Anhédonie dans le PFS et la PSSD : que faire ?
L’anhédonie, perte du plaisir et des émotions, peut faire partie du PFS et de la PSSD et durer après l’arrêt du médicament. Ce qui aide.
SIDEfxHUB est une association de patients. Nous ne sommes pas des professionnels de santé, et ces informations ne remplacent pas un avis médical. Ne commencez, n’arrêtez ni ne modifiez aucun médicament à cause de ce que vous lisez ici. Parlez-en d’abord à votre médecin.
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L’anhédonie, c’est-à-dire l’incapacité à ressentir du plaisir ou de la joie, est un symptôme que décrivent beaucoup de personnes atteintes de la dysfonction sexuelle post-ISRS (PSSD) ou du syndrome post-finastéride (PFS). Chez certaines, elle peut durer longtemps après le dernier comprimé.
Ces maladies ne se résument pas aux troubles sexuels, même si leurs noms le laissent penser. Les critères diagnostiques de 2022 (en anglais) citent l’émoussement émotionnel, des troubles cognitifs (des difficultés à réfléchir) et d’autres changements sensoriels, en plus de l’engourdissement génital de la PSSD. Pour le finastéride, ils citent des troubles cognitifs, une dépression et des idées suicidaires, qui peuvent survenir sans aucun trouble sexuel.
Matt a pris du finastéride pendant trois ans. Quelques semaines après l’arrêt, il a commencé à se sentir « très émoussé émotionnellement ». Il raconte : « Je ne me sentais pas seulement sans tristesse : je ne ressentais plus aucune émotion. » Plus tard, il a appris le nom de ce qu’il vivait : « anhédonie et émoussement émotionnel ».
À quoi ressemble l’anhédonie ?
On a l’impression que la couleur a quitté la vie. La musique, la nourriture, les amis et les loisirs sont toujours là, mais ils ne touchent plus. Certaines personnes parlent d’émoussement émotionnel ou d’insensibilité émotionnelle.
Matt dit que cette platitude lui a d’abord « fait un peu l’effet d’un soulagement », parce qu’il avait toujours été très émotif. Puis il a remarqué que les bonnes émotions avaient disparu aussi. D’autres décrivent aussi l’absence de plaisir dans les rapports sexuels, parfois appelée anhédonie génitale : l’orgasme survient avec peu ou pas de plaisir.
Comme cela se voit à peine de l’extérieur, vos proches peuvent ne pas comprendre. Cela peut isoler.
L’anhédonie peut-elle persister après l’arrêt du médicament ?
Oui, chez certaines personnes, c’est arrivé. Selon la notice britannique de Cipralex (escitalopram), des troubles sexuels se sont dans certains cas « prolongés après l’arrêt du traitement » (en anglais). La notice britannique de Propecia (finastéride) cite une « baisse persistante du désir sexuel après l’arrêt du traitement » (en anglais). Aucune des deux notices n’emploie le mot anhédonie.
Les critères de 2022 indiquent que l’émoussement émotionnel ou la dépersonnalisation « peuvent être le principal motif de consultation en médecine de ville ».
Chez certaines personnes, cela a duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela s’atténuera. Cinq ans après, Matt dit que ses émotions « sont toujours complètement émoussées ». D’autres racontent que les leurs se sont atténuées lentement.
Personne n’a mesuré la fréquence de l’émoussement émotionnel. Dans une série de 300 signalements (en anglais) de troubles sexuels persistants après ces médicaments, environ 1 personne sur 5 décrivait aussi un émoussement émotionnel.
Ces personnes avaient choisi de signaler leur cas à un site consacré à la sécurité des médicaments, et il n’y avait pas de groupe de comparaison. Ce chiffre montre donc que ce symptôme fait partie du tableau. Il ne donne pas de fréquence pour l’ensemble des personnes qui prennent le médicament.
Est-ce une dépression ou autre chose ?
