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Fenêtres de PSSD : mieux, puis ça revient

Une fenêtre de PSSD est une courte période où les symptômes reculent, puis reviennent. Aucune étude sur le pourquoi. Ce que disent les personnes touchées.

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Par Morten SkovPublié le
Fenêtres de PSSD : mieux, puis ça revient

Une « fenêtre » est une courte période pendant laquelle les symptômes de la dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD) reculent, puis reviennent. Certaines personnes atteintes de PSSD en parlent, mais nous n’avons trouvé aucune étude qui explique pourquoi elles surviennent, ni si elles signifient que l’on se rétablit.

La PSSD peut durer après l’arrêt d’un antidépresseur ISRS ou IRSN, comme la sertraline ou le citalopram. Le signe principal est un changement durable de ce que vous ressentez dans les organes génitaux, souvent un engourdissement. Mais il n’y a pas que le sexe. La liste de critères proposée en 2022 par des médecins et des chercheurs (en anglais) pour la reconnaître cite aussi un émoussement émotionnel, des troubles de la mémoire et de la concentration, et des changements qui touchent d’autres sens.

Une fenêtre peut ressembler au début d’une amélioration, et sa fin à une chute. Personne ne peut encore dire ce qu’elle signifie pour vous, mais vous pouvez en garder une trace.

L’essentiel en trois points

  1. Le guide pour les patients (en anglais) d’une association canadienne à but non lucratif de santé sexuelle indique que certaines personnes atteintes de PSSD ont des « fenêtres », où les symptômes s’améliorent, puis des « crashs ».
  2. Dans une étude britannique de 2026 (en anglais), des personnes atteintes de PSSD ont décrit des fenêtres qui allaient et venaient, dont un homme de nombreuses années après le début de sa PSSD.
  3. Nous avons cherché dans la littérature médicale en octobre 2026 et n’avons trouvé aucune étude sur les raisons des fenêtres ni sur ce qu’elles laissent prévoir.

Presse : contact@sidefxhub.com

Dans une étude britannique de 2026, l’équipe de recherche a parlé à 10 personnes atteintes de PSSD. Un homme, qu’elle appelle Frank, a eu une fenêtre peu avant son entretien. Pendant un court moment, sa fonction sexuelle s’est améliorée. Puis il a de nouveau connu un crash. Il leur a dit :

« C’est terrible [de perdre cette fenêtre], en fait- parce que quand j’ai eu la fenêtre, je pleurais. J’ai vraiment pleuré de joie parce que je me suis dit : “Oh, je vais mieux !”, mais ce n’était qu’une brève fenêtre. »

Qu’est-ce qu’une fenêtre de PSSD ?

Le guide canadien décrit les « fenêtres » comme des périodes où les symptômes s’améliorent, et les « crashs » comme des périodes où ils s’aggravent de nouveau. Chez d’autres personnes, ajoute-t-il, les symptômes restent stables.

Victoria était étudiante quand elle a pris de l’escitalopram pendant environ deux semaines, puis de la trazodone. Dans les mois qui ont suivi l’arrêt, elle a eu des fenêtres et des crashs. Dans l’une d’elles, elle a vu ses amis et s’est sentie de nouveau heureuse. Puis c’est passé. Elle qualifie la PSSD d’« imprévisible ».

Dans cet extrait d’une minute, elle le raconte elle-même, du retour chez sa famille jusqu’à son retour à l’université. L’anglais n’est pas sa langue maternelle : l’essentiel de ce qu’elle dit est donc écrit plus haut.

Un extrait (de 13:26 à 14:25) de l’entretien de Victoria avec Moral Medicine (en anglais), août 2026. Elle décrit les mois qui ont suivi l’arrêt. Les opinions exprimées sont les siennes. Ailleurs dans le film, elle parle d’idées suicidaires. Si vous traversez un moment difficile : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement, 24 h/24 et 7 j/7 ; SOS Amitié répond au 09 72 39 40 50.

Vous en saurez plus dans le témoignage de Victoria.

Une fenêtre veut-elle dire que je me rétablis ?

Personne ne le sait. Le 28 octobre 2026, nous avons cherché dans PubMed, la principale bibliothèque de recherche médicale, des études sur les symptômes de PSSD qui vont et viennent. Nous n’en avons trouvé aucune qui ait mesuré la fréquence des fenêtres, expliqué leurs causes ou étudié ce qui vient après.

