien avec Benjamin, juillet 2024 (30 minutes), intégré ici sous forme d’extrait, de 5:35 à 7:50. D’après les sous-titres automatiques de YouTube : un antidépresseur pendant un mois (3:55). Les sous-titres déforment son nom, et la description de Moral Medicine indique Cymbalta (duloxétine). « C’était comme si mes organes génitaux n’étaient plus là », 30 minutes après le premier comprimé (4:50). Pas de difficulté à atteindre l’orgasme, mais « je ne ressens rien quand ça arrive » (7:15). « L’engourdissement s’est dissipé au bout de 3 ans environ » et « c’est juste comme si c’était un doigt » (7:30). « La sexualité n’est pas revenue du tout » (7:45). Son histoire sur notre site : Témoignage PSSD : les 14 ans de combat de Benjamin.
  15. Moral Medicine, I Lost My Sexual Identity After Prozac (en anglais), entretien avec Katie, mai 2026. D’après les sous-titres automatiques de YouTube : de la fluoxétine à partir de 21 ans (0:40). « Je n’ai compris que l’an dernier que les antidépresseurs étaient la cause de mes symptômes » (0:52). « Des sensations sexuelles physiquement engourdies » (1:02). Son histoire sur notre site : Katie : 14 ans après le Prozac.

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