C’est difficile à dire, et ce peut être les deux. Le NHS britannique cite le fait de « ne plus trouver aucun plaisir à vivre » parmi les symptômes de la dépression (en anglais). Les personnes atteintes de PSSD et de PFS disent souvent que ce qu’elles ressentent est différent : moins de tristesse, plus d’absence.
Vous n’avez pas à démêler cela sans aide. Décrivez ce qui a changé et à quel moment, et laissez votre médecin traitant chercher ce qui peut l’expliquer d’autre.
Questions à poser à votre médecin
- Quelque chose d’autre peut-il expliquer cela, comme une dépression, la thyroïde ou d’autres médicaments ?
- Quel soutien existe contre la baisse de moral ou l’émoussement émotionnel, quelle qu’en soit la cause ?
- Mon historique de traitement et ces symptômes peuvent-ils être inscrits dans mon dossier ?
Vous pouvez commencer ainsi : « Depuis que j’ai pris du finastéride, je ne ressens plus le plaisir comme avant, et il n’est pas revenu depuis l’arrêt. »
Qu’est-ce qui aide en cas d’anhédonie ?
Aucun traitement n’a été testé contre l’anhédonie dans la PSSD ou le PFS. Les personnes de notre communauté disent que ces pistes les aident à tenir.
- Une activité physique douce. Une marche, une petite course ou de la musculation légère. Commencez lentement et observez comment réagit votre corps.
- Une routine simple. De petits projets réguliers donnent une forme à la journée, même quand la récompense paraît atténuée.
- De petits pas vers les anciens centres d’intérêt. Faites-les quelques minutes, sans attendre d’y prendre plaisir.
- Un journal. Notez le sommeil, l’humeur et les bons moments. Cela aide à repérer des schémas et donne à votre médecin quelque chose de concret.
- Moins d’alcool et de drogues. Beaucoup de personnes trouvent qu’ils aggravent les choses.
- Une thérapie par la parole. Parlez-en à votre médecin. Elle ne règle pas la cause, mais elle peut aider à porter le poids de cette vie.
- Des personnes qui comprennent. Nos groupes WhatsApp vous mettent en contact avec d’autres personnes qui vivent la même chose.
Dans cette courte vidéo, la professeure Joanna Moncrieff, psychiatre à l’University College London (UCL), explique que beaucoup de personnes atteintes de PSSD décrivent des émotions émoussées, et que les médecins ne le savent pas toujours. C’est un contexte utile avant une consultation. La vidéo est en anglais et nous n’avons pas vérifié la présence de sous-titres en français.
Ces médicaments aident beaucoup de personnes. Si vous avez des effets secondaires, c’est à vous et au médecin qui vous a prescrit ce médicament de décider. N’arrêtez pas un antidépresseur du jour au lendemain. La notice britannique du finastéride dit d’arrêter et de consulter votre médecin si votre humeur change.
Beaucoup de personnes disent avoir mis du temps à être prises au sérieux. Apportez la phrase de la notice. Si cet émoussement s’accompagne de pensées de mettre fin à vos jours, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable gratuitement 24 h/24 et 7 j/7, ou demandez un rendez-vous urgent à votre médecin traitant.
Signalez-le : cela aide tout le monde
Ce que votre médecin note dans votre dossier vous aide, vous. Un signalement à l’agence du médicament aide tous les autres : c’est ainsi que l’on repère les signaux.
- Aucune preuve n’est nécessaire. Le doute suffit, même des années après l’arrêt.
- Où : en France, à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), via le portail signalement.social-sante.gouv.fr ; au Royaume-Uni, le dispositif Yellow Card (en anglais) ; aux États-Unis, MedWatch.
- Employez les bons mots. Si les symptômes ont persisté après l’arrêt d’un ISRS ou d’un IRSN, écrivez Dysfonction sexuelle après ISRS (MedDRA 10086208 ; en anglais : Post-SSRI sexual dysfunction). Après le finastéride ou le dutastéride, écrivez Syndrome des inhibiteurs de la 5-alpha-reductase (MedDRA 10082430 ; en anglais : Post 5-alpha-reductase inhibitor syndrome). Décrivez ensuite l’émoussement émotionnel avec vos propres mots.