Une fenêtre ne vous dit donc pas si vous allez mieux ou non. Tony, un autre homme de l’étude britannique, vivait avec la PSSD depuis 15 ans ou plus et avait encore de brèves fenêtres :

« Ma sexualité revient de temps en temps, pas complètement comme avant, mais elle revient en partie, puis elle disparaît de nouveau. Et c’est comme le paradis. »

Tout le monde n’a pas de fenêtres nettes. Rosie, présidente du PSSD Network, un groupe dirigé par des patients, se souvient que certains symptômes se sont un peu améliorés après l’arrêt et d’autres un peu aggravés, « comme un jeu de tape-taupe ». Dans ce court extrait, elle dit n’avoir jamais eu d’« énormes fenêtres de rétablissement ».

Un extrait (de 10:39 à 10:57) de l’entretien de Rosie avec Moral Medicine (en anglais), juillet 2024. Rosie est présidente du PSSD Network ; les opinions exprimées sont les siennes. Son entretien sur notre site : le témoignage de Rosie.

Le PSSD Network (en anglais) dit que beaucoup de personnes s’améliorent avec le temps, mais que l’évolution est « très individuelle » pour chacune. Notre article La PSSD disparaît-elle ? fait le point sur ce que l’on sait du rétablissement.

Pourquoi y a-t-il des fenêtres, et puis-je en provoquer une ?

Personne ne sait pourquoi elles surviennent, et nous n’avons trouvé aucune étude sur ce qui en déclenche une. Le guide canadien indique qu’une fenêtre ou un crash fait parfois suite à un changement de dose, et parfois survient sans déclencheur évident.

La liste de critères de 2022 mentionne des cas où la PSSD s’est atténuée pendant quelques jours quand quelqu’un a arrêté un autre médicament. Puis elle est revenue. Ses auteurs ajoutent que cela « n’a mené à aucune option de traitement ».

Après une bonne semaine, il est naturel d’en chercher la cause. Le PSSD Network déconseille vivement d’essayer des médicaments ou des compléments de votre propre initiative. Son motif : « le risque potentiel d’aggraver vos symptômes existants ».

Dois-je noter mes fenêtres ?

Oui. Une note datée fait d’une fenêtre autre chose qu’un souvenir : un relevé que votre médecin traitant et un signalement d’effet secondaire peuvent utiliser.

Ce qu’il faut noter quand une fenêtre arrive

1
Quand

« Commencée le 14 juin 2025. Terminée le 18 juin. »

2
Ce qui s’est atténué, symptôme par symptôme

« Le toucher était presque normal. La musique me touchait de nouveau. Désir inchangé. »

3
Ce qui se passait d’autre

Sommeil, une maladie, un médicament ou un complément, une semaine difficile. Notez-le, c’est tout.

4
Comment elle s’est terminée

« Estompée en une journée » ou « finie du jour au lendemain, engourdissement de retour ».

Un exemple, avec des dates inventées. Utilisez vos propres mots ; une note dans votre téléphone suffit.

Le guide canadien conseille d’apporter un journal des symptômes aux rendez-vous, car certains médecins peuvent ne pas connaître la PSSD. Nos modèles de journal proposent un format simple, quotidien et hebdomadaire.

À apporter chez votre médecin traitant

Vous pouvez commencer ainsi : « Depuis l’arrêt de la sertraline en mars 2024, le toucher est engourdi. Deux fois, la sensation est revenue pendant quelques jours. J’ai noté les dates. »

Apportez aussi les mots mêmes de la notice. Par exemple, la notice britannique de Cipralex (escitalopram) indique que, dans certains cas, des troubles sexuels se sont « prolongés après l’arrêt du traitement » (en anglais).

Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider. N’arrêtez pas du jour au lendemain.

Signalez-le : cela aide tout le monde

Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère les tendances.

  • Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
  • Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch. Notre guide Comment signaler une PSSD au Yellow Card montre chaque étape.
  • Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction). Dans la description, indiquez comment les symptômes ont évolué au fil du temps, fenêtres comprises.

Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape

Quelles sont les autres questions fréquentes ?

Qu’est-ce qu’un crash dans la PSSD ? Dans le guide canadien, un crash est une période où les symptômes s’aggravent de nouveau, par exemple après une fenêtre. Certaines personnes emploient aussi ce mot quand les symptômes apparaissent pour la première fois après l’arrêt du médicament, ou s’aggravent fortement. Notre guide sur le crash de PSSD en parle.

Pourquoi vais-je moins bien quand une fenêtre se termine ? En perdre une peut faire mal. L’équipe de recherche qui a parlé à Frank a décrit cette fenêtre comme une expérience « douce-amère » : un rappel de ce qu’il avait perdu et de ce qu’il pouvait encore vivre. Si c’est difficile, parlez-en à quelqu’un en qui vous avez confiance. Nos groupes WhatsApp s’adressent aux personnes qui l’ont vécu.