Notre guide pour signaler des effets secondaires vous accompagne étape par étape
Quelles sont les autres questions fréquentes ?
L’anhédonie est-elle permanente dans le PFS ou la PSSD ? Chez certaines personnes, elle a duré des années après l’arrêt. Personne ne sait encore qui sera touché, ni si cela s’atténuera. Certaines décrivent une amélioration lente sur plusieurs années : gardez une trace de ce que vous ressentez.
Peut-on avoir une anhédonie sans symptômes sexuels ? Pour le finastéride, les critères de 2022 indiquent que des troubles cognitifs, une dépression et des idées suicidaires peuvent survenir sans aucun trouble sexuel. Pour la PSSD, l’émoussement émotionnel s’accompagne en général d’un engourdissement génital, mais ce peut être la première chose que la personne remarque.
Dois-je en parler à mes proches ? C’est votre choix. Beaucoup de personnes trouvent utile d’expliquer que cette platitude n’a rien à voir avec eux. Notre article sur comment parler du PFS à votre famille et à vos amis donne des idées.
Matt a appris le nom de ce qu’il ressentait grâce à d’autres patients. Si cela vous ressemble, commencez par notre page sur la PSSD ou le PFS, et parlez-en à quelqu’un.
Toutes les citations ont été traduites de l’anglais.
Sources
- Healy D, Bahrick A, Bak M et al. Diagnostic criteria for enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, finasteride and isotretinoin (en anglais). Int J Risk Saf Med 2022;33(1):65-76. Accord d’experts. Section 3 : « Les symptômes non sexuels associés peuvent inclure : émoussement émotionnel, dépersonnalisation, autres troubles sensoriels touchant la peau, l’odorat, le goût ou la vue, troubles cognitifs » ; « L’émoussement émotionnel ou la dépersonnalisation peuvent être le principal motif de consultation en médecine de ville ». Section 5 : troubles cognitifs, dépression et idées suicidaires, cités comme des effets du finastéride « qui peuvent survenir indépendamment de toute difficulté sexuelle ». « L’incidence de ces maladies est inconnue. » L’article n’emploie pas le mot anhédonie.
- Lundbeck Limited. Notice de Cipralex (escitalopram) (en anglais), Electronic Medicines Compendium, notice britannique révisée en mai 2025. Rubrique 2 : des troubles sexuels « se sont prolongés après l’arrêt du traitement » dans certains cas.
- Organon. Notice de Propecia (finastéride) 1 mg (en anglais), EMC 2194, notice britannique. Rubrique 2, avertissement sur les changements d’humeur : « Si vous ressentez l’un de ces symptômes, arrêtez de prendre Propecia et contactez votre médecin ». Rubrique 4, fréquence indéterminée : « baisse persistante du désir sexuel après l’arrêt du traitement ».
- Healy D, Le Noury J, Mangin D. Enduring sexual dysfunction after treatment with antidepressants, 5α-reductase inhibitors and isotretinoin: 300 cases (en anglais). Int J Risk Saf Med 2018;29(3-4):125-134. Émoussement émotionnel décrit dans 60 signalements sur 300 faits à RxISK.org. Signalements spontanés, sans groupe de comparaison : ce n’est pas une fréquence.
- NHS (Royaume-Uni). Symptoms of depression in adults (en anglais) : « not getting any enjoyment out of life ».
- GOV.UK. Report a problem with a medicine or medical device (en anglais).
- Moral Medicine. Matt’s film (en anglais), 6 avril 2026, cité d’après les sous-titres automatiques de YouTube, traduits de l’anglais (5:32 à 6:22 ; « toujours complètement émoussées » à 9:25). Son histoire : le témoignage de Matt.
- PSSD Network. Professor Joanna Moncrieff discusses PSSD (en anglais), juin 2026. Paraphrasé de 1:13 à 1:28. Contexte général.
Sources vérifiées le 22 octobre 2026. Rédaction et relecture assistées par l’IA, sans relecture clinique.
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