Une fenêtre ne concerne-t-elle que le sexe ? Non, et la PSSD non plus. Chez Frank et Tony, la fonction sexuelle s’est améliorée un moment. Victoria décrit des fenêtres où elle se sentait « plus elle-même ». Le guide canadien parle des symptômes en général, pas seulement sexuels. Notez tout ce qui s’atténue, y compris les émotions, la concentration et la mémoire.

La fenêtre de Frank n’a pas duré, mais une fenêtre que vous notez reste enregistrée. Si vous en avez une, notez la date et ce qui s’est atténué, puis ajoutez-le à votre signalement.

Sources

  1. SIECCAN (Sex Information and Education Council of Canada). Post-SSRI Sexual Dysfunction (PSSD): Key Information for Patients (en anglais), guide pour les patients, PDF daté de septembre 2025. Rubrique « Symptom patterns » : certaines personnes ont des « fenêtres », où les symptômes s’améliorent, et des « crashs », où ils s’aggravent de nouveau. Cela « peut suivre un changement de dose ou survenir sans déclencheur évident ». « D’autres ont des symptômes stables. » Rubrique « Medical care » : apporter le journal des symptômes, car certains professionnels peuvent ne pas connaître la PSSD. Un guide pour les patients, pas une étude.
  2. Brugi S, Budd B, Mackie C, Fish S. “It’s taken away the most fundamental things about being human”: the lived experience and impact of post-SSRI sexual dysfunction (en anglais). Int J Qual Stud Health Well-being 2026;21(1):2717470. University of East Anglia. Entretiens avec 10 personnes au Royaume-Uni, recrutées via un réseau de patients atteints de PSSD ; les noms sont des pseudonymes ; les participants ont consenti par écrit à la publication. Thème « what helps me to cope » : Frank (PSSD depuis moins de 5 ans) et Tony (15 à 19 ans depuis le début de la PSSD) à propos des fenêtres, cités tels que publiés. Une petite étude qualitative : elle décrit des expériences, pas leur fréquence.
  3. Notre recherche, 28 octobre 2026 : PubMed, (“post-SSRI sexual dysfunction” OR PSSD) AND (fluctuat* OR window* OR waxing OR intermittent OR “temporary improvement” OR remission*). Deux résultats, aucun sur les fenêtres de PSSD ; les titres de toutes les notices sur la PSSD ont aussi été vérifiés.
  4. Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Critères proposés. Section 3 : « Un changement durable de la sensibilité somatique (tactile) ou érogène (sexuelle) des organes génitaux après l’arrêt du traitement ». Les symptômes non sexuels associés « peuvent inclure » un « émoussement émotionnel », une « dépersonnalisation », « d’autres troubles sensoriels » et des « troubles cognitifs ». Également section 3 : des cas signalés d’« une brève amélioration de leur PSSD liée à l’arrêt d’un autre médicament, où leur état s’atténue pendant quelques jours avant de revenir ». Cela « n’a mené à aucune option de traitement ».
  5. PSSD Network. Frequently asked questions (en anglais). Organisation dirigée par des patients, pas une étude. « Beaucoup de personnes s’améliorent avec le temps. » « L’évolution de cette maladie est très individuelle. » Elle déconseille l’automédication expérimentale « en raison du risque potentiel d’aggraver vos symptômes existants ». La FAQ ne mentionne pas les fenêtres.
  6. Lundbeck Limited. Cipralex (escitalopram) patient information leaflet (en anglais), Electronic Medicines Compendium, Royaume-Uni, révisée en mai 2025. Rubrique 2 : des troubles sexuels « se sont prolongés après l’arrêt du traitement » dans certains cas.
  7. GOV.UK. Report a problem with a medicine or medical device (en anglais).
  8. Moral Medicine, She Took Lexapro for 3 Months. Then Everything Changed (en anglais), entretien avec Victoria, 10 août 2026. Extrait de 13:26 à 14:25 (fenêtres et crashs, une fenêtre avec des amis, « imprévisible ») ; de 11:11 à 11:21 (fenêtres où elle se sentait « plus elle-même »). D’après les sous-titres automatiques de YouTube. Le titre est celui de la chaîne ; sur notre page de témoignage, elle a pris de l’escitalopram pendant environ deux semaines, puis de la trazodone.
  9. Moral Medicine, Interview with PSSD Network President Rosie (en anglais), 9 juillet 2024. Extrait de 10:39 à 10:57. D’après les sous-titres automatiques de YouTube.

Sources vérifiées le 28 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique. Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.